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vendredi 14 décembre 2018

Des "gigantesques entassements", qui sont "des chefs-d'œuvre de construction" (Louis Lacroix - XIXe s.- à propos des pyramides)


Extrait de Souvenirs d'un voyage en Égypte, 1857, par Louis Lacroix (1817-1881), professeur d'histoire à la Faculté des lettres de Nancy (1853-1870), puis d'histoire moderne à la Faculté des lettres de Paris (1871-1880), membre fondateur de l'École française d'Athènes.
  


"Ce n'est pas tout d'abord que l'Égypte nous étale ses merveilles. À Alexandrie on ne voit rien des temps pharaoniques, sauf le grand obélisque appelé l'aiguille de Cléopâtre, qui gît délaissé sur le sable, au fond d'un ancien port également abandonné. Tous les autres débris de la grande cité macédonienne, ces vastes hypogées creusés dans les rochers qui l'avoisinent, cette mélancolique et solitaire colonne de Pompée qui mériterait d'être autre chose qu'un monument consacré à Dioclétien, appartiennent aux temps et à l'art helléniques. Les ruines de la Basse-Égypte n'offrent d'intérêt que pour l'archéologue. 
C'est au Caire encore que se montre le premier et sans contredit le plus puissant effort de l'antique génie égyptien. Quand vous approchez de cette ville, les pyramides se dressent devant vous plusieurs heures à l'avance, comme deux collines géantes qui dominent au loin la contrée. Là, Messieurs, tout se réunit pour susciter dans l'âme le sentiment du sublime : le désert et sa vaste solitude, la grandeur des pyramides qui s'y proportionne, l'idée de la force qu'attestent de pareils travaux, de la science qui fait de ces gigantesques entassements des chefs-d'œuvre de construction, et enfin l'évocation des quarante siècles qui vous contemplent du haut de leurs sommets. 
Les matériaux des pyramides ont été tirés des carrières de la chaîne arabique qui y a perdu des montagnes entières, transportées sur l'autre rive du Nil. Nulle part la main de l'homme n'a remué et taillé une telle quantité de pierres, et ici le calcul me paraît si éloquent que je veux un instant vous faire entendre son langage. La hauteur de la pyramide de Chéops est de 157 mètres : sa base a 227 mètres de côté. Le cube de cette masse est calculé à environ 2,662,628 mètres, ce qui donnerait des pierres pour construire une muraille de 8 mètres de haut, de 2 mètres de large, de 565 lieues de long, c'est-à-dire, suffisante pour enceindre toute l'Égypte. 
L'autre grande pyramide offre à peu de chose près les mêmes dimensions. La troisième est beaucoup plus petite. Mais ce premier groupe n'est que le commencement d'une série de constructions du même genre, qui se prolonge le long de la Moyenne-Égypte sur une longueur d'environ vingt lieues. Il y a là peut-être une quarantaine de pyramides, qui sans égaler celles de Gizeh, sont toutes des masses très imposantes, dignes de l'étendue du désert. 
Vous comprenez qu'avec un peu de bonne volonté, il est facile de voir dans ce système de constructions quelque chose qui ressemble à une chaîne de montagnes factices, et qu'on a pu croire que l'industrie des anciens Égyptiens les avait élevées pour suppléer à l'insuffisance de la chaîne libyque et garantir la plaine de l'invasion des sables. Cette ingénieuse hypothèse a été soutenue de nos jours avec une force et un talent contre lesquels il est difficile de se défendre ; mais il manque à son auteur (1) l'autorité que lui aurait donné l'étude de la question sur son propre terrain. À la lecture du livre on est presque convaincu, en présence des monuments eux-mêmes, et quand on constate la disproportion de la défense avec la grandeur de l'attaque, on se demande si cette opinion peut devenir autre chose qu'une hypothèse et si la question de la destination des pyramides est résolue. Et d'ailleurs cette question faut-il se la poser ? N'est-elle pas un indice accusateur des préoccupations trop positives de notre temps et ne nous fait-elle pas méconnaître cette inspiration désintéressée qui présidait aux entreprises des anciens âges, et qui a imprimé aux monuments de l'antique Égypte ce cachet de grandeur qui nous étonne. 
Quoi qu'il en soit, car le débat peut bien n'être pas vidé, il me suffit de savoir que ces pyramides étaient les sépultures des rois de Memphis, et quoi que le faste de ces tombes s'inspirât des mouvements d'un orgueil insensé et funeste, leur construction s'explique assez à mes yeux par la puissance d'une idée grande et vraie, celle du respect dû à la dépouille mortelle de l'homme et du devoir d'honorer sa sépulture. Évidemment pour ce peuple qui appelait ses maisons des hôtelleries, qui voyait dans ses tombeaux des demeures éternelles, qui au milieu de la joie des festins se reportait aux graves pensées de l'autre vie, en faisant circuler de main en main l'image d'une momie dans son cercueil, évidemment pour ce peuple encore tout imbu des premiers enseignements religieux donnés d'en haut à l'humanité, la principale affaire de la vie, c'était la mort."

