jeudi 30 juin 2011

“Les pyramides lisses : une autre façon de les construire” : une méthode préconisée par Michel Michel

Les hypothèses de Michel Michel (pseudonyme dans les forums : Khoufou), relatives à la construction des pyramides égyptiennes, ont déjà été présentées à plusieurs reprises dans le contenu de notre inventaire (cliquer sur ce nom dans la liste, à droite de cet écran).
L’auteur, qui se présente lui-même comme “amateur” (autrement dit un “passionné”), revient avec de nouveaux compléments à ses recherches : ils concernent les pyramides dites “lisses”, à savoir celles qui comportent (comportaient) un revêtement en blocs calibrés et biseautés recouvrant une structure interne.
Deux particularités à cette étude :
- sa “modélisation” est adaptée à la pyramide de Mykérinos, dont la structure interne est, on le sait, beaucoup moins complexe que celle de Khéops (mais Michel Michel n’en a pas moins en ligne de mire la plus grande des pyramides de Guizeh) ;
- elle est le fruit d’une réflexion commune, suite à une “demande de collaboration” publiée en mars 2010 sur le forum ddchampo. Cette démarche est pour le moins inhabituelle dans le monde de l’égyptologie, notamment de la pyramidologie, où les relations entre chercheurs tiennent souvent plus de la guerre des tranchées que d’une intelligente et objective courtoisie. Pour cette raison, Michel Michel tient à associer aux résultats de “ses” recherches les apports et suggestions tous ceux qui, à divers titres, ont effectivement apporté leur “collaboration” et ont quelque droit à être cités (sous leur pseudo ou prénom) ici : Ahmosis, Anouket, Bakha, Cis, Ddchampo, Dugt, Greg64, Hemou, Hfo, Hotephermaat, Italexandre, Jean-François, Kheriset, Letmealive, Mandrack, N@n, Natalilou, Nebty, Numerus, Oudjat-paneb, Paul, Sépédette, Sinouhé, Vidalou, Whybee. Il faut d’ailleurs noter que si l’essentiel des résultats de la recherche commune a été publié (et repris ici avec l’aimable autorisation de Michel Michel), la recherche elle-même n’en est pas pour autant close : le forum ddcchampo, sous ce topic, reste ouvert...
Plutôt que de tenter de résumer l’ensemble de ces développements, j’ai préféré, une fois encore, me limiter au rôle d’ “ouvreur de guillemets”. Les illustrations m’ont été fournies par Michel Michel et sont donc publiées sous copyright. Quant aux animations, je les ai empruntées, afin d’en faciliter le transfert sur ce blog, au forum ddchampo.

“La première pyramide égyptienne à degrés fut construite pour Djoser, pharaon de la 3°dynastie, approximativement entre 2691 et 2625 avant J.-C. 

Méthode d'Uvo Hölscher
Pour édifier un tel monument, il fut nécessaire d’acheminer de lourds matériaux jusqu’à son sommet : une technique que l’égyptologue et architecte allemand Uvo Hölscher interprète en préconisant l’utilisation de rampes provisoires en zigzag, édifiées sur la face supérieure de chacun des degrés. Cette façon de disposer les rampes nécessitait en effet beaucoup moins de briques crues ou de matériaux provisoires (débris de taille, pierraille, terre, etc.) qu’une rampe frontale.”


Structure interne des pyramides lisses
“Bien que l’on ne puisse en être absolument certain, il semble que le noyau de toutes les pyramides lisses soit systématiquement constitué d’une pyramide à degrés, une structure interne résultant d’un empilement hétérogène de blocs extraits des carrières locales (A), sans aucun soin particulier.

Modélisation à l'échelle de Mykérinos
Une première enceinte, de faible épaisseur, faite de blocs bien finis et bien appareillés, enserre cet appareillage hétérogène en donnant à la structure l’apparence d’une pyramide à degrés parfaitement finie (une façon de procéder probablement inspirée par des motifs symboliques).
Ce type de structure est parfaitement visible dans la grande brèche qui surplombe l’entrée de la pyramide de Mykérinos (photo N et B ci-dessus). On y constate que la ligne (verte) qui relie les arêtes des degrés est plus pentue que la ligne de pente définitive de la pyramide (rouge) .
On est donc en droit de conclure que ce dispositif est complété par une seconde enceinte faite de blocs locaux calibrés en hauteur (B). Son épaisseur est d’autant plus importante que le degré concerné est proche du sol, pour lui permettre de mieux résister aux charges engendrées par les étages supérieurs.
Des blocs locaux calibrés, appareillés en escalier selon l’angle de pente de la pyramide et destinés à supporter les blocs de revêtement, complètent ce dispositif.
Le revêtement est construit en blocs en calcaire de haute qualité, extraits des carrières de Tourah, parfaitement finis et biseautés selon l’angle de pente de la pyramide.
On serait tenté de croire que la pyramide interne à degrés des pyramides lisses aurait pu être construite selon l’excellent procédé préconisé par Uvo Hölscher. Celui-ci se heurte toutefois à un délicat problème, car la structure, telle que conçue, aurait dû être complétée ensuite par une maçonnerie donnant à l’ensemble la forme d’une pyramide lisse. Or, les rampes auraient encombré la place occupée par cette maçonnerie complémentaire. Il aurait donc été nécessaire d’avoir recours à un autre procédé, après avoir démonté les rampes.
C’est ainsi que de nombreuses autres hypothèses ont vu le jour : rampe droite (J.Ph. Lauer), rampes enveloppantes (G. Goyon), rampes internes (J.P Houdin), blocs moulés (J. Davidovits)…”


