mercredi 6 décembre 2017

Florence Tran réalisatrice de "Kheops, mystérieuses découvertes"

Crédit photos : Florence Tran - Bonne Pioche
C'est à Florence Tran que nous devons le merveilleux et incroyable film qui nous a plongés au cœur de la mission ScanPyramids : "Kheops, mystérieuses découvertes" ! Florence est une jeune et talentueuse réalisatrice, plusieurs fois primée pour ses documentaires. Cette grande voyageuse a souvent posé sa caméra en Égypte. On lui doit notamment "Kheops révélé", au cours duquel l'architecte Jean-Pierre Houdin présente sa vision du chantier de la construction de la grande pyramide. Dans "Une arme de choix", elle recueille les témoignages de jeunes cinéastes égyptiens - hommes et femmes - qui confient leur perception d'une société en transition au cours de la révolution du 25 Janvier. Dans "Le Lac Nasser, l'eau au cœur du désert", elle aborde le nouvel écosystème induit par la création de cette immense étendue d'eau artificielle.
Depuis deux ans, caméra au poing, elle suit, avec son équipe, la mission ScanPyramids. De Paris au Caire, de Nagoya à l'Université de Laval (Québec), de Guizeh à Dashour, des bureaux de recherches aux couloirs étroits des pyramides, des conférences de presse aux moments de doute ou d'espoir, Florence restitue l'ambiance d'une mission de recherche qui utilise les moyens du XXIème siècle pour décrypter les techniques de construction d'un monument qui nous éblouit autant qu'il nous questionne…
Un amical merci à Florence d'avoir accepté de répondre à nos questions.

Égypte actualités : Après une projection en avant-première de votre film le 22 novembre dans les locaux de France Télévision, "Kheops, mystérieuses découvertes" a rassemblé 1,4 million de spectateurs sur France 5 le mardi 28 novembre 2017 : que ressentez-vous ?

Florence Tran : Je suis heureuse que le film touche une audience aussi large et que nous ayons pu initier le public à cette technique particulière qu'est la muographie et la physique des particules. Nous avons vraiment besoin de plus de films scientifiques grand public. C'était donc une chance unique de pouvoir suivre la mission ScanPyramids, de rendre compte de cette approche transdisciplinaire de cette alliance entre les technologies du futur mise au service de la résolution de l'un des mystères les plus anciens.

Muographie - pyramide de Kheops - Crédit photo : Bonne Pioche
Ce qui m'étonne particulièrement c'est que nous ayons réussi à ce que le public, même jeune, reste accroché pendant 90', que les fins connaisseurs de la mission et de la pyramide de Kheops ont aussi aimé et que les scientifiques de la mission étaient aussi heureux et étonnés du résultat, malgré toutes les "simplifications" que nous avons dû faire pour rendre leur travail accessible. Pas simple en général de rassembler autant de publics très différents avec des attentes qui peuvent être très éloignées.

ÉA : Des équipes internationales travaillent dans le cadre de "ScanPyramids", mission d'une technicité inégalée jusqu'alors. HIP, initiateur et coordinateur du projet, Nagoya University, KEK Japan, l'Université de Laval au Québec, la faculté des ingénieurs du Caire , le CEA, etc, … : comment restituer justement la place et le rôle de chacun ?

Hany Helal et Mehdi Tayoubi (HIP) - Crédit photos Bonne Pioche
FT : L'institut HIP, Mehdi Tayoubi et Hany Helal ont su coordonner toutes ces équipes scientifiques, les aider à dialoguer entre elles quand c'était nécessaire et les protéger aussi des difficultés sur le terrain. Donc chaque équipe était autonome dans son travail scientifique mais toutes ont dû aussi être à l'écoute les unes des autres, confronter leurs résultats, accepter les critiques, vérifier tous les biais éventuels, surmonter les irritations des égos des uns et des autres, faire preuve de beaucoup de patience et de ténacité. Chacun a dû lâcher du lest et c'est un processus qui a été assez initiatique pour tous je pense. Au final la réussite de ScanPyramids ne tient qu'à cet immense travail d'équipe. S'il n'y avait pas eu cette solidarité entre eux, la mission aurait échoué.

ÉA : Pour travailler avec ces scientifiques de très au niveau, pour bien restituer leur travail, il vous faut apprendre, comprendre les techniques mises en œuvre, comme les infrarouges, les muons, etc. Non seulement cela demande beaucoup d'attention, mais également une aptitude à ensuite les "vulgariser" et les rendre accessibles… : un exercice difficile ?

FT : Oui cela n'a pas été simple, mais j'ai été aidée dans ce processus par les monteurs, les producteurs et les responsables de la "case" Science Grand Format. Ils avaient plus de recul que moi à un certain moment. Donc j'ai aussi écouté et dialogué avec eux. Si eux ne comprenaient pas, c'est qu'il fallait changer quelque chose. Ce n'est pas le type de film que l'on écrit seule dans son coin, c'est aussi un gros travail d'écoute.

ÉA : Vous avez su admirablement conjuguer images "réelles" et virtuelles : c'est certainement en cela que réside l'originalité de votre film. Il dévoile la mise en œuvre des techniques les plus sophistiquées et les plus pointues pour tenter de comprendre les prouesses techniques de la construction de la grande pyramide et la présence éventuelle d'espaces jusqu'alors non identifiés. Une fois encore, un exercice difficile ?

FT : La 3D du film a été faite en grande partie par Pierre Gable et l'équipe d'Emissive (qui font aussi partie de la mission). Je tiens vraiment à rendre hommage à Pierre Gable pour son travail formidable. Je pense que c'est l'un des meilleurs connaisseurs de l'architecture de la pyramide de Kheops aujourd'hui, tellement il l'a modélisée sous toutes les coutures. On a l'habitude de travailler ensemble mais là, pour ce film, j'ai été avec lui encore plus exigeante. Parfois nous étions vraiment fatigués de refaire une énième "passe" sur les plans 3D. Il fallait arriver à quelque chose de précis architecturalement et scientifiquement parlant mais aussi avec beaucoup de poésie et d'élégance. Je tenais beaucoup à cet aspect un peu magique et lumineux pour les plans 3D.

L'aspect magique et lumineux des plans 3D - Crédit photo Bonne Pioche
ÉA : Vous nous offrez des prises de vues magnifiques de la grande pyramide, vous la survolez, vous entrez dans son intimité : que ressentez-vous face à ce monument d'éternité qui ne laisse pas si facilement dévoiler ses secrets ?

FT : Je dois avouer que plus je passe de temps dans ces pyramides, moins je les comprends. Comme au premier jour où je les ai vues (c'était en 2002) je suis sidérée par la démesure de l'entreprise. Je me demande "mais quelle foi incroyable les a motivés pour construire une telle montagne de pierre ?" J'aimerais me transporter dans le temps et voir comment ils ont fait. En fait je suis fascinée par la façon dont les anciens Égyptiens percevaient le monde, leurs rituels, leur religion, cette obsession pour le monde de l'au-delà et cette quête effrénée d'immortalité. J'aimerais faire un film sur la question un jour. Là ce n'était pas le sujet, mais il y aurait beaucoup à dire…
Après je pense que ma relation avec l'Égypte et les pyramides est de l'ordre du sortilège.
Il y a un vieux dicton égyptien qui dit "une personne qui boit et goûte ne serait-ce qu'une seule fois à l'eau du Nil, cette personne, aussi loin qu'elle parte ou qu'elle voyage, cette personne reviendra toujours sur les bords du Nil." Je me demande si ce n'est pas le cas aussi pour les personnes qui s'approchent de trop près des pyramides, s'il n'y a pas une force magnétique, qui vous ramène toujours à elles. Il faut faire attention, ça peut-être dangereux... Ça peut vous prendre beaucoup de temps dans l'espace d'une vie, c'est extrêmement chronophage. Donc il faut s'éloigner d'elles et faire d'autres choses aussi !


ÉA : Les circonstances du tournage ont-elles été difficiles ? particulières ? Avez-vous pu filmer TOUT ce que vous souhaitiez COMME vous le souhaitiez … et la question que nous nous posons tous, peut-on espérer voir une suite ?

FT : Évidemment je n'ai pas pu tout filmer ni tout raconter. Oui les tournages ont été parfois difficiles. Comme j'ai vécu 3 ans en Égypte, j'ai la chance de bien connaître le terrain, d'avoir une équipe de tournage égyptienne sur place en qui je peux faire confiance, qui m'a protégée de bien des situations compliquées. Les tournages ont été à géométrie variable, parfois j'avais une grosse équipe, parfois j'étais seule, parfois mon équipe égyptienne assurait le suivi sur place, parfois un cameraman français nous rejoignait, parfois c'était l'équipe japonaise qui faisait le suivi et pour l'escalade nous étions là, tous ensemble... 

Florence Tran avec le Dr Morishima
dans l'encoche arête N-E de la pyramide de Kheops
Il y a eu un gros travail de coordination entre l'équipe japonaise et l'équipe franco-égyptienne, car nous avions aussi des tournages en France et au Japon. Avec évidemment des habitudes de travail et de styles différents, mais cela s'est très bien passé de ce côté-là. La collaboration a été assez fluide. Nous étions tous d'accord pour respecter au maximum le travail des scientifiques, ne pas être trop invasifs, ne pas les déranger trop. Il fallait d'abord que la mission se passe au mieux ! C'était la priorité ! On était solidaires avec eux, face à l'adversité !
Nous espérons tous qu'il y ait une suite mais là, à l'heure qu'il est, ce n'est plus une question scientifique, c'est une question politique et médiatique. La logique voudrait que la mission puisse continuer et qu'une équipe internationale menée par des Égyptiens puisse passer à l'étape suivante : percer un trou de 3 cm de diamètre et envoyer un minuscule robot faire une reconnaissance dans la cavité détectée derrière les chevrons.
Combien de temps cela va t-il prendre ? C'est une décision politique qui n'appartient qu'aux responsables égyptiens.
Si cela se passe, il faut aussi lever des fonds pour la suite... Il faut savoir que beaucoup de personnes ont travaillé en partenariat de façon bénévole, sans compter leur temps, par passion, par fidélité à ce projet qui a été initié il y a plus de 5 ans. Ce n'est pas du tout une mission qui roule sur l'or, bien au contraire. Et cela rend leur travail à tous d'autant plus honorable.


Propos recueillis par Marc Chartier & Marie Grillot



Revoir le film en vidéo (payante) : cliquer ici 

mardi 7 novembre 2017

ScanPyramids 2017




Lire l'article de Sarah Sermondalaz "Voyage au coeur de la pyramide de Khéops grâce à la réalité virtuelle", dans Sciences et Avenir du 7 novembre 2017

Un communiqué de Pierre Crozat (novembre 2017)


Pierre Crozat porte à la connaissance des lecteurs de "Pyramidales" le communiqué suivant qui fait le point de l’avancement de ses recherches scientifiques, techniques et opératoires, suite à sa thèse "Le génie des pyramides" (École des Mines de Nancy en 2002) et à la réalisation de la Simulation 3D de la "paléo-topo-stratigraphie" du plateau de Gizeh, qu'il a présentée lors d’une conférence publique, sous le titre "Construction des pyramides : l’hypothèse géologique", donnée le 26/09/2017 au Cultnat à Smart Village au Caire.

lundi 6 novembre 2017

"Fausse polémique"

La publication récente, par la revue Nature , relative de la découverte, par l'équipe #ScanPyramids, d'un "grand vide" à l'intérieur de la pyramide de Kheops a suscité des réactions très contrastées sur lesquelles Aline Kiner, dans la revue Sciences et Avenir, fait le point dans cet article "Kheops : Fausse polémique autour de la découverte d'une gigantesque cavité dans la grande pyramide".
Pour consulter cet article: cliquer ICI 

jeudi 2 novembre 2017

Un “Grand Vide” dans la Grande Pyramide


C’est LA nouvelle diffusée et amplement reprise dans la presse de ce 2 novembre 2017.
En voici quelques échos : 



“The resulting cosmic-ray muon radiography allows us to visualize the known and potentially unknown voids in the pyramid in a non-invasive way. Here we report the discovery of a large void (with a cross section similar to the Grand Gallery and a length of 30 m minimum) above the Grand Gallery, which constitutes the first major inner structure found in the Great Pyramid since the 19th century. This void, named ScanPyramids Big Void, was first observed with nuclear emulsion films installed in the Queen’s chamber (Nagoya University), then confirmed with scintillator hodoscopes set up in the same chamber (KEK) and re-confirmed with gas detectors outside of the pyramid (CEA). This large void has therefore been detected with a high confidence by three different muon detection technologies and three independent analyses. These results constitute a breakthrough for the understanding of Khufu’s Pyramid and its internal structure. While there is currently no information about the role of this void, these findings show how modern particle physics can shed new light on the world’s archaeological heritage.” (Nature)

"The newly discovered space is unlikely to contain any artefacts relating to the king’s burial, says Dodson, because there’s already a burial chamber with a sarcophagus in it. Instead he speculates that the space might be a “relieving chamber”, intended to reduce the weight of masonry pressing down on the Grand Gallery. Similar relieving chambers are seen above the King’s chamber and in the pyramid of Khufu’s father, Sneferu, at Meidum, another pyramid site in Egypt.
But Colin Reader, an independent geologist and engineer based in Liverpool, UK, who has studied Egyptian pyramids, suggests that the new chamber is too far from the Grand Gallery to serve this purpose. He wonders whether, just as the Grand Gallery leads to the King’s chamber, the void might lead to another, higher chamber. “You would want to investigate and rule that out,” he says.
Brier has a third theory. In 2007, he and French architect Jean-Pierre Houdin suggested that the Grand Gallery formed part of a huge counterweight system. Weights sliding down the floor of the Grand Gallery could have raised the hefty, granite blocks that comprise the King’s chamber, he says. He speculates that the new space could be part of a second counterweight system higher up.
The results also seem to reject the theory, put forward by Houdin and Brier, that the builders of the Great Pyramid used an internal ramp to raise blocks up to the highest levels. “These data suggest that the ramp is not there,” says Brier. “I think we’ve lost.” (Nature)



Avec une prudence remarquable, l’étude de Nature ne se lance dans aucune hypothèse sur ce que pourrait être cet espace vide ; elle se contente de signaler son existence. « Notre but consiste à chercher des cavités avec le taux de certitude très élevé des physiciens des particules, mais ce n’est pas à nous d’interpréter ce dont il s’agit, explique Mehdi Tayoubi, codirecteur de la mission ScanPyramids, président de l’Institut HIP et coauteur de l’article. Nous espérons qu’à partir de cette publication, le dialogue va s’engager avec les égyptologues pour essayer de comprendre ce qu’est ce grand vide dans la pyramide. »
Pour reprendre l’adjectif employé par M. Tayoubi, ScanPyramids se veut « agnostique » vis-à-vis de toutes les théories – certaines sérieuses, d’autres farfelues – qui courent sur la construction de Khéops. « La pyramide rend les gens fous, ajoute-t-il. C’est un monument tellement mythique qu’ils entrent rarement dans un processus scientifique rigoureux à son sujet. Ils ont l’image du chercheur solitaire à la Indiana Jones, alors que pour obtenir cette découverte, il a fallu avoir une approche multi-équipes, avec des confirmations venant de trois institutions mondialement reconnues. » Malgré cette mise en garde, il y a fort à parier que, dès la parution de l’article de Nature, tous les nostalgiques de Blake et Mortimer s’en donneront à cœur joie." (Le Monde)


“Un "Big Void" ou "grand vide", de la taille d'un avion de 200 places, se trouve bien au sein de la pyramide de Kheops et personne n'y a mis les pieds depuis la construction de l'édifice. Voilà la certitude des scientifiques qui viennent de publier ce jeudi un long article dans la revue Nature. Cette énorme cavité se situe entre 60 et 70 mètres de hauteur dans le bâtiment, c'est-à-dire plus ou moins dans le centre de la pyramide, au dessus de la "Grande Galerie". Ce qui laisse songeurs les experts qui ont travaillé sur ces recherches et les égyptologues, c'est d'abord la taille de cette espace, qui devrait dépasser les 30 mètres de long. (...) Les technologies actuelles ont permis aux scientifiques les plus passionnés de trouver l'introuvable. En propulsant des particules élémentaires qui s'arrêtent au contact de la matière - les muons, ou électrons lourds - depuis l'intérieur de la pyramide, les experts ont établi des calculs irréfutables : il y a bien du "vide" dans Khéops. La présence de cette cavité, déjà envisagée en 2016, a été confirmée par trois techniques de détection différentes.” (revue Lintern@ute)



“We don’t know if it’s a chamber, a tunnel, a big gallery or things like that,” said Mehdi Tayoubi, co-director of the ScanPyramids project, which published the finding Thursday in the journal Nature. “We have chosen the word ‘void’ and nothing else because we don’t know what this void is.”
Many archaeologists questioned whether the study offered any new information about the ancient Egyptians, and were quick to note that the team most likely did not find a hidden room filled with the pharaoh’s riches. They said the so-called void was probably empty space designed by the pyramid’s architects to lessen the weight on its chambers and prevent them from collapsing, an example of features that were already documented in the construction of the ancient monuments.
However, the study may suggest that advances in technology can offer a richer understanding of wonders of the ancient world that have long fascinated the human imagination.” (NYTimes)

"C'est la plus grande découverte réalisée dans Kheops depuis le Moyen Age !", s'exclame Mehdi Tayoubi. Et nous sommes loin d'un effet d'annonce. Dans un article publié par la revue Nature ce jeudi 2 novembre 2017, la mission internationale ScanPyramids, dont il est le co-directeur, annonce en effet la détection d'une gigantesque cavité au cœur de la pyramide de Kheops. Située juste au–dessus de la grande galerie, entre 60 et 70 mètres de hauteur, elle affiche une section et une taille comparables à cette majestueuse structure architecturale, avec 30 mètres de long minimum. (...)
Non seulement la cavité est confirmée par trois équipes indépendamment l'une de l'autre, mais la triangulation permet d'affiner ses mesures et sa position. Et notamment son impressionnante longueur. Reste à déterminer sa forme exacte. S'agit–il d'une seule structure ou de plusieurs adjacentes ? Est–elle inclinée comme la grande galerie ? En ce cas, elle pourrait avoir la même fonction. Mais laquelle ? "Il est trop tôt pour répondre à ces questions, insiste le professeur Hany Helal, de l'université du Caire, co-directeur du projet. Et ce n'est pas à nous de le faire, mais aux archéologues et égyptologues à qui nous allons soumettre nos résultats.” (Sciences et Avenir)






"Pour éviter les polémiques, l'existence de cette énorme cavité a été confirmée par trois techniques de détection de muons différentes via trois instituts distincts (l'Université de Nagoya, le laboratoire de recherche sur les particules japonais KEK et le CEA français).
Mais si un secret vient d'être mis à jour, un autre reste bien gardé: pourquoi ce vide ? Y a-t-il quelque chose dedans ?
"Nous ne pouvons pas savoir si le vide contient des artéfacts car ils seraient trop petits pour être détectés par ce type d'imagerie", précise Kunihiro Morishima, coauteur de l'étude.
Et l'équipe n'a pas non plus d'information sur le rôle de ce vide. Cela pourrait être "une succession de chambres accolées les unes aux autres, un énorme couloir horizontal, une deuxième grande galerie… plein d'hypothèses sont possibles", avoue Mehdi Tayoubi.
Mais il sera difficile d'atteindre le 'big void'. "On réfléchit à des modes d'investigation relativement légers, non destructeurs", explique le co-directeur de la mission. "Le CNRS et l'Inria nous ont rejoint il y a un an pour réfléchir à un nouveau type de robot qui pourrait passer par de tout petits trous", ajoute-t-il." (TV5 Monde)


"Big void, bigger questions
The seemingly empty region, which the researchers neutrally call “the void,” is at least a hundred feet long. Its purpose remains unclear; researchers are cautiously avoiding the word “chamber” for the time being.
“We don’t know for the moment if it’s horizontal or inclined, [or] if it is made from one structure or several successive structures,” said study coauthor Mehdi Tayoubi, president and cofounder of the Heritage Innovation Presentation (HIP) Institute, in a press briefing. “What we do know is that this void is there, that it is impressive, [and] that it was not expected by any kind of theory.”
Tayoubi and his colleagues stress that they don’t know what the void is—but already, Egyptologists have some initial ideas for what it might be.
Spence, the Cambridge archaeologist, says that the void may be a leftover from the Great Pyramid’s construction. She points out that massive blocks weighing tens of tons form the roof of the chambers above the King’s Chamber, the central room where Khufu was laid to rest.
Since the void aligns with the Great Pyramid’s upper chambers, which were put there to relieve pressure on the King’s Chamber below, Spence suggests that the void may have been an internal ramp used to move the massive roof blocks into place. As construction continued, she says, this ramp could have been left empty or loosely backfilled.
“It’s the position of [the void] that to me makes this interpretation the most likely,” says Spence. “It’s too well placed for getting blocks into place up there.” (National Geographic)

"La Grande Pyramide n'a pas fini de nous étonner et il va falloir attendre encore longtemps pour en percer tous les mystères. Les recherches de ScanPyramids ont été prolongées d'un an, et d'autres mesures vont être effectuées, en divers lieux de la pyramide. "Ce n'est pas la fin du projet, c'est une étape, parmi de nombreuses à venir", assurent les membres de l'équipe.
Le but de ScanPyramids n'est d'ailleurs pas de découvrir d'autres pièces secrètes ou cavités mystérieuses. "'Nous faisons cela pour comprendre la structure interne, et comment la pyramide a été construite", explique le professeur Helal. "Nous fournissons ensuite les données aux égyptologues et aux archéologues."
L'exploration par d'autres méthodes n'est cependant pas encore d'actualité, même si des techniques robotiques sont étudiées. Par exemple, de mini-robots de 3 centimètres et capables de voler, conçus par l'Inria et le CNRS et qui pourraient passer par de petits orifices. "C'est un concept pour explorer des monuments comme celui-ci," précise Jean-Baptiste Mouret, spécialiste en robotique et en intelligence artificielle.
"Il est trop tôt aujourd'hui pour dire si nous utiliserons ou non cette technique, cela n'a pas été décidé," précise le professeur Helal. "La prochaine étape de ce projet est d'avoir davantage d'informations sur l'inclinaison et les dimensions" du grand vide." En attendant la confirmation d'autres relevés?" (Nouvel Observateur)


Les 2 cônes indiquent les positions angulaires des excès de muons détectés
depuis l'extérieur avec les télescopes du CEA Irfu (détecteurs Micromegas).
Ils sont dus à la présence d'un vide au cœur de la pyramide. © CEA-Irfu.
"De dimensions proches de celle de la grande galerie, structure architecturale située au cœur de la grande pyramide (47m de long, 8m de haut), cette nouvelle cavité, baptisée ScanPyramids Big Void, a une longueur minimale de 30 mètres. Observée pour la première fois avec des films à émulsion nucléaire installés dans la chambre de la Reine (Université de Nagoya), puis détectée avec un télescope de scintillateurs installé dans la même chambre (KEK), elle a été confirmée avec des détecteurs gazeux, Micromegas, situés eux à l’extérieur de la pyramide (CEA) ), et donc avec un angle de vue très différent permettant d’affiner la localisation de ce vide. C’est la première fois qu'un instrument détecte depuis l’extérieur une cavité située au plus profond d’une pyramide." (CEA Press)


"Reactions to the new announcement within the Egyptology community were mixed.
"The void can be another chamber or a gallery, an aerial shaft, or an architectural fault that was sealed off," said Monica Hanna, an archaeologist, Egyptologist and founder of Egypt's Heritage Task Force, which focuses on protecting ancient sites. Hanna said nondestructive methods of studying the pyramids were a valuable way to investigate the original design of the pyramid without having to destroy parts of the structure.
Hawass was more dismissive.
"We have to always be very careful about the word void, because the Great Pyramid is filled with voids," he said. The builders of the pyramid set stones of varying size and shape in its core, Hawass said, so the whole structure is riddled with gaps. The original designers of the pyramid also left sealed-off construction tunnels. Identifying these voids has more to do with publicity than with advancing knowledge of the pyramid, Hawass said.
"It has nothing to do with any secret rooms or anything inside the Great Pyramid," Hawass said. He said he and his colleagues on the committee that reviews findings from Giza plan to author a paper explaining what they prefer to call "anomalies" from an Egyptology standpoint.
Tayoubi and his colleagues, however, argue that the void is not the result of uneven construction, because even blocks of varying size and orientation would have absorbed the muons they observed.
"From an engineering point of view and from a structural point of view of analysis it cannot be an irregularity," Helal said.
However, there are no plans at this point to investigate the void in person. There is no way to access the void through existing corridors or chambers, and Egyptologists no longer approve of destructive methods of studying pyramids and other ancient structures.
It may be possible to put additional muon detectors inside the King's chamber for a view of the void from new angles, Tayoubi said.
"We want more data in the Great Pyramid," he said. "The question is a question of means and partners and how we can continue." (Live Science)


"The ScanPyramids team acknowledges the imprecision in their results, admitting that the chamber’s apparent location directly above the Grand Gallery made it difficult to determine its dimensions. “It is there. What is it? We do not know,” says Tayoubi of the HIP Institute. At this point, the team won’t hazard an interpretation, but remains confident in their data.
Others agree with their conclusion. “I am very confident that they did a good job, that it’s a reliable result,” says Konstantin Borozdin, vice president of physics and analytics at Decision Sciences. Decision Sciences has also done muon scanning, though with a different technique, at the Fukushima Daiichi nuclear power plant in the years following the 2011 disaster.
Borozdin says the main strength of the data is the fact that all three methods independently turned up a similar signal. That means it’s much more likely that the ScanPyramids team actually detected something instead of just noise.
While he believes the results are valid, he also cautions patience. He thinks the data is clear enough to distinguish between the Big Void and gaps in the structure, but says the ScanPyramids team should continue scanning from as many angles as possible to build a more complete three-dimensional image.
For their part, the ScanPyramids team is content to continue scanning. At the moment, attempting to access the chamber is off the table. Hawass says he intends to refute their conclusions in his own paper, while the team plans to continue non-destructive measures of scanning the pyramid. The ScanPyramids team says they’ll only consider finding a way to enter the chamber when all scientists agree on their results." (IEEE Spectrum)





أعلن علماء، الخميس، اكتشاف تجويف ضخم "بحجم طائرة" فى هرم وأوضح مهدى الطيوبى، أحد مديرى مشروع "سكان بيراميدز" الذى يقف وراء الاكتشاف أن التجويف "كبير جدا بحيث إنه بحجم طائرة تتسع لـ200 مقعد فى قلب الهرم

ومنذ نهاية العام 2015، تقوم هذه المهمة المؤلفة من علماء مصريين وفرنسيين وكنديين ويابانيين بمسح داخل الهرم مستخدمة تكنولوجيا متطورة لا تحتاج إلى الحفر لاكتشاف فراغات أو بنى داخلية محتملة غير معروفة ولإلقاء ضوء إضافى على طرق البناء التى لا تزال غامضة.



وشيد هرم خوفو المعروف بالهرم الأكبر والبالغ طوله 146 مترا وهو أحد عجائب الدنيا السبع فى العالم القديم، قبل أكثر من 4500 سنة على هضبة الجيزة قرب القاهرة، إلى جانب أبى الهول.



وخوفو هو ثانى فراعنة الأسرة الرابعة "القرن السادس والعشرون قبل الميلاد"، ويحوى الهرم ثلاث غرف معروفة، وقد بُنى على غرار باقى أهرامات مصر كمقبرة للفرعون.



وجاء فى الدراسة التى نشرت الخميس فى مجلة "نيتشر" أن التجويف الذى سماه الباحثون "الفراغ الكبير"، طوله 30 مترا وهو مشابه للحجرة الكبرى فى الهرم، وهو يبعد أربعين إلى خمسين مترا عن حجرة الملكة فى قلب الهرم


(Youm7)


mercredi 25 octobre 2017

70 ans de "Sciences et Avenir" : la grande Pyramide de Khéops

À l'occasion de ses 70 ans, "Sciences et Avenir" ouvre ses archives et propose un article de 1949 décrivant en détails les dimensions et les secrets de la Grande Pyramide de Khéops.

Cliquer sur l'illustration ci-dessous pour accéder à l'article

vendredi 20 octobre 2017

Documentaire

Les pyramides de Guizeh dans les années 1920 (documentaire muet)
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A silent black & white film sequence of the pyramids and Sphinx at Giza, Egypt from award-winning amateur filmmaker John V. Hansen's travel footage, c. 1926-1930.

jeudi 5 octobre 2017

Les outils utilisés pour la construction de la Grande Pyramide (la théorie de Jean Kuzniar)


Après la création d'un site internet, puis la diffusion d'une vidéo (voir ci-après), Jean Kuzniar vient d'éditer un ouvrage (*) dans lequel il expose sa théorie sur la construction de la pyramide de Khéops, qu'il présente comme une "solution inédite".
Cette "solution" repose sur une analyse détaillée des outils utilisés par les anciens bâtisseurs égyptiens : berceaux-oscillants, pierres de pivotement, chaises de stockage, billots, leviers, rouleaux, etc., qui "permettent enfin de résoudre un grand nombre d'énigmes".
L'auteur a reproduit à l'échelle ces outils et les a manipulés avec des blocs de béton pesant entre 1,3 et 6 tonnes, pour étayer et valider sa démonstration.

"On pourra accepter ou contester la suite des analyses de l'auteur concernant les modes d'acheminement des blocs et les étapes de construction de la grande pyramide, écrit Bernard Mathieu, dans la préface de l'ouvrage. Dans ce domaine, dès que le raisonnement ne prend plus appui sur l'observation d'artefacts révélés par l'archéologie, la part de supposition s'accroît, et le doute peut légitimement s'installer. Jamais, pourtant, Jean Kuzniar ne perd de vue l'exigence de faisabilité de ses reconstitutions et le souci de pragmatisme qu'avaient nécessairement les maîtres d'oeuvre égyptiens. Jean Kuzniar n'est pas un pyramidologue de plus. Il est un investigateur consciencieux, qui offre à l'égyptologue comme au grand public, méthodiquement, le fruit de ses connaissances techniques et de son expérience d'artisan. Le processus d'édification de la grande pyramide est loin d'être totalement élucidé, du fait de notre ignorance de ce que recèle un monument trop bien conservé. Aujourd'hui pourtant, grâce à la démarche factuelle, pragmatique et expérimentale de Jean Kuzniar, on peut considérer que cette lacune s'est notablement réduite.

Plutôt que de tenter de résumer un ouvrage où chaque outil et son utilisation sont présentés de manière concise et abondamment illustrée, nous relayons ici la vidéo réalisée par Jean Kuzniar : elle est préférable à toute tentative de résumé forcément réductrice.


(*) La pyramide de Khéops - Une solution de construction inédite, éditions du Rocher, 2017, 118 pages

mardi 26 septembre 2017

Quand la presse s'en mêle...

La presse, ces temps-ci, nous inonde de titres tous plus ronflants les uns que les autres : "Archaeologists Think They Know How The Pyramids In Egypt Were Built" ; "Le mystère des pyramides de Gizeh enfin résolu" (avec quand même un ?) ; "Plus aucun mystère autour de la construction des pyramides égyptiennes" ; "Le mystère des pyramides de Gizeh enfin percé" ; "Mystery of how the Great Pyramid was built has finally been solved"...
Les développements de ces titres sont, il est vrai, plus modestes. Ils sont inspirés par un documentaire diffusé récemment sur Channel4.

Qu'on se rappelle toutefois que si l'acheminement des blocs de pierre sur le site de Guizeh peut trouver des explications plausibles ou scientifiquement étayées, le chantier de construction n'en est pas pour autant terminé. Il faut encore hisser les blocs jusqu'à leur emplacement définitif, entre autres les monolithes colossaux de la Chambre du Roi. On eût donc apprécié qu'une certaine presse reste plus réaliste dans ses propos, en ne confondant pas le "tout ou partie"... ce qui relève de la plus élémentaire logique.

jeudi 21 septembre 2017

Le "Bottin" de la pyramide


Un article signé J.M., parue dans la revue Images, n°803- 28 janvier 1945


Un jour de 1935, Sa Majesté Farouk 1er, roi d'Egypte, encore Prince du Saïd, ayant fait l'ascension de la Grande Pyramide, fut frappé par l'intérêt documentaire qu'offrent les innombrables inscriptions qui tapissent le sommet du monument, et chargea M. Georges Goyon de les relever.

Avoir tiré de son silence la grande masse muette de la pyramide, tel est le résultat obtenu par un égyptologue français qui, encouragé par le souhait d'un jeune souverain éclairé, régnant sur le trône des Pharaons. dut escalader une centaine de fois le monument millénaire, y passer de longues heures, par le chaud comme par le froid, pour faire le relevé de toutes les inscriptions que les voyageurs y ont gravées, au cours des siècles, sur la plate-forme du sommet, sur les parois, à l'entrée et dans les salles intérieures. 
Pour faire le relevé des graffiti sur la pyramide, M. Georges Goyon
a dû escalader une centaine de fois ce monument.
Il a même passé plusieurs nuits au sommet où une tente avait été dressée pour Iui.
Déjà connu pour sa collaboration aux célèbres fouilles de Tanis, M. Georges Goyon vient donc de fournir en quelque sorte, et selon l'expression de M. Étienne Drioton, directeur général du ServIce des Antiquités, le “Bottin” de ceux qui ont laissé la trace de leur visite à la Grande Pyramide. Malheureusement. les belles pierres en calcaire fin qui recouvraient le gros œuvre ont disparu il y a longtemps, quand elles furent employées à la construction d'une partie du Caire naissant ! Avec elles, de précieux graffiti, depuis l'époque pharaonique jusqu'à la venue des Turcs au XVe siècle, ont fini sous le pic des maçons qui construisirent la Citadelle, El Ghuria et le Khan-Khalil.
Mais comme de juste, la plus ancienne inscription, celle de Chéops, le pharaon constructeur de la pyramide, est restée : elle a été découverte, sens dessus-dessous sur un bloc demeuré enfoui, par M. Georges Goyon, et elle aurait fait sensation aujourd'hui, si, il y a déjà cent ans, on n'avait découvert les seules inscriptions au nom de Chéops dans les chambres de décharge.

Parmi quelques noms grecs de l'antiquité, difficiles à identifier, il y a encore ceux d'un poète chypriote et d'une femme appelée Thémito qui nous sont restés. Et l'unique inscription arabe, antérieure à l'aspect actuel de la pyramide dépouillée de son revêtement, est celle de l'auteur arabe Abou-Masher Jafar dont le nom est demeuré avec un autre des rares blocs qui recouvraient jadis le monument.
C'est donc à partir du XVe siècle que commence le relevé des noms fait par M. Georges Goyon, bien que les noms des sultans mamelouks Aybek et Beibars (1250-1260) et la seule date de 1355 aient été aussi trouvés.
Sur l'arête N.-E., celle par où passent tous ceux qui font l'ascension de la pyramide, à mi-chemin, on peut lire le nom de Bartolomeo Sessa qui semble bien être celui du doyen des voyageurs connus qui ont écrit leur nom sur le plus grand des monuments du monde. Il écrivit en 1481 un ouvrage très rare aujourd'hui sur ses voyages en Orient.
Il y a une abondance de noms d'origine italienne parmi les graffiti de pèlerins et de marchands de cette époque, car les Vénitiens, auxquels le sultan Sélim accorda les premières capitulations en 1517, monopolisèrent le commerce et les voyages au Levant jusqu'à la fin du XVIe siècle. On voit par là combien ces simples graffiti sur la pyramide sont liés à des événements historiques.
Un autre nom connu, portant la date de 1563, est celui du Flamand Mercator, l'un des géographes les plus réputés de son époque. Il publia une Géographie comprenant naturellement la carte de l'Égypte, en 1578. Le Juif portugais Pedro Texeira a laissé aussi une belle inscription datée de 1584. avec son nom francisé : Pierre Texier, .sans doute parce que le Portugal jouissait d'une mauvaise réputation auprès des Ottomans après la découverte de la route du Cap qui avait ruiné le commerce de la mer Rouge. Enfin, en 1586, apparaissent au sommet de la pyramide les premières inscriptions françaises : Le Blanc, nom du voyageur marseillais qui voyagea depuis l'âge de douze ans, et celui de la marquise de Ribier, si évocateur.
En 1638, 1639 et 1641, voici les trois premiers noms anglais : Swanley, Burrough et Smith dont les inscriptions correspondent à l'apparition du commerce anglais en Égypte. Mais il faut attendre l'Expédition d'Égypte (1798- 1801) pour se trouver devant un nombre toujours croissant de graffiti dont le sentimental : O, CharLotte ! d'un maréchal des logis, et le nom de Jomard, le célèbre ingénieur-géographe. membre de l'Institut d'Égypte qui venait à peine d'être créé. Un vers de Delille : “Leur masse indestructible a fatigué le tems” (sic), fut gravé par un soldat de Bonaparte. Le comte de Marcellus, qui, en Grèce, avait découvert deux mois plus tôt la Vénus de Milo, a laissé en 1820 une belle inscription sur la pyramide, ainsi que l'officier polonais Bystrzonowski (prononcez comme ça s'écrit) qui collabora à la réorganisation de l'armée égyptienne de Mohamed-Ali.
Une écriture féminine : Bonhomme, et c'est le nom d'une jolie mercière du Mousky, très admirée par la colonie française du Caire de 1840 : Gérard de Nerval en parla avec enthousiasme dans son Voyage en Orient. Une longue inscription politique : “Que la Constitution demeure autant que les Pyramides”, datée 1844, est du poète grec et patriote émigré. Alexandre Soutzo. Enfin, Ferdinand de Lesseps qui perça le Canal de Suez, le prince di Napoli (l'actuel roi Victor-Emmanuel III), A. France, l'auteur de Thaïs, le prince of Wales (Edouard VIII) entourent de leurs inscriptions le nom de Farouk que Sa Majesté le Roi écrivit au crayon en écriture arabe. (Le tracé fut par la suite entaillé dans la pierre.) Il y a des graffiti non nominatifs sur la pyramide. qui évoquent des pays à l'origine : Ireland, Paris, Italia ; des sympathies politiques : une croix gammée datée de 1934, deux croix de Lorraine datées de 1941 et 1942 ; des professions de foi : “Gloire à Dieu”, “Vive Jésus”, “Vishnu” (divinité hindoue), des inscriptions hébraïques et musulmanes ; et, bien entendu, des cœurs percés ou non d'une flèche, avec des initiales.
Une inscription mutilée: (16) Nivose, N.B., située à mi-chemin de l'arête N.-E. de la pyramide, désigne Napoléon Bonaparte, et a été probablement gravée par Kléber. À noter une autre inscription apocryphe et récente au nom de Bonaparte qui ne fit jamais l'ascension de la pyramide, et des dessins, dont un obscène, et un autre représentant une montgolfière portant le millésime de 1798, ce qui indique qu'elle est l'œuvre de soldats aérostiers de l'Expédition. Le nom de Chateaubriand, gravé par un ami, a disparu : des voyageurs irrespectueux ou ignorants ont souvent effacé d'anciennes inscriptions à peine visibles mais illustres, pour y substituer leur nom obscur ! Quelqu'un n'a même pas hésité à supprimer des inscriptions pour écrire en l'honneur de son cabot “Remi, 1er chien qui est monté ici”.

Dans son important ouvrage qui honore la série des publications de la Société de Géographie, M. Georges Goyon étudie avec finesse la psychologie du visiteur de la pyramide, “cette montagne faite de main d'homme”. Il écrit : “Une obscure réminiscence d'ordre magique est peut-être à l'origine de ce besoin qu'ont les hommes d'apposer leur nom en des lieux qu'ils supposent éternels. On connaît le rôle considérable que joue la magie du verbe dans les croyances de tous les peuples. Appeler un être par son nom, c'est créer, c’est faire naître sa personnalité individuelle ; prononcer le nom, c'est façonner par la voix son image spirituelle ; écrire le nom, c'est dessiner son image matérielle. C'est donc pour obéir à cet antique et confus souvenir, dans le but de perpétuer une parcelle de soi-même et non seulement dans l'intention de laisser un simple souvenir, que les hommes apposent leurs noms sur les pierres…Il était de quelque intérêt d’en trouver la trace sur la pyramide. D'autres événements se succédant au cours des âges, d'autres inscriptions se superposeront ; seuls surnageront quelques noms rappelant les convulsions sanglantes des hommes. pour disparaître à leur tour, réduisant à néant l'importance que nous attribuons à des faits qui dominent notre existence actuelle… Tandis que la pyramide.... géant posé sur la dune, demeurera, dans son immutabilité, toujours présente aux yeux des générations à venir.” J. M.

"Le secret high-tech des Pyramides", une émission de Nicolas Martin (France Culture)

Quels mystères planent encore sur les Pyramides ? Quels outils scientifiques sont utilisés pour tenter d’y répondre ? Comment est née la mission ScanPyramids et que cherche-t-elle à faire découvrir ?

lundi 4 septembre 2017

La construction de la Grande Pyramide, "reconstituée" par le cinéaste hollywoodien Howard Hawks

La Terre des pharaons (Land of the Pharaohs) est un film américain réalisé par Howard Hawks et sorti en 1955.
"L'action se déroule 2 800 ans avant Jésus-Christ, sous la VIe dynastie ; Chéops, le grand Pharaon, entreprend de faire construire la pyramide qui sera son tombeau. Le film fait le récit de ce travail qui n'exigea pas moins de vingt années. Plusieurs générations d'ouvriers y consacrèrent leur existence et les 'accidents du travail' ne se comptèrent pas.
Si Land of the Pharaohs (La Terre des Pharaons) n'est pas le meilleur film de Howard Hawks, c'est en tout cas le premier qui aborde un tel sujet, un tel cadre, une telle époque, sans tomber dans le ridicule inhérent à l'égyptomanie hollywoodienne.
Au générique, un nom prestigieux : celui de William Faulkner, qui a participé à l'élaboration du scénario et à l'écriture des dialogues. Le point fort de ce scénario c'est que tous les thèmes, toutes les incidences se ramènent d'une manière ou d'une autre à la construction de la pyramide, évitant ainsi le double piège de la dispersion et du pittoresque facile. Ici, pas de coupes empoisonnées, pas d'orgies et pas de mièvrerie. L'architecte Valsthar
Valsthar invente de disposer les blocs de pierre de la pyramide de telle façon qu'une fois Chéops mort, enfermé, au centre, avec les siens (bien vivants, eux !), il suffira de briser deux poteries pour que s'écoule le sable qui libèrera l'ensemble. 
Cette idée, éventuellement faulknérienne, du travail de vingt années qui se parachève en quelques instants par une vague de sable, montre assez bien qu'il ne s'agit pas, avec Land of the Pharaohs d'une variante de The Egyptian ou de The Ten Commandments.
Le procédé Warnercolor n'est pas ici très satisfaisant, mais le Cinémascope une fois de plus nous comble ; ne serait-ce qu'en nous restituant, lors des scènes à grandes figurations, un peu des fresques célèbres qui nous montrent les 'ouvriers' taillant la pierre à petits coups, le corps de face, les membres et le visage de profil.
Dans un genre que l'on a souvent à juste titre décrié, Land of the Pharaohs apporte de la nouveauté et de l'intelligence."
François Truffaut, Les Films de ma vie, 1955

La totalité du film (en trois séquences), version française : ICI 




lundi 28 août 2017

La théorie de Jean-Michel Coste relative au transport des blocs de construction des pyramides : le "halage assisté"

La théorie proposée par Jean-Michel Coste est intentionnellement limitée aux "techniques pour lever et répartir les blocs de construction". L'auteur la synthétise ainsi : "un halage, à l'aide de chariots étanches, assisté par un contrepoids, qui permet d’éviter la construction de rampes". 
copyright : Jean-Michel Coste
Puis il la développe en ces termes :
"Le chariot étanche est un réservoir en bois prévu pour recevoir de l'eau : une fois lesté, il forme un contrepoids hydraulique. Ce dispositif est relié à un traîneau et ces deux éléments glissent sur des pentes opposées.
La forme ainsi que le volume de chaque chariot sont adaptés à leurs futures fonctions ainsi qu'à leur destination sur le chantier. Ils doivent épouser leur environnement et résister aux forces en jeu.
Pour le chantier de la pyramide de Khéops, j'ai imaginé quatre chariots. Deux sont de forte capacité et sont destinés à lever les blocs : l'un d'eux est positionné dans la Grande Galerie, l'autre sur la face nord au niveau de l'apothème. Les deux autres ont des dimensions nettement plus réduites et ne sont utilisés que pour distribuer les blocs dans les directions ouest et est.
Dans tous les cas, l'énergie fournie par les contrepoids représente 80 à 90% de l'énergie totale nécessaire pour déplacer les blocs de construction. Pour empêcher un emballement dû à l'inertie et garantir leur maîtrise, les 20 ou 10% de l'énergie restants sont confiés à des haleurs.
Les chariots glissent bois sur bois ou bois sur roche ; les patins et glissières sont saturés de graisse ou d'huile animale ou minérale. Le volume des deux gros chariots est d'environ 60 mètres cubes, celui des deux autres est d'environ 5 mètres cubes. Toutefois, ces données ne sont pas factuelles ; les poids correspondant à ces volumes sont arbitraires et n'ont été choisis que pour faciliter une modélisation mathématique. Leur amplitude est fonction de la hauteur de la construction. Les matériaux de construction sont levés soit d'une traite, soit en deux étapes. Dans ce cas, deux va-et-vient du contrepoids sont nécessaires. L'inclinaison de leurs glissières est de 51.5° et de 26.2°.
Les blocs de construction ne sont pas tractés à l'unité mais par grappes, les traîneaux lourds pouvant supporter plusieurs dizaines de tonnes. Les traîneaux fonctionnent par paires, le traîneau vide aidant au réarmement du chariot vide.
"

Présentation de cette théorie : ICI 

vendredi 11 août 2017

“Ce que les auteurs profanes peuvent nous apprendre de la fondation des fameuses pyramides n’est, dans l'origine, que ce que l'Écriture elle-même nous dit” (Pierre Guérin du Rocher - XVIIIe s.)

Guérin du Rocher (Pierre) - Archéologue né près de Falaise en 1731, mort à Paris le 2 septembre 1792. Après la dispersion de l'ordre des jésuites, dont il faisait partie, il voyagea en Italie et en Allemagne et devint professeur de droit canonique en Pologne. Revenu en France, il refusa de prêter le serment constitutionnel, et, emprisonné, périt lors des massacres de Septembre. Il est connu par son Histoire véritable des temps fabuleux (Paris, 1776, 3 vol. in-fol.) qui fut en butte aux vives critiques de Voltaire, de Guignes, d'Anquetil et de Du Voisin. Il prétendait démontrer que la Bible est l'unique source de l'histoire des anciens peuples et même la base des diverses mythologies” (cosmovisions.com)
C’est de cet ouvrage qu’est extrait le texte qui suit.

“Il n’est pas besoin d'entrer dans le détail des moyens qu’on employa pour élever les pyramides ; car Hérodote lui-même avoue que ce qu’il en dit n’est fondé que sur des raisonnements & des conjectures. Pour la description de ces monuments, on la trouve dans quantité d'auteurs, & elle n'est point de mon sujet.
J'observerai seulement qu'Artapan, cité par Eusèbe, attribue entr’autres choses l’invention des machines pour élever les pierres à Moïse lui-même qu'il fait contemporain du Roi Chénephrès. Ce nom de Roi (...) est le nom renversé du Chéphren d'Hérodote, l'un des Rois oppresseurs du peuple.
Ainsi l’on voit de plus en plus, que tout ce que les auteurs ont dit de la construction des pyramides, qu’Hérodote & Diodore placent durant cette oppression, se rapporte aux travaux des Israélites opprimés.
Il faut donc en conclure, ou que les Égyptiens ne savaient plus absolument rien de leur fondation, & qu’ils n'auront point trouvé de temps plus propre à la placer dans leur Histoire extraite de l’Écriture, que le temps de l'oppression du peuple d'Israël ; ou que c’est en effet ce même peuple qui a été employé à les construire. (...)
On a vu que les travaux dont les Rois Chéops & Chéphren surchargent le peuple, se rapportent à la dureté dont usèrent les Rois d'Égypte à l'égard des Hébreux. Tout ce que les auteurs profanes peuvent nous apprendre de la fondation des fameuses pyramides n’est, dans l'origine, que ce que l'Écriture elle-même nous dit au commencement de l'Exode, & que divers auteurs étrangers ont diversement interprété. Les noms mêmes de Chéops ou Chembès, et Céphren ou Chabryès, à qui les principales pyramides sont attribuées, ne sont que les mots qui signifient l'affliction des Hébreux. Les autres noms des prétendus auteurs de ces monuments, Armæus, Ammosis, Maron ou Inaron, ne sont que les noms altérés d'Amram & de ses deux fils Moïse & Aaron.”

jeudi 10 août 2017

“Leur architecture, tant intérieure qu'extérieure, est bien différente, soit pour la matière, soit pour la grandeur, soit pour la distribution” (Victor Delpuech de Comeiras - XVIIIe s. - à propos des pyramides de Guizeh)

Le texte ci-dessous est extrait de cet ouvrage : Abrégé de l'histoire générale des voyages, contenant ce qu'il y a de plus remarquable, de plus utile et de mieux avéré dans les pays où les voyageurs ont pénétré ; les moeurs des habitants, la religion, les usages, arts et sciences, commerce, manufactures, 1802
Son auteur, Victor Delpuech de Comeiras (1733-1805), était abbé de Sylvanès et vicaire général de Beauvais. Dans leur Biographie universelle, ancienne et moderne, Joseph Fr. Michaud et Louis Gabriel Michaud, qualifient ce géographe de l’ “un des plus mauvais et des plus inhabiles compilateurs”. Et d’ajouter, pour compléter ce tableau peu flatteur : “Il y a lieu de présumer que la révolution, l’ayant privé de son état, l’avait forcé de travailler pour les libraires : il leur en donnait pour leur argent.

Illustration extraite de la Description de l'Égypte - 1809
“Les pyramides ne sont pas fondées dans des plaines ; mais sur le roc, au pied des hautes montagnes qui accompagnent le Nil dans son cours , et qui font la séparation entre l'Égypte et la Libye.
Elles ont toutes été élevées dans la même intention, c'est-à-dire pour servir de sépulture ; mais leur architecture, tant intérieure qu'extérieure, est bien différente, soit pour la matière, soit pour la grandeur, soit pour la distribution.
Quelques-unes sont ouvertes ; d'autres ruinées, et la plus grande partie est fermée ; mais il n'y en a point qui n'ait été endommagée dans quelqu'une de ses parties.
On conçoit aisément qu'elles n'ont pu être élevées dans le même temps. La prodigieuse quantité de matériaux qu'il fallait employer en démontre l'impossibilité. La perfection dont les dernières sont fabriquées le démontre pareillement : car elles surpassent de beaucoup les premières et en grandeur et en magnificence. Tout ce qu'on peut avancer de plus positif, c'est que leur fabrique est de l'antiquité la plus reculée, et qu'elle remonte même au-delà des temps dont les plus anciens historiens nous ont transmis le souvenir. On avait déjà perdu l'époque de leur commencement, dans le temps que les premiers philosophes grecs voyagèrent en Égypte.

Il règne parmi le peuple qui habite aujourd'hui l'Égypte une tradition qui veut qu'il y ait eu anciennement dans le pays des géants, et que ce furent eux qui élevèrent, sans beaucoup de peine, les pyramides, les vastes palais et les temples, dont les restes causent notre admiration. Cette fable ne mérite guère d'être réfutée.

Les principales pyramides, situées auprès du Caire, sont à l'est-sud-est de Gizé, village situé sur la rive occidentale du Nil ; et, comme plusieurs auteurs ont prétendu que la ville de Memphis était bâtie dans cet endroit, cela est cause qu'on les appelle communément les “pyramides de Mimphis”.
Il y en a quatre qui méritent la plus grande attention des curieux ; car, quoiqu'on en voie sept à huit autres aux environs, elles ne sont rien en comparaison des premières, surtout depuis qu'elles ont été ouvertes, et presqu'entièrement ruinées. Les quatre principales sont sur une seule ligne diagonale, et distante l'une de l'autre d'environ quatre cents pas. Leurs quatre faces répondent précisément aux quatre points cardinaux, le nord , le sud, l'est et l'ouest.
Les deux pyramides les plus septentrionales sont les plus grandes, et ont cinq cents pieds de hauteur perpendiculaire. Les deux autres sont bien moindres ; mais elles ont quelques particularités, qui sont cause qu'on les examine et qu'on les admire.

Les pyramides sont élevées sur le roc, au pied des montagnes ; le roc ne s'étant pas trouvé partout égal, on a aplani avec le ciseau, comme on le découvre en plusieurs endroits. Cette plaine artificielle a un talus du côté du nord et du côté de l'orient. Quoiqu'elle soit un roc continuel, elle est pourtant presque partout couverte d'un sable volant, que le vent y apporte des hautes montagnes des environs.

La plus septentrionale de ces grandes pyramides est la seule qui soit ouverte. Il faut en être bien près, et, pour ainsi dire, mesurer sa propre grandeur avec elle, pour pouvoir discerner l'étendue de cette masse énorme. Elle est, ainsi que les autres tant grandes que petites, sans fondements artificiels : la nature les lui fournit par Ie moyen du roc, qui en lui-même est assez fort pour supporter ce poids , qui véritablement est immense.
L'extérieur de la pyramide est pour la plus grande partie construit de grandes pierres carrées, taillées dans le roc qui est le long du Nil, et où l'on voit encore aujourd'hui les grottes d'où on les a tirées. La grandeur de ces pierres n'est pas égale ; mais elles ont toutes la figure d'un prisme.
Ces pierres ne sont pas à beaucoup près si dures qu'on pourrait l'imaginer. Puisqu'elles ont subsisté si longtemps, elles doivent proprement leur conservation au climat où elles se trouvent, qui n'est pas sujet à des pluies fréquentes : malgré cet avantage, on observe principalement, du côté du nord, qu'elles sont vermoulues. Leurs diverses assises extérieures ne sont jointes que par le propre poids des pierres, sans chaux, sans plomb et sans ancres d'aucun métal ; mais, quant au corps de la pyramide qui est rempli de pierres irrégulières, on a été obligé d'y employer un mortier mêlé de chaux de terre et d'argile. On le remarque clairement à l'entrée du second canal de cette première pyramide, qu'on a forcée pour l'ouvrir.
Celle que je décris est à trois heures de chemin du vieux Caire ; son entrée est du côté du nord : cette ouverture conduit successivement à cinq différents canaux qui, quoique courant en haut et en bas et horizontalement, vont pourtant tous vers le midi, et aboutissent à deux chambres, l'une au-dessus, et l'autre au milieu de la pyramide.

Tous ces canaux, à l'exception du quatrième, sont presque d'une même grandeur, savoir de trois pieds et demi en carré ; ils sont tous aussi d'une même fabrique, et revêtus des quatre côtés de grandes pierres de marbre blanc ; tellement polies qu'elles seraient impraticables sans l'artifice dont on s'est servi. Quoiqu'un y trouve présentement de pas en pas de petits trous où l'on peut placer les pieds, ce n'est pas sans beaucoup de peine qu'on avance. Celui qui fait un faux pas doit s'attendre qu'il retournera à reculons, malgré lui jusqu'à l’endroit d'où il est parti.
Quand on a passé les deux premiers canaux, on rencontre un reposoir qui a, à main droite, une ouverture pour un petit canal ou puits, dans lequel on ne rencontre que des chauves-souris.
Le troisième canal mène à une chambre d'une grandeur médiocre, remplie de pierres qu'on a tirées de la muraille, pour y ouvrir un autre canal qui aboutit, près de-là, à une niche.
Le quatrième canal est pourvu de banquettes de chaque côté ; il est très haut, et a une voûte presque en dos d’âne.
Le cinquième canal conduit jusqu'à la chambre supérieure, revêtue et couverte, comme la précédente, de grandes pierres de granit. On trouve au côté gauche une grande urne : cette pièce est fort bien creusée, sonne comme une cloche, quand on la frappe avec une clef.
Les trois autres grandes pyramides sont situées presque sur la même ligne que les précédentes, et sont à environ cinq ou six cents pas l'une de l'autre.”