(1) De la destination et de l'utilité permanente des pyramides d'Égypte et de Nubie contre les irruptions sablonneuses du désert, par M. Fialin de Persigny, 1848.
 

samedi 10 septembre 2011

“Il n’est pas étonnant que les Égyptiens aient choisi le désert, image de la mort, pour y construire leurs tombes et leurs sépulcres” (Giuseppe de Nizzoli - XIXe s.)

Le diplomate Giuseppe de Nizzoli fut, de 1818 à 1828, chancelier du consulat autrichien à Alexandrie. Spécialisé dans la collecte et le commerce d’objets archéologiques, il fut à l’origine de grandes collections qui furent accueillies par les musées de Vienne, Florence et Bologne.
Ayant pris connaissance, en 1845, de la théorie de Fialin de Persigny sur “la destination et de l'utilité permanente des Pyramides d'Égypte et de Nubie”, il écrivit Le Piramidi d’Egitto, une longue note dans laquelle il prit le contre-pied de cette hypothèse selon laquelle les pyramides auraient été construites pour servir d’abord de barrière contre l’ensablement du Nil.
En préambule, il justifia la légitimité de son initiative en ces termes : ”Je n’ai pas lu l’ouvrage de Persigny, mais j’ai visité l’Égypte, j’ai vu les pyramides, j’ai examiné ces lieux, où j’ai fait exécuter des fouilles pour mon propre compte et comme membre de la Société antiquaire d’Égypte, créée au Caire en 1821.”
La conclusion de sa démonstration est sans équivoque :”Les pyramides ont été érigées pour servir de tombes royales et de sépulcres : telle fut leur destination absolue, qui ne peut nullement être mise en doute.”