Point de départ de la méthode préconisée 
“Puisque le dessus de chaque degré devra recevoir de la maçonnerie, c’est en maçonnerie que je préconise de fabriquer les rampes de la pyramide. On pourrait ensuite déplacer une partie des blocs de la rampe pour la transformer en maçonnerie complémentaire.



En effet, le volume de la rampe est identique au volume de la maçonnerie complémentaire : il est défini par la formule L x l x h / 2.
Puisqu’aucun de ces trois paramètres ne change, le volume reste le même.
Cette idée m’est venue en avril 2010.
Pour rester fidèle à l’image que je me faisais des anciens Égyptiens, j’ai d’abord tenté d’imaginer un mode de déplacement de la maçonnerie excédentaire des rampes qui serait très organisé et méthodique.
N’y parvenant pas, j’ai souhaité la collaboration des participants au forum égyptologique de ddchampo.
Le 1er mars 2010, j’y ai donc entamé un échange de points de vue auquel ont participé de nombreux intervenants.
Leur participation m’a été d’un grand secours aussi bien sur le plan technique que sous l’angle des encouragements reçus. Bien que je sois l’inventeur de l’idée initiale, je considère donc que l’hypothèse à laquelle j’ai abouti est le fruit d’une réflexion collective.
Je qualifie le mode de déplacement de la maçonnerie excédentaire des rampes comme “une méthode à l’arrache”, même si cette expression ne me convient que partiellement. Mais, comme l’écrivait récemment Jean-Jacques, l’un des intervenants sur le forum : “Si tu réussis à démontrer que c'était [la] façon de faire [des Égyptiens], il faudra bien l'accepter, que ça plaise ou non, que ce soit à la mode ou non, que ça dérange (toi le premier) ou non !”


La méthode

“Pour édifier chacun des degrés, qui sont constitués d’une zone hétérogène (A), d’une première enceinte correctement finie (non visible), et d’une seconde enceinte massive calibrée (B), on aura recours à quatre rampes en pierres (C), disposées dos à dos par groupe de deux et qui prennent appui sur deux angles ravalés (D).
La superposition de ces angles permet de contrôler l’alignement des arêtes.
Des petites structures en briques (E) complètent le dispositif pour lisser la pente.
La construction de la structure interne se poursuit ainsi jusqu’au sommet.

On procédera ensuite au déplacement des blocs des rampes qui sont situées en dehors de la ligne de pente définitive de la pyramide.
On commencera par déplacer les blocs calibrés du haut vers le bas en utilisant les éléments de rampes encore en place, puis on déplacera ceux du bas vers le haut en construisant des petites rampes secondaires ou en utilisant un quelconque procédé de levage.
Cela aura pour effet de mettre à découvert les blocs de revêtement, non ravalés - la moitié de la quantité totale nécessaire -, qui avaient été préalablement intégrés à leur place définitive dans la maçonnerie de la rampe.
On acheminera ensuite les blocs de revêtement depuis les rampes inférieures en construisant progressivement des petites rampes secondaires, ou en utilisant un quelconque procédé de levage.
Hérodote évoque ainsi le “hissage” du reste des pierres en utilisant des machines faites avec de courtes pièces de bois.
Enfin, on procédera au ravalement des blocs de revêtement en commençant par le haut, conformément au témoignage d’Hérodote.”


Le déplacement des blocs calibrés 


La mise en place du reste du revêtement et ravalement

“Il n'est pas aussi simple que le suggère l’animation. Celle-ci montre que les blocs excédentaires du 8e niveau sont déplacés vers le 1er, le 7e vers le 2e, etc.Or, souvent, on observe que les assises des niveaux supérieurs sont moins épaisses (dimensions verticales) que celles des niveaux inférieurs. À titre d'exemple, supposons que les épaisseurs des 8e et 1e assises soient respectivement de 0.8 m et 1,2 m. Si l’on déplace un bloc de la 8e assise vers la 1e, il ne sera pas assez épais pour remplir sa fonction.

Pour remédier à ce problème, une première solution consiste à redresser ou à basculer le bloc.
Si sa nouvelle épaisseur est trop grande, le bloc sera scié et l'excédent sera conservé (galette). Si sa nouvelle épaisseur est toujours insuffisante, on le posera sur un autre bloc ou sur une galette et l’excédent sera scié... Ainsi, toutes les faces supérieures d'une même assise seront parfaitement alignées et permettront la pose des blocs de revêtement.
Cette méthode semble compliquée, mais les observations semblent la confirmer. On observe en effet, dans une même assise, des empilements de blocs de différentes épaisseurs, mais dont la hauteur globale n’excède pas celle de l’assise concernée.”


