Cette illustration frise-t-elle l'imposture ?
Qu’on me pardonne cette outrecuidance de me mêler de ce qui, sans doute, ne me regarde pas . Et pourtant, s’il m’est possible de justifier cette rancœur à l’encontre de nos historiens férus des campagnes militaires “bonaparto-napoléoniennes” qui (les campagnes, pas les historiens !) ont encombré nos programmes scolaires, je m’en réfère à mes recherches visant à alimenter l’inventaire de ce blog.Constatez plutôt, et je vous invite à faire à votre tour l’expérience : si vous recherchez “pyramides (d’Égypte)” sur Internet, à l'aide de tel ou tel moteur de recherche généraliste ou spécialisé en bibliographie (ce qui est mon cas), vous allez à coup sûr être très souvent orienté vers la fameuse “bataille” qui s’est déroulée le 21 juillet 1798, en empruntant aux pyramides leur célébrité.
Bien sûr, me direz-vous, il est possible de préciser la recherche, par exemple à partir des mots “pyramides” et “construction”, ce qui affine le champ d’investigation. Mais, entre nous soit dit, en limitant de la sorte la recherche, il y a belle lurette que j’aurais mis un point final à ce blog.
Restons sérieux ! Sauf erreur grossière de ma part, ladite bataille “des pyramides” n’a pas eu lieu au pied des pyramides, n’en déplaise aux “quarante siècles qui vous contemplent”, mais à Embabeh, un village sur la rive gauche du Nil, face à Boulaq (quartier populaire du Caire).
Bien entendu, pour les hagiographes de notre cher (?) futur Empereur, ça ne faisait pas très glorieux de mettre en avant “bataille d’Embabeh”. Mais fichtre ! La “pâtée” que Bonaparte et ses escadrons ont fait subir aux troupes de l’armée mamelouke n’a rien gagné, aux regards de l’histoire, de s’auréoler d’une appellation géographiquement imméritée.
Il va de soi que cette coquetterie linguistique ne vise nullement à remettre en cause - de quel droit et à quel titre le pourrais-je ? - les précieuses découvertes de l’Expédition d’Égypte dont - que Z.H. n’y voie aucun crime de lèse-majesté ! - les acquis scientifiques ont marqué durablement l’histoire de l’égyptologie.
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