Cliché de David Gardiner (1906)
“Che le Piramidi fossero erette per servire di regie tombe e sepolcri, e che tale fosse la lor destinazione assoluta e la prima idea in chi ne escogitò l'inalzamento, pare che non possa mettersi in dubio alcuno, come pare che non possa altrimenti dubitarsi, quella essere stata l'idea principale, e non accessoria, come pretende il de Persigny, il quale le riguarda inalzate invece allo scopo di garantire la vallata del Nilo dalle invasioni sabbioniccie del deserto, appoggiandosi, come dice l'articolo, a considerazioni storiche ed archeologiche di tanti viaggiatori dell' antichità e moderni, ed a considerazioni geografiche e topografiche intorno a' luoghi su cui posano le Piramidi stesse : in una parola, secondo l’articolo, le Piramidi non sarebbero che paraventi !
Ma le considerazioni su di cui posa l’edifizio del sig. Persigny sono quelle che sembrano riflettere appunto contro il suo argomento medesimo.
Che le Piramidi fossero in origine destinate principalmente a sepolcri sembra evidentemente dimostrato da quanto ci narrano i più celebri scrittori antichi e moderni che sul luogo stesso si recarono, senza che mai la mente suggerisse loro che quei monumenti avessero potuto avere ancora la speciale destinazione che il sig. de Persigny intende di attribuirgli in principalità, considerando come puramente accessoria quella di tombe.
Non v'è credo chi non sappia che fu mai sempre usanza di porre sul luogo ove giace il defunto un mucchio di pietre sia per riconoscere il luogo, sia per vieppiù assicurarlo onde non gli sia recata ingiuria. La sua grandezza era a misura della possibilità del morto. Un principe dovea in conseguenza più che gli altri far risplendere la sua possanza in una maggiore elevazione, che ristretta ad un solo punto nè ristabilì poi la forma di una Piramide. (...)
In ogni modo ciò ch'è evidente e non soggiace a dubì si è che le Piramidi non fossero altro che tombe dei re d'Egitto, desiderosi di lasciare alla posterità opere tali, che indicassero per secoli infiniti la loro possanza e grandezza. Ed infatti esse furono visitate ed ammirate in ogni epoca dalla più gran parte dei filosofi, poeti, e viaggiatori più illustri, ma a nessuno di questi, nè di que'ch'ebbero perfino comunicazione coi sacerdoti Egiziani, non fu dato mai di scoprire o almeno d'intendere che le Piramidi, oltre lo scopo di tombe, riunissero poi una diversa principale destinazione quale vorrebbe il sig. de Persigny attribuirgli.
Infatti se ben si esamina la qualità di qué'monumenti, la loro magnificenza e struttura, a tutt'altro conduce il pensiero, fuorchè a riconoscere in essi un argine contro l'avanzamento delle sabbie del deserto. (...)
Le Piramidi menfìtiche (...) si ergono come giganti isolati, e senza verun circostante oggetto sulle creste di quei colli, piantale senz'ordine nè regola per tutto il tratto della lunghezza disopra enunciala, ed anzichè essere disposte in linea parallela dal nord al sud, come avrebbero dovuto esserlo per poter corrispondere in qualche modo all'idea del sig. de Persigny, le tre più grandi scorrono invece una linea quasi opposta, cioè da Oriente a Occidente, restringendo così la lora forza riparatrice contro la furia di venti trasversali diretti sopra la vallata, mentre le altre Piramidi sì vedono egualmente sparse quà e là senza direzione, né scopo simmetrico, ed elevate come a caso ora in una or in un' altra situazione lungo il tratto di collinette formanti la summentovata catena libica, e questo tratto, che neppure forma grandi ineguaglianze, fa parte del deserto, anzi è lo stesso deserto : e Diodoro ce lo conferma, quando ci narra che la 3.za Piramide di Gezeh, quella cioè di Micerino, fu eretta alquanto dentro del deserto.
Ne risulterebbe dunque che un deserto erano sempre quei luoghi, e che il deserto invece di essere in ogni caso trattenuto dalle Piramidi, si sarebbe avanzato anzi nella vallata verso il Nilo, come pure ne risulterebbe che le Piramidi non fossero state erette avanti a gole di montagne. (...)
Non è quindi maraviglia che siccome il deserto è l’imagine della morte, abbiano gli Egiziani scelti appunto quei luoghi tristi e silenziosi per scavarvi le loro sotterranee catacombe, e per erigervi le loro tombe e sepolcri sulla superficie della terra. (...)
Cosa è mai in sostanza una Piramide per quanto sterminata ne sia la mole in confronto dell'immensità dello spazio che presenta il deserto, per credere che una ventina di tali monumenti, d'altronde irregolarmente disposti in una linea di circa 20 miglia inglesi, potrebbero servire a trattenere l'avanzamento del deserto ? (...)
Per poter ammettere in qualche parte l'argomento portato in campo dal sig. di Persigny avrebbe convenuto, che per tutta la sua lunghezza, la catena libica o memfitica che si estende da Gizeh a Darjour, fosse stata difesa da una linea non interrotta di Piramidi : ma quante centinaia di Piramidi non avrebbe bisognato in tal caso di costruire per porre un argine di qualche utilità contro l'avanzamento materiale delle sabbie ; dico con qualche utilità, giacchè la stessa forma quadrangolare delle Piramidi terminando in punta diminuirebbe d' assai l'effetto che se ne vorrebbe ottenere. (...)
Se veramente si potesse ammettere come principal scopo dell' inalzamento delle Piramidi, quello di difendere la vallata del Nilo dall' avanzamento del deserto, e di trattenere le sabbie che i venti vi trasportano, non sarebbe in tal caso convenuto meglio a quegli antichi di erigere una grande muraglia lungo la linea memfìtica anziché inalzare delle Piramidi qua e là senz' ordine nè regola ?
Perchè infatti,o bisognava a riempire tutti i vacui della linea memfìtica, inalzando una fila di infinite Piramidi, una stretta all' altra (cosa pressoché impossibile a verificarsi), o erigere una muraglia corrispondente, lochè era tanto più facile da concepire, come da eseguirsi. (...)
E dopo di tutto questo chi è che vorrà mettere appena in dubbio che lo scopo principale, il vero e consentaneo propriamente ai principi religiosi professati da quel popolo, nell'inalzare le suddette Piramidi che andavano del pari ai tanti altri maravigliosi colossali monumenti eretti allo stesso fine, non fosse quello di tombe ?
Come sostenere che una tale destinazione funeraria delle Piramidi fosse puramente accessoria e quasi accidentale, dopo che catacombe, statue, labirinti, sfingi, mausolei e tutto finalmente nelle Necropoli, siano tali opere scavate e scolpite sotto le rocce e nel seno dei monti o erette sulla loro superficie, non avevano di mira che le tombe, e che tutto in somma dinota un solo pensiero profondamente religioso quello dei trapassati, il perché a questi pensarono molto e gran parte della vita, e tesori dedicarono al riposo di quelli. (...)
E ritornando all' argomento in questione dirò che il solo ed unico mezzo per cui potevasi dagli Egizi, senza il soccorso d'altronde inutile delle Piramidi, procurare di trattenere l'avanzamento del deserto nella vallata, anziché servirsi di quello ideato dal sig. Persigny, esser dovea quello di una savia amministrazione unita a buone leggi che valessero ad estendere i modi di agricoltura, ad aumentarne le piantagioni di alberi utili, a fertilizzare il paese, con ben regolarne le irrigazioni mediante opportuni canali onde le aque giungere potessero a deporre fino alle più possibili estremità laterali lungo la vallata coltivabile del Nilo, il prezioso e benefico suo limo da cui derivarne dovea tanta ubertosità e ricchezza.”