Validation de l’hypothèse
“Si telle est bien la méthode employée par les Égyptiens, il devrait être aisé de la vérifier.
Prenons l'exemple d'un bloc de la 8e assise, dont les dimensions seraient : 0,8 m x 1,4 m x 1,1 m (h/L/l). Du fait que son déplacement vers la 1e assise nécessiterait que sa hauteur soit de 1,2 m, nous allons le redresser (1,4 m) et le retailler à 1,2 m. Ses nouvelles dimensions seront donc : 1,2 m x 1,1 m x 0,8 m (h/L/l).
En fait, tous les blocs déplacés de la 8e vers la 1e assise auront deux dimensions communes : 1,2 m (leur nouvelle hauteur), et surtout 0,8 m (leur hauteur initiale). Cette dernière mesure est très intéressante, car elle va nous permettre de repérer l'assise d'où proviennent les blocs (ici, la 8e, car elle a une hauteur globale de 0,8 m). Cela va nous permettre de reconstituer la hauteur de chaque rampe - et donc celle de chaque degré de la structure interne -, ainsi que leur longueur, leur pente, leur nombre, leur orientation. On l’aura compris : l'usage d'un simple mètre permettrait de valider l’hypothèse et de reconstituer fidèlement la structure interne de toutes les pyramides lisses.”


Particularités de la méthode de construction

“Les rampes sont disposées dos à dos par groupes de deux et prennent appui sur des angles ravalés. Cette disposition est possible à condition de ne construire qu'un angle sur deux. Elle permet de diminuer la pente des rampes en augmentant leur longueur et de disposer simultanément de rampes en zigzag et en colimaçon (dans les deux sens de rotation). En outre, grâce à l'implantation d'axes verticaux en bout de rampe (A), que les cordes de traction pourront contourner, on pourra utiliser toute la longueur de la rampe descendante (à droite de A) pour disposer les haleurs. Pour Khéops, à 60 m de hauteur, le nombre de haleurs pourrait avoisiner deux milliers (la ligne verte simule le cheminement d'une corde).
On peut aussi déplacer les blocs latéralement - y compris les plus lourds -, pour qu'ils puissent repartir à contre-sens (B).
Dans le but de limiter les frottements, il est probable que ces axes verticaux soient lubrifiés, gainés de cuivre ou, pourquoi pas, rotatifs.

Nous sommes ici, par exemple, à 60 m de hauteur sur la pyramide de Khéops. La scène représente le transport des énormes blocs en granit qui couvrent la chambre du roi (A). Les haleurs disposent de toute la surface de la rampe (B) pour tirer les monolithes à l’aide de la corde verte qui contourne les axes verticaux de renvoi d’angle. Cette surface excédant 1.700 m², on peut donc y répartir au moins un millier d’hommes, ce qui est largement suffisant pour accomplir cette tâche.
On peut aussi déplacer les blocs latéralement depuis (C) grâce à la corde rouge, afin de changer de traîneau avant de repartir en sens inverse sur la rampe suivante.
Les rampes Est et Ouest, par exemple, pourraient être enduites de limon et serviraient ainsi au déplacement des traîneaux.
Les rampes Nord et Sud pourraient rester “sèches” pour éviter aux ouvriers de glisser.
Quelques blocs des rampes devront subir des aménagements spécifiques afin que les axes verticaux de renvoi d’angle puissent s’y insérer. Après avoir été déplacés et basculés, ils évoqueraient des voûtes, telles que celles que l’égyptologue Bob Brier a observées dans la cavité qu’il a visitée sur l’arête nord-est de la grande pyramide, à 80 mètres de haut, suite aux recherches de Jean-Pierre Houdin.”


Les blocs de revêtement du dernier niveau


“Nous avons vu précédemment que des blocs de revêtement non ravalés devaient être insérés sous des blocs déjà ravalés, au niveau supérieur de la rampe initiale.
La face supérieure des blocs à insérer devra être légèrement biseautée. Ainsi, les blocs concernés pourront être insérés jusqu’en butée contre l’arête du bloc supérieur (point rouge), à la façon d’un bouchon. Enfin, les blocs seront ravalés.
L’observation d’un aménagement identique ou similaire, sur une pyramide qui a conservé une partie de son revêtement (Khephren), pourrait constituer un élément de preuve.
Une découpe spécifique des blocs à insérer est donc nécessaire.”


Quelques données chiffrées
Les briques :
Pourcentage de matériaux provisoires par rapport au volume total : 1,56%. soit environ 10 fois moins que la proposition de G.Goyon.
Pour Khéops : 40.500 m³ (un cube de 34 m de côté).
Pour Khephren : 34.700 m³ (un cube de 32 m de côté).
Pour Mykérinos : 3.760 m³ (un cube de 16 m de côté).
On élève donc initialement 98,4% de matériaux utiles. À titre de comparaison, l'hypothèse de G.Goyon nécessitait fabrication / hissage / démontage / évacuation / stockage... de 400.000 m³ de briques pour Khéops (un cube de 74 m de côté).

Les rampes :
Pour Khéops : env. 20 m de hauteur / env. 12 m de largeur.
Pour Khephren : env. 20 m de hauteur / env. 12 m de largeur.
Pour Mykérinos : env. 8 m de hauteur / env. 5 m de largeur.

Fresque de Djehoutyhotep
Les pentes :
Le nombre de haleurs par tonne est calculé par rapport aux données de la fresque de Djehoutyhotep (172 haleurs pour 58 T à déplacer sur terrain plat - soit 300 kg par haleur -, une valeur comparable à celle qu’on exerce en poussant une automobile en panne). Les chiffres ci-dessous correspondent donc à un effort horizontal équivalent à celui qu’exerce chacun des haleurs de la fresque, probablement une quinzaine de Kg.
Niveau 1: 7,13°/ 13% / 11 haleurs par tonne
Niveau 2 : 8,42°/ 15% / 12 haleurs par tonne
Niveau 3 : 10,1°/ 18% / 14 haleurs par tonne
Niveau 4 : 12,4°/ 22% / 17 haleurs par tonne
Niveau 5 : 16,2°/ 29% / 21 haleurs par tonne
Niveau 6 : 24,0°/ 45% / 30 haleurs par tonne
Niveau 7 : 24,0°/ 45% / 30 haleurs par tonne (comme le pour 6e niveau).
Pour élever à 60 m (niveau 3) les chevrons qui couvrent la chambre du roi (env. 45T), il faudrait donc au maximum 14 x 45 = 630 haleurs. C'est beaucoup, mais ça tient largement sur les 1.700 m² dont on dispose à ce niveau.

Lien vers la présentation (fichier ppt) : ICI 
Pour télécharger le viewer powerpoint adéquat : ICI

mercredi 29 juin 2011

Toutes les pyramides de la IVe Dynastie égyptienne ont, selon F.C.H. Wendel, été construites telles qu’elles furent projetées

Dans l’un des chapitres de son History of Egypt, ouvrage édité en 1890, F.C.H. Wendel, “missionary” de la Protestant Episcopal City Missionary Society, retrace à très grands traits l’histoire des pharaons de la IVe Dynastie et des hauts faits attachés à leur règne.
Une erreur manifeste est à relever dans ce récit : elle concerne le pharaon Radjedef, fils et successeur de Khoufou, qui se serait “départi de l’habitude de ses deux prédécesseurs” Khoufou et Snéfrou, à savoir celle de (faire) construire sa propre pyramide. (La seule véritable question, on le sait, a plutôt trait au choix d’un site de construction autre que celui de Guizeh).
Tout en marquant les spécificités des pyramides de Snéfrou, Khoufou, Khéphren et Mykérinos, F.C.H. Wendel relève certaines caractéristiques techniques valables pour l’ensemble de ces monuments, notamment le fait que les projets de construction ont été exécutés tels quels, conformément aux plans d’origine, sans faire l’objet de changements ou d’accroissements progressifs.
Quant au récit Hérodote, il est qualifié, par l’auteur, d’ “unreliable” (non fiable). Manéthon, pour sa part, obtient une moins mauvaise note, puisque le mérite lui est reconnu d’avoir tenté de réconcilier l’histoire et la légende.

Snéfrou (musée égyptien du Caire)
“Snefru (2830-2806 B. C.), the founder of the fourth dynasty, ascended the throne about 2830 B. C. The change of dynasty seems to have been peaceably accomplished. "Papyrus Prisse", the only text that refers to it, remarks : "Then King Huni died, and King Snefru became a beneficent ruler over the entire land." He is the first king from whose reign monuments have come down to us. He and his successors built for their tombs great pyramids, forming a line miles in length, from Gizeh on the north to Meydoum on the south. King Snefru, in all probability, is buried in the pyramid of Meydoum, about which lie the tombs of many of his courtiers. The Egyptian name of the pyramid was Châ ; its builder was Henka. Of historical events of this reign we know but little. (...)

Auteur inconnu (1920
Chufu (2806-2782 B. C. ). When Snefru died, he left to his oldest son and successor a great and flourishing kingdom. This king is the Cheops of Herodotus. He is the builder of the largest of the three great pyramids of Gizeh, the measurements of which are : side of square base, originally 764 feet, at present 746 feet ; perpendicular height, originally 480 feet, now 450 feet ; and height of slope, originally 611 feet, at present 568 feet. Inside of this great mass of solid masonry, there is the chamber in which the sarcophagus of the king was deposited. This chamber is approached by a series of narrow passages, which were, after the sarcophagus was in place, blocked up in a very ingenious manner. The Egyptian name of this pyramid was Chut.
I may here mention some general facts which hold good for all the pyramids of Gizeh. Each one had connected with it a funereal temple dedicated to the memory of the king buried in the pyramid. All of the pyramids were built as planned, a fact that the recent measurements of W. Flinders Petrie have demonstrated beyond a doubt. Thus the old theory that every king when he ascended the throne began a pyramid of moderate proportions, and gradually enlarged it as he found he had the time, is exploded. The reader will find a full expose of these facts in Mr. Petrie 's admirable book The Pyramids and Temples of Gizeh. About each pyramid lay a number of smaller pyramids, probably the tombs of the members of the royal families, as well as the tombs of the nobles that had lived at the court.
This king was a great builder : the temple of the “Lady of the Pyramids, Isis”, and the foundation of the temple of Hathor at Denderah are attributed to him. Two cities - Menât-Chufu (the modern Minye, north of Hermopolis) and Chufukebet - bear his name. Like his predecessor, he was compelled to make a campaign against the Mentiu Satet, on the Sinai peninsula, who it seems had again begun to molest the Egyptian miners.
The classical accounts of this king are all unreliable. Herodotus gives him a reign of fifty years, and Manetho says he reigned sixty-three, while we know from the Turin Papyrus that he ruled only twenty-four years. The classical historians would also have him appear as a great tyrant, who closed the temples in order that the Egyptians might all labor continuously at his pyramid, and who, when money failed him, prostituted his own daughter in order to raise funds. The chief responsibility for these stories rests on Herodotus. Manetho attempts to reconcile history and legend by relating that the king, whom he calls Souphis, had repented in his old age, and had written a book that was regarded as sacred.

Radedef (2782-2759 B. A). The son and successor of Chufu, who ruled twenty-three years, did not build a pyramid. Why he departed from the custom begun by his two predecessors we can not say ; perhaps the forces and resources of the kingdom were otherwise employed. We know, however, absolutely nothing of this comparatively long reign.

Chafra (2758-2750 B. A), the Chephren of Herodotus, is the builder of the second great pyramid of Gizeh, the Egyptian name of which is Ouer, "the Great One". This pyramid is somewhat smaller than that of Chafra's father, Chufu, but it is still of respectable size. Its dimensions are : length of side of square base originally, 707 feet, now 690 feet ; perpendicular height originally, 454¼ feet, now 447 feet ; inclined height originally, 572 feet, at present 563 feet. Like all the other pyramids of Gizeh, this one is built of blocks of limestone taken from the quarries of Turah (Egyptian name, Rodâu), in the hills on the east bank of the Nile, opposite Memphis.
All the pyramids were built so that their sides resembled great steps, and then these steps were filled in with granite blocks, so placed that they formed a smooth, continuous inclined surface. Part of this coating of granite is still left on the upper part of this pyramid. Before this pyramid, a little to the south of the great Sphinx, there stands a large temple built of granite and alabaster, which was most probably erected at Chafra's order.
The fact that it stands in front of his pyramid proves conclusively that it was built after that structure. In a well in the interior of this temple were found the fragments of nine exquisitely wrought diorite statues of the king. Seven of these are at present in the museum of Boulaq, one of them being almost unharmed. How these statues got in the well we do not know. The temple itself is also a mystery ; it may have been Chafra's funereal temple, but it may just as well have been erected to the Sphinx, the image of Râharmachis, or to any other deity. Of him also the classical historians relate that he was a great tyrant, who systematically oppressed his subjects in order to be able to complete his great pyramid ; but there is absolutely no foundation for these stories. He died after a reign of only eight years.


Mykérinos (musée du Caire)
Menkaura (2749-2724 B. C.), the Mycerinos of Herodotus, succeeded Chafra. Herodotus tells us this pharaoh was celebrated for his great piety and righteousness, and the Egyptian monuments bear this out. They tell us that he sent out his son Hordedef to inspect the temples of the land, and that while on this tour of inspection the prince had "discovered" the sixty-fourth chapter of the "Book of the Dead" at Hermopolis (Chmunu). Some copies of the thirtieth chapter of the same compilation state that it also was "found" in this reign. Several later texts mention this prince ; the celebrated "Minstrel's Song" quotes one of his sayings, and a letter written in the time of Ramses II speaks of the difficulty of understanding his writings. The story, related by some Greek authors, that the oracle of Buto had predicted to him that he would die young, and that he had consequently spent day and night in dissipation in order to double his life, is utterly untrustworthy.
His tomb is the third and smallest of the pyramids of Gizeh. Its dimensions are : side of square base, 354½ feet ; perpendicular height, originally 218 feet, now 203 feet ; height of incline, originally 278 feet, now 261 feet. The order to erect this structure and the account of the work are given in an unfortunately extremely mutilated inscription in one of the tombs of Gizeh. The name of the pyramid was Heri. Although a systematic attempt to destroy this pyramid was made in 1196 A. D. , it is the best preserved of all the pyramids of Gizeh. In the chamber Vyse found the stone sarcophagus and fragments of the wooden mummy-case of this king. The former was lost in a shipwreck ; the latter are preserved in the British Museum. How long this pharaoh ruled we can not say, as the Turin Papyrus has a break at his name. We must, therefore, for the present take the years given by the most trustworthy of the classical writers, Manetho, who states the king ruled twenty-five years.”

Source : openlibrary.org

dimanche 19 juin 2011

De quelques techniques des bâtisseurs égyptiens, selon Athanasius Kircher (XVIIe s.)

Le Jésuite allemand Athanasius Kircher (1601-1680) était un orientaliste au savoir encyclopédique. 
On le surnommait le “Maître des cent savoirs”.
Dans son œuvre principale Œdipus Ægyptiacus (1652-1654), il affirmait avoir trouvé la clef des hiéroglyphes en soutenant qu' "ils expriment, de façon dégradée mais authentique, les plus anciennes vérités divines léguées par Cham, l'un des trois fils de Noé. (..) Par manque de preuves capables de l'infirmer, cet ouvrage fera autorité durant deux cents ans, jusqu'aux découvertes de Champollion." (Jean-Marie Blas de Roblès). 
De cet ouvrage, j’ai extrait les illustrations ci-dessous, traitant de diverses techniques, mises en œuvre par les Égyptiens, pour le travail de taille et de transport de la pierre de construction.
On reconnaîtra au passage le polyspaston de Vitruve.
Qu’on me le pardonne : je ne me suis pas risqué à l‘aventure périlleuse de la traduction du texte latin, pour cause d’humanités désormais bien lointaines !  Je me suis limité ici à reproduire les illustrations de l’auteur, suffisamment éloquentes en elles-mêmes, du moins à ce qu’il me semble, accompagnées de leurs commentaires originaux.
Pour vous permettre de prendre connaissance du texte de l’auteur (voir notamment les pages 309-323), j’ai inséré en fin de note le lecteur proposé par Gallica.
Au cas où celui-ci ne fonctionnerait pas, le lien direct est ICI.



samedi 18 juin 2011

“Peut-être le mystère restera-t-il à tout jamais impénétrable” (Henri Blerzy - XIXe s. - à propos de la Grande Pyramide de Guizeh)

Henri Blerzy (1830-1904) fut un collaborateur assidu de la Revue des Deux Mondes. Dans le tome 71 (37e année, seconde période, 1867) de cette publication, il publia un article sous le titre Les astronomes devant la Grande Pyramide, dans lequel il s’intéressa plus particulièrement, en la passant au crible de la critique, à la théorie de Charles Piazzi Smyth (faussement orthographié “Smith”).
Le point de vue d’Henri Blerzy est nuancé : face à la certitude mathématique dont “les procédés de raisonnement sont dans un cadre trop étroit pour les événements du passé”, l’interprétation de la Grande Pyramide (étrangement attribuée à Khéphren) à la lumière de l’astronomie est, certes, “digne d’attention”. La configuration du monument, n’en déplaise aux archéologues, dépasse en effet la seule destination funéraire et révèle une “intention secrète”.
Mais quelle est cette intention ? Quel est ce “sens caché” ? N’en déplaise, cette fois-ci, aux astronomes illustres que furent, entre autres, Piazzi Smyth et Mahmoud-Bey, leur réponse n’est pas parfaitement “satisfaisante”.
Est-ce pour autant, dans le raisonnement, un retour à la case départ ? Pas nécessairement. L’auteur aura au moins appris - et nous avec lui - que “l’emprise d’une idée exclusive” n’est pas une bonne école de déduction dès lors qu’il s’agit de comprendre la finalité des pyramides.

“De tout temps, on s'est défié de l'ingérence des sciences exactes dans la critique historique ; il convient d'avouer que l'on en a quelque raison, car la certitude mathématique s'appuie sur des bases et emprunte des procédés de raisonnement qui sont un cadre trop étroit pour les événements du passé les plus vraisemblables, les moins contestés. Toutefois il est permis de se plaire en des spéculations scientifiques qui tentent d'expliquer les témoignages indécis de l'antiquité. 
Piazzi Smyth
C'est à ce titre qu'on peut juger dignes d'attention les recherches d'un astronome écossais, M. Piazzi Smith (*), sur l'origine et le but des pyramides, curieux monuments qui sont restés le plus indéchiffrable des hiéroglyphes de l'archéologie égyptienne.
Parmi les nombreuses pyramides qui se dressent encore dans la vallée du Nil, la plus haute et la plus parfaite comme construction est celle que l'on a coutume de désigner sous le nom de la grande pyramide de Djizeh, et qui se distingue des autres par des caractères spéciaux. Elle est, paraît-il, la plus ancienne ; le pharaon Chafra ou Chephren, qui la fit édifier (**), appartenait à la deuxième dynastie et vivait, affirme-t-on, il y a quarante ou soixante siècles. La maçonnerie en a été taillée avec tant d'art et de scrupule que l'on ne distingue encore qu'avec peine, à l'intérieur des étroits couloirs qui la traversent, les joints des blocs immenses dont elle est composée. Le granit et le calcaire s'y superposent dans un ordre en apparence étudié ; cette association de matériaux divers n'aurait-elle pas un sens énigmatique qui nous échappe ? Enfin cette grande pyramide est percée de galeries inclinées ou horizontales, de chambres, de cavités obscures où certaines combinaisons semblent avoir été recherchées avec un soin tout particulier.
Certes ce n'est pas un amas informe, ainsi qu'on l'a cru longtemps. Des mesures exactes ont fait reconnaître d'exactes proportions, des rapports de grandeur simples et uniformes ; en somme, ces moellons, malgré ce que le premier aspect a de lourd et de massif, ont un sens mystérieux, réel ou emblématique, dont il est irritant de ne pas découvrir la clé. C'est d'ailleurs le plus colossal et le plus solide édifice que des hommes aient jamais dressé, si bien que d'innombrables périodes d'années ont passé sur lui sans en altérer sensiblement la forme et la structure. Les entreprises humaines, pas plus que les intempéries des saisons, n'ont pu faire autre chose qu'en égratigner la surface.
Les archéologues, se bornant à l'envisager du point de vue qui leur est habituel, l'ont comparé aux autres vestiges de l'antiquité égyptienne et en ont conclu, non sans des motifs plausibles, que c'était un tombeau plus fastueux que les autres. Une telle masse n'aurait été destinée, à les en croire, qu'à protéger pour un temps indéfini la dépouille mortelle du roi qui en prescrivit la construction. Cette interprétation se justifie par de nombreuses analogies. C'est, comme dans les tombeaux les plus authentiques, le même soin à cacher le sarcophage dans une retraite impénétrable, à barrer les issues de la chambre sépulcrale, à dérober par d'ingénieuses précautions la retraite où le mort doit attendre la résurrection future. S'il n'eût pas existé des indices d'une autre destination, il eût été permis d'affirmer que c'était bien là le but unique d'une œuvre si gigantesque ; mais comment accorder cette hypothèse avec les indications plus précises que les explorateurs, la règle et le cercle divisé à la main, ont fini par y reconnaître ?
Examinons d'abord les données principales de ce singulier problème archéologique. La base est un carré parfait, ou du moins en diffère si peu que l'on se demande si l'écart entre la forme théorique et la forme observée doit être attribué à la négligence des constructeurs ou à l'incertitude des procédés de mesure. Les quatre côtés sont dirigés très exactement vers les quatre points cardinaux, et les faces présentent toutes la même inclinaison. Les assises successives, inégales entre elles, conservent chacune une épaisseur uniforme sur le pourtour de la pyramide. La galerie qui est l'unique entrée du monument et se prolonge en ligne droite jusqu'à la chambre souterraine est juste autant inclinée au-dessous de l'horizon que l'est au-dessus la galerie ascendante qui aboutit aux chambres supérieures.

Illustration inspirée par la Constellation d'Orion, selon Johannes Hevelius (1690)
Une “intention secrète”
Jusqu'ici l'on pourrait ne voir en ces diverses coïncidences que des preuves du soin extrême que l'architecte du pharaon Chephren donnait à son ouvrage. Voici qui révèle mieux une intention secrète. La galerie descendante est dirigée à peu près vers le pôle du monde et devait être, il y a quatre ou cinq mille ans, au moment de la construction, comme un gigantesque tuyau de lorgnette braqué sur une étoile brillante qui jouait alors le rôle d'étoile polaire.
Le prétendu sarcophage en granit que recèle la chambre supérieure a été taillé de telle sorte que la capacité du dedans est la moitié du volume extérieur. Une dernière circonstance serait surtout remarquable, si l'état de délabrement dans lequel se trouve le dehors de l'édifice ne permettait d'en contester l'exacte vérité.
Le rapport mathématique entre la hauteur de la pyramide et le côté de la base est égal au rapport entre le diamètre et la demi-circonférence d'un cercle, en sorte que, si ce fait était admis comme certain, il faudrait admettre aussi que les Égyptiens connurent à une époque très ancienne l'un des paramètres importants de la géométrie.
Ces résultats métriques ont paru d'autant plus dignes d'attention qu'on n'en trouve pas trace dans les autres pyramides. Petites ou moyennes, elles ne sont pas, ainsi qu'on serait tenté de le croire, une reproduction fidèle de la grande. On n'y observe ni les mêmes procédés de construction, ni autant de cavités internes, ni les mêmes rapports de dimension. On soupçonnerait plutôt qu'elles sont l'œuvre d'architectes plus modernes qui ne savaient plus interpréter les symboles énigmatiques que le monument ancien leur laissait sous les yeux. Cette opinion paraît d'autant plus probable que l'image de la pyramide dessinée dans les hiéroglyphes d'une époque relativement récente n'est plus qu'un triangle indécis sans nulle ressemblance avec la forme des temps primitifs.
Faut-il croire avec M. Piazzi Smith que la pyramide eut au début de la civilisation égyptienne un sens caché dont on perdit ensuite la mémoire, ou que les prêtres, gardiens fidèles des mystères religieux, ne révélèrent jamais à leurs contemporains ? Quel serait donc ce sens ? Question posée nombre de fois et à laquelle nulle réponse satisfaisante n'a encore été faite. Le défaut commun des diverses interprétations proposées jusqu'à ce jour est de ne tenir compte que de certains caractères de l'édifice et d'en négliger d'autres qui ne sont pas moins essentiels. C'est le reproche que l'on a fait à ceux qui ne voulaient trouver là qu'un tombeau royal.
On en peut dire autant de l'explication proposée par sir John Herschel, qui n'y voyait qu'un observatoire propre à montrer, à l'époque lointaine où il fut construit, la véritable direction de l'étoile polaire.
Un astronome égyptien, Mahmoud-Bey (**), émettait, il n'y a pas longtemps, une théorie nouvelle, fondée comme la précédente sur la coïncidence avec un phénomène céleste. D'après lui, c'eût été un monument consacré à une étoile de la constellation du Chien, Sirius, qui représentait le dieu des morts dans l'ancienne mythologie égyptienne. La pyramide était inclinée de telle sorte que les rayons bienfaisants de Sirius tombaient d'aplomb sur la face méridionale de la pyramide. Aucune de ces suppositions ne rend un compte satisfaisant des minutieux détails de la structure intérieure. L'intention de l'architecte fut sans nul doute moins élémentaire et plus complexe ; c'est du moins ce que semblent révéler les particularités géométriques de ce gigantesque ouvrage.
Il est assurément plus légitime de penser que les prêtres égyptiens voulaient y figurer sous une forme sensible et néanmoins cachée des enseignements relatifs à la religion, aux mœurs ou aux sciences de leur temps. M. Piazzi Smith prétend, après bien d'autres archéologues, que les traditions qui y sont enfouies ont trait aux poids et aux mesures alors en usage. L'hypothèse n'est pas neuve, mais il s'appuie sur plus de données certaines que ceux qui l'ont précédé dans ce champ de recherches. Ainsi la longueur de la base représenterait un certain multiple de l'unité de longueur, et cette unité ne serait autre chose que la dix-millionième partie du diamètre terrestre. Le prétendu sarcophage serait une unité de poids en rapport avec la densité de la terre. Il n'est pas jusqu'à la numération décimale qui serait exprimée en caractères symboliques sur plusieurs des parois de l'édifice.

(From Oedipus Aegyptiacus)
“C'est une marche irrationnelle et sans issue que d'expliquer un mystère par un miracle.”
En un mot, les Égyptiens d'il y a quatre ou cinq mille ans auraient possédé un système métrologique complet plus parfait, nous dit-on, que le système métrique dont nous sommes si fiers, et ils en auraient gravé l'indélébile souvenir sur ce monceau de pierres. Il faudrait alors supposer qu'ils possédaient des connaissances étendues en astronomie et en physique.
Quant à savoir d'où venait tant de science à des hommes qu'Hérodote représente comme très ignorants, M. Piazzi Smith se contente de dire qu'ils en avaient reçu les notions par inspiration divine. Il nous serait difficile de le suivre jusque-là. C'est une marche irrationnelle et sans issue que d'expliquer un mystère par un miracle.
Si M. Piazzi Smith se laisse entraîner trop loin dans la voie des déductions sous l'empire d'une idée exclusive, il lui reste du moins le mérite d'avoir avancé l'étude de la grande pyramide en consacrant ses loisirs et son habileté pratique d'astronome à relever des mesures exactes de cet indéchiffrable monument. Après les recherches consciencieuses et sagaces des savants français de l'expédition d'Égypte, après les travaux persévérants du colonel Howard Vyse, qui s'appliqua, il y a une trentaine d'années, à l'exploration minutieuse de ce colosse de pierre jusqu'en ses plus secrets recoins, il restait encore beaucoup à faire.
Le sujet n'est pas épuisé, puisque ces efforts n'ont pas abouti à une solution dont la vérité soit évidente. Peut-être le mystère restera-t-il à tout jamais impénétrable, signe manifeste que les peuples primitifs eurent des idées, des connaissances, des préjugés ou des sentiments que l'esprit moderne, dérouté par l'immense acquis de la civilisation, n'est plus apte à concevoir. Après avoir bravé les révolutions et les conquêtes, les ravages du temps et de l'atmosphère et les atteintes plus redoutables des races humaines qui se sont débattues à ses pieds durant des milliers d'années, la grande pyramide est encore debout, œuvre unique au monde de grandeur et d'originalité.”
(*) voir Pyramidales : Contrairement à la Grande Pyramide, la Seconde Pyramide est, selon Piazzi Smyth (XIXe s.) l'œuvre de deux architectes, sur deux périodes de construction et selon deux façons différentes de travailler
(**) erreur évidente d’attribution.
(***) voir Pyramidales : "Les pyramides ont été construites pour remplir un but astrologique et religieux concernant l'astre divin Sirius" (Mahmoud-Bey - XIXe s.)