mardi 11 novembre 2014

“Cent ouvriers travaillèrent vingt ans à la construction de la première pyramide” (André Bardon - XVIIIe s.)

Illustration de l'auteur
Artiste peintre, côtoyant les plus grands de sa profession, membre, puis recteur de l’Académie royale de peinture, professeur à l'Académie royale de peinture et de sculpture de Paris, fondateur et recteur de l'Académie de peinture et de sculpture de Marseille, le Français Michel-François Dandré-Bardon, dit aussi André Bardon (1700-1785), est présenté comme un personnage cultivé. Mais être un homme de l’art n’assure pas pour autant une compétence dans tous les domaines du savoir.
Pour preuve ce qu’il écrit - brièvement il est vrai - dans son ouvrage “Costume des anciens peuples” (1772) sur les pyramides et le Sphinx, auquel est adjoint un étrange jumeau. Des approximations grossières, gobées comme telles sans le moindre examen critique.

“Les pyramides d'Égypte étaient réservées pour les rois, les héros et les personnages les plus distingués. (...)
On voit dans ces trois fameuses pyramides la seule des sept merveilles du monde que le temps nous ait conservée. Des voyageurs qui ont mesuré les deux premières (a b)  attestent que l'une (a) avait à sa base huit cents pieds de chaque côté et autant de hauteur. On n'aura pas de peine à le croire, quand on saura que d'en bas elle paraît se terminer en pointe, quoiqu'elle ait sur le haut une plate-forme de seize pieds en carré ; l'autre (b), avait six cent trente-un pieds de tous côtés et de hauteur. Quoiqu'on n'ait pas les dimensions particulières
de la troisième (c), les historiens assurent qu'elle n'avait que vingt pieds de face de tous côtés, et qu'elle fut bâtie pour la fameuse courtisane Rhodopé.
Des deux premières , la plus grande fut érigée pour servir de tombeau au Roi Thémis ; la seconde pour la sépulture de Cheopez son frère : tel est le témoignage de Polydore-Virgile. Ce qu'on sait de plus assuré, c'est que ces pyramides furent érigées dans des temps différents, près de Memphis, à quelques lieues du Caire, où on les voit encore aujourd'hui. Cent ouvriers travaillèrent vingt ans à la première ; et les historiens rapportent que la dépense seule de la nourriture en légumes des travailleurs montait à quatre millions cinq cent mille livres.
Des sphinx qui sont auprès, l'un (e) a des ailes, l'autre (f) n'en a point. Les Égyptiens ont adopté plus volontiers le symbole du premier, les Grecs ont adopté plus souvent la simplicité du second. Les variétés que l'on rencontre dans le choix de ces peuples, à cet égard, rendent les ailes de sphinx presque arbitraires, relativement aux artistes.”