samedi 17 janvier 2009

Revue de détail


Dans mon inventaire des théories relatives à la construction des pyramides (inventaire limité pour l'instant aux informations accessibles par Internet), je constate que des non-égyptologues et des non-archéologues, autrement dit des "amateurs", en nombre relativement important, se manifestent pour émettre leurs hypothèses à partir d'argumentaires qui, pris un à un, témoignent souvent d'une réelle cohérence.
Les théories des égyptologues et archéologues dûment patentés ne faisant pas, il est vrai, l'objet d'un réel consensus, la porte est ouverte à l'élaboration de nombreux points de vue dans le vaste domaine de la liberté d'expression.
Il faut, certes, savoir raison garder et ne pas s'emballer pour telle ou telle théorie sous prétexte simplement qu'elle nous semble plausible, généreuse, voire alléchante. Il est également non raisonnable de vouer aux gémonies telle ou telle autre théorie sous prétexte que son auteur ne fait pas partie du sérail.
En l'occurrence, le Conseil suprême des Antiquités égyptiennes se doit de jouer ici un rôle délicat d'arbitre et maître d'œuvre. Il n'empêche que, les pyramides du plateau de Guizeh faisant partie intégrante du patrimoine culturel universel, le dilemme amateurs-professionnels peut apparaître à certains comme désuet.
Au nombre des théories émises et formulées par des "amateurs", celle de Françoise et Pierre Hubert mérite d'être mentionnée.
Non satisfaits par les théories des archéologues, ils se sont donné le droit l'élaborer leur point de vue « le plus objectif possible », en se plaçant « sous un angle essentiellement pratique (…), dans les conditions de l'époque tout en utilisant des moyens actuels, tels que l'ordinateur, les notes de calculs, etc. ».
Leur hypothèse de départ est la suivante : les blocs constituant la pyramide auraient été traînés par chariot sur une rampe. Cette dernière devait être parfaitement régulière, de faible pente, tournant en colimaçon autour de la pyramide, à l'intérieur des faces. La construction a dû être effectuée de manière ascendante et descendante.
Leurs calculs les ont amenés alors aux conclusions suivantes, compte tenu des dimensions et caractéristiques techniques de la pyramide de Khéops (volume, nombre et poids des blocs de pierre, nombre d'ouvriers...) :
  • effort de traction d'un ouvrier : 30 kg ;
  • compte tenu de la force de frottement et de la force de réaction, 40 ouvriers étaient nécessaires pour tirer un bloc de 10 tonnes sur une rampe avec une pente de 5 %, l'espace entre les tireurs étant de 1,2 m;
  • théoriquement, l'effort individuel ne devait pas excéder 30 kg, de façon à pouvoir accepter les imprévus : cordes cassées, équipes réduites, mauvaise estimation de la charge...
  • la force de frottement devait être légèrement supérieure à la force de réaction car, en cas d'arrêt, le bloc devait s'immobiliser et ne pas redescendre ;
  • étant donné la distance de la base au sommet (2 000 m), le temps de traction d'un bloc au sommet était de 2 h ;
  • nombre de blocs par équipe (40 tireurs) par jour : 4.