lundi 11 juillet 2011

La fonction talismanique des pyramides pour protéger le domaine d’Osiris de la furie de Typhon, le fléau du désert, d’après une relation de J.O. Noyes (XIXe s.)

Dans son récit de voyage “A trip from Cairo to the Pyramids”, publié par The national magazine, vol. 9, 1856, J.O. Noyes met l’accent sur des questions somme toute très classiques à propos des pyramides, et plus particulièrement de celle de Khéops : par qui et pourquoi ont-elles été construites ?
En réponse à cette deuxième question, l’auteur fait sienne la théorie de Fialin de Persigny, selon laquelle les pyramides ont été construites, en des emplacements particulièrement menacés, comme remparts contre les sables du désert. Ce faisant, il ancre cette théorie dans la mythologie égyptienne, la lutte contre un fléau naturel étant préfigurée par l’ “interminable conflit” opposant Osiris, symbolisant la fertilité de la vallée du Nil, à Typhon, représentant une menace perpétuelle venant du désert aride.
À propos de la fonction des conduits dits “d’aération” (hypothèse retenue par l’auteur), J.O. Noyes y va de sa suggestion qui permettrait de connaître leur tracé, au moins approximatif : mettez les petits d’une chatte au sommet de la pyramide, et la mère dans la chambre du Roi ; en très peu de temps, l’instinct maternel de l’animal créera la jonction, donnant par là de précieuses indications pour résoudre une question qui ne cesse de tarabuster les pyramidologues.

 
“The majority of the company now repaired to the opening on the north side of the Pyramid, for the purpose of penetrating to the chambers within. At the opening, said in the Arabic account to have been forced by the Caliph Al Mamoon, by means of fire, vinegar, and battering rams, the guides often fire their guns to frighten away the genii, by whom they suppose the Pyramids to be inhabited.
The passage is but little more than three feet square, and descends at an angle of twenty-six degrees. Our dragoman carried lighted tapers, and as we slid from notch to notch in a stooping posture, the hot and mephitic atmosphere soon became so impregnated with dust that I could scarcely breathe. A long descent and an equal ascent brought us at last to the king's chamber, the largest yet discovered in the Great Pyramid. It is thirty-four feet in length, seventeen in width, and twenty-two in height. Its walls are formed of immense blocks of polished granite, those of the passages being for the most part of porphyry. Ancient inscriptions have been discovered on the chamber walls of many of the Pyramids, but I observed none in that of Cheops. There was nothing calling to mind the succession of ancient dynasties, no tableaux representing the royal banquets, or the loves of Isis and Osiris. (...)
There are narrow passages leading from the king's chamber, which terminate near the summit of the Pyramid. They have not been scientifically explored, but a cat, whose litter of kittens had been placed on the top of the Pyramid, having been let loose in the chamber, she was in a few minutes found with her young. M. Maillet contends that these passages were constructed for the purpose of letting down food to persons who buried themselves in this chamber, for the remainder of their lives, with their deceased king. The object of their construction was, doubtless, the ventilation of the chambers.
The sarcophagus in the king's chamber, now greatly broken, gives, on being struck, a ringing and metallic sound. Instead of the ashes of an Egyptian king, it probably once contained a body typical of Osiris.
Our Arabs wished to perform a wardance around the sarcophagus, but we left as soon as possible to visit the queen's chamber, a solitary apartment many feet below the one just described. On our way from the latter we stopped to look into the mouth of the well near the grand passage.
The construction of the well in the Pyramid of Cheops must have had some mysterious connection with the Nile, as, being in all one hundred and ninety feet deep, its bottom is nearly on a level with the surface of the river. During the descent, which is by no means regular, it passes through two or three chambers. (...)
The purpose for which the Pyramids of Egypt were erected is a question that has been discussed from the days of Herodotus to the present time. The actual and mysterious secret of their origin appears to have perished with the ancient kings and priests of Egypt, by whom it was never communicated to the people, not even to the strangers who came from distant lands to study their arts and their monuments. But modern science has at last wrung a reluctant answer from the Sphinx, and we can now speak with more confidence as to the design of
"These piles and monuments tremendous,
Whose very ruins are stupendous"
than could the philosophic Plato, or Diodorus Siculus.
That they were erected for the mausoleums of kings ambitious of perpetuating their memory by having their ashes rest in indestructible tombs, for royal treasuries, or to serve as astronomical observatories, were the favorite theories of the ancients. Still more varied are the hypotheses, highly imaginative in most cases, of modern travelers, who have visited and written upon the Pyramids. By one they have been regarded as the granaries of Joseph ; by another, as temples to the Egyptian Venus ; while a third, with more truth, explains them as the tombs and monuments of the god Osiris. Says Sir Thomas Brown, "These dark caves and mummy repositories are Satan's abodes."
A Coptic tradition, related by Masoudi, states that the two great Pyramids were built by Sarid, Ben Sol, one of the kings of Egypt, before the flood. (...) The king (...) ordered the Pyramids to be built, and the predictions of the priests to be inscribed upon the large stones belonging to them. He placed within them his treasures, and all his valuable property, together with the bodies of his ancestors. He also ordered the priests to deposit within the Pyramids written accounts of their wisdom and acquirements in the different arts and sciences. The passages were filled with talismans, idols, and many wonderful things, with the writings of the priests containing all manner of wisdom, the names and properties of medical plants, and the sciences of arithmetic and geography, for the benefit of those who could afterward comprehend them. He also constructed thirty repositories within the Pyramids for sacred symbols, talismans of sapphires, and instruments of war made of iron which would not become rusty, and for vessels of glass that could be bent without being broken. (...)
In the mythology of the ancient Egyptians, Osiris represented the fertile land of Egypt, Typhon the scourge of the desert. Between these two existed an interminable conflict, a conflict to which we find frequent allusion in the mythology of the Greeks. Thus Hercules, the patron deity of architects, and of the builders of walls and dikes, is said to have visited Egypt, and there overcome Antesus, the Egyptian Typhon, in single combat. But this eternal conflict between Osiris and Typhon, the victory of one implying the reign of civilization and happiness, the victory of the other death and the solitude of the desert, was confined to certain points. The Nile is flanked by two mountain chains, the Arabian on the right, the Libyan on the left. Westward from the latter stretch away the deserts of Sahara and Sahel, the latter being an almost boundless sea of floating, undulating sand. Against the advance of the latter, the valley of the Nile is protected by the Libyan chain, an elevated ridge, serving as a natural barrier. Now in the wall thus interposed between the valley of the Nile and the desert there are several breaks caused by ravines of greater or less width, and it is at these points of interruption, at these solutions of continuity, that the conflict between the two giants spent its fury. At the termination of such gorges were situated the ancient cities of Ombros, Abydos, and Antinopolis, ages ago numbered among the spoils of Typhon. The most important interruption, however, occurred in the province of Ghizeh, where the broad basin terminating in the Fayoom communicates with the valley of the Nile by means of seven smaller valleys or gorges.
It was also at these points, at the embouchures of the Libyan gorges, that the ancient Egyptians planted the sacred groves of acanthus, and constructed the canals, dikes, and walls, alluded to by ancient authors, and intended to serve as barriers against the advance of the sands of Sahel.
But when these means had failed, when city after city, and province after province, had been overrun by the desert, and the very existence of Egypt was in peril, it was determined to erect barriers in the way of Typhon of such Cyclopean magnitude as to prevent another irruption of the sands of the desert. These Cyclopean structures were the Pyramids of Egypt, the results of science and the noblest memorials of Egyptian civilization, rather than the monuments of ambitious folly and superstition on the part of her kings. That such is the fact seems probable from the following considerations :
The different groups of Pyramids are, without exception, built at the embouchures of the various gorges breaking the continuity of the Libyan chain. The Pyramids, constituting the individual groups, are so disposed with respect to each other as to form, as nearly as possible, walls across the valleys at whose termination they were built. They are placed en échelon. The Pyramids themselves are oriented, not with their corners uniformly in the direction of the four cardinal points of the compass, as we have always been taught, but with their sides fronting the ravines, at whose embouchures they were constructed.
The pyramidal shape combined the chief elements of durability. Presenting four inclined triangles, they exhibited in this particular the triangular form of the Yoni, a sacred figure, worshiped by the ancient Egyptians as well as Asiatics, as symbolical of deity. A religious idea was doubtless associated with the erection of the Pyramids for the purpose of acting upon the common mind of the Egyptians.
The sands of Sahel had advanced to the very waters of the Nile. Typhon had triumphed, and "the body of Osiris was broken into a thousand pieces". It was proposed by the college of priests to build magnificent and imperishable monuments to the fallen god of Egypt. Moved by this tender and pious idea, the myriads of Egypt toiled patiently for years in the erection of the Pyramids, while at the same time their labors were so directed by the priests, and learned men, who alone understood the secret purpose of these mighty structures, as to secure a great national benefit.
The Pyramids appear to have answered in part the purpose for which they were doubtless built. I found the sand but a few feet deep at the base of Cheops, and saw peasants cultivating the valley of the Nile scarcely half a mile from the group of Ghizeh. The Bedouin and the Fellah point to the silent and mysterious Sphinx as a talisman to prevent the advance of the desert ; but, in the estimation of science, the Pyramids themselves are the monuments whose talismanic influence has, protected the domain of Osiris from the fury of Typhon.
This is the theory of M. de Persigny, and has been adopted by several French savants, among others by M. Huot, the illustrious successor of Malte Brun.”

Autre note sur cet auteur : ICI

mardi 5 juillet 2011

“Si la destination des Pyramides est inconnue, leur destinée à travers les siècles ne l'est pas moins” (Henri Paul Charles Baillière - XIXe s.)

Dans son journal de voyage En Égypte : Alexandrie, Port-Saïd, Suez, Le Caire, le libraire-éditeur parisien Henri Paul Charles Baillière (1840-1905) se présente comme un “touriste”. Ce détail médite d’être relevé, car en 1867, année de parution de l’ouvrage, les mots “touriste” et “tourisme” sont encore tout neufs en France : ils ont été empruntés seulement quelques décennies auparavant à la langue anglaise et ne commenceront à être utilisés qu’à partir de la publication par Stendhal de ses Mémoires d’un touriste (1838).
Dans son récit, Henri Paul Charles Baillière se montre très réservé sur la destination des pyramides égyptiennes et l’origine du Sphinx. Les théories globalement admises ne lui conviennent pas. Les points d’interrogation se succèdent donc les uns aux autres, avec pour toute conclusion un énigmatique “On ne sait rien - rien de certain au moins”. Puis l’auteur de compléter avec quelque solennité, afin de donner à sa réflexion une tournure plus positive : “En présence de ces monuments, l'homme n'est pas plus que le grain de sable du désert qui les entoure.”

Illustration de David Roberts (1839)
“On a tout dit sur les Pyramides : le nom supposé de leur auteur, le mode de construction employé, la pensée, ou sérieuse ou frivole, qui en a été le prétexte, ont été l'objet de dissertations qui, je crois, n'ont prouvé qu'une chose, c'est qu'on ne sait rien - rien de certain au moins.
Était-ce des tombeaux qu'on avait intérêt à défendre contre la main sacrilège des hommes, l'envahissement du désert ou l'inondation du Nil ? Voulait-on leur confier la dépouille des rois, et assurer à tout jamais l'immortalité de ces âmes royales, par la conservation éternelle du corps ?
Était-ce, comme l'a soutenu M. Fialin de Persigny, une digue jetée aux portes du Delta pour arrêter l'invasion des dunes sablonneuses du désert, et pour fortifier artificiellement la brèche que laisse ouverte la région du fleuve sans eau, entre la chaîne des lacs de Natron et le Fayoum ?
Était-ce un monument scientifique destiné à servir à la démonstration perpétuelle du système géométrique ou à tenir lieu d'observatoire astronomique ?
Était-ce des tablettes gigantesques sur lesquelles devait être tracée l'histoire des Pharaons ?
Doivent-elles leur origine aux caprices de cette fille de Chéops, qui se fit donner une pierre par chacun de ses amants, ou à la reconnaissance de Rhodope, qui, comme Cendrillon, perdit ses sandales, et qui fut épousée par le Pharaon amoureux de celle qui se chaussait si finement ?
Était-ce les greniers d'abondance bâtis par Joseph pour garder le blé (puros) destiné à alimenter l'Égypte pendant les sept années de disette ?
Était-ce un temple consacré au soleil [pur) ou destiné à garder les livres du destin ?
Je ne sais, mais je croirais volontiers, de prime abord, que toutes les étymologies grecques sont trop modernes pour être vraies ; en tout cas, elles montrent bien le caractère léger et accapareur de ces hommes d'esprit qui, désireux de reculer dans la nuit des temps l'antiquité de leur race, auraient volontiers voulu faire passer les Égyptiens pour leurs ancêtres.
Si la destination des Pyramides est inconnue, leur destinée à travers les siècles ne l'est pas moins : on ne sait même pas à quelle époque la grande Pyramide fut ouverte et visitée intérieurement, pour la première fois.
En présence de cet amoncellement de pierres, qui, au dire de Bonaparte, représente un million cent vingt-huit mille toises cubes, ou un mur de 4 toises de haut et d'une toise de large sur une longueur de 563 lieues, ce qui frappe, c'est la tristesse grave et solennelle de ce monument : par sa base large et solide, il exprime l'idée de stabilité et d'immobilité, qui faisait le fond de la religion et des mœurs ; par sa masse, il atteste l'orgueil tout-puissant d'un despote qui estimait assez peu l'argent et la vie de l'homme pour jeter à tous les vents cette double richesse ; il atteste aussi l'abaissement profond d'une caste qui ne savait plus que courber la tête, et exécuter les ordres insensés d'un tyran et d'un grand-prêtre, la servilité d'une race pour qui la royauté était avant tout un sacerdoce, et qui accordait au fanatisme religieux ce qu'elle aurait peut-être refusé au respect du souverain. Il ne faut pas chercher ici l'enthousiasme naïf et l'élan mystique d'un peuple vivant par la religion et pour la religion, ni le sentiment du beau et de l'utile, qui pousse une nation à décorer sa demeure.
Je causais de tout cela avec mon compagnon ; mais notre conversation était sans doute sans intérêt pour les bédouins, qui sont les concierges des Pyramides ; ils considèrent ces monuments comme leur chose, et savent retirer de leurs fonctions tous les bénéfices qu'elles comportent ; ailleurs, cela se passe ainsi : pourquoi en serait-il autrement dans la patrie du baghisch ?
Ils nous pressaient de commencer l'ascension, et il semblait que nous nous devions à eux.

Auteur inconnu (1902)

Après le premier mouvement, où l'esprit se livre tout entier à une admiration dont il n'est pas le maître, les instincts d'historien et d'artiste, d'archéologue et de philosophe, que nous portons en nous, se taisent, pour laisser notre pauvre machine s'effrayer devant ces
Monstrueux degrés
Faits pour des pas de six coudées.
Et dire qu'il y a 203 assises, de la base au sommet ; il est vrai que la barbarie de l'homme et le sable du désert en ont réduit le nombre, l'un ayant abattu les derniers, l'autre ayant caché les premiers. (...)
Et dire qu'il s'est trouvé des hommes assez désœuvrés et assez insensés pour tracer leur nom sur ces pierres : ils n'ont pas reculé devant la tentation sacrilège de mêler leur petite personnalité aussi inconnue qu'inutile à l'éternité des Pyramides et de leur imposer une association infâme : artistes de contrebande, boutiquiers enrichis, Anglais égoïstes, Italiens vaniteux, c'est mal respecter la majesté des grands souvenirs, c'est mal comprendre l'humilité dont on doit être saisi devant le spectacle sublime qui s'offre aux yeux et qui permet de contempler la nature face à face, au milieu de ses plus grandioses manifestations, comme un dieu dans son temple ; en présence de ces monuments, l'homme n'est pas plus que le grain de sable du désert qui les entoure. (...)
Nous ne nous arrêtons que sur la rangée de gradins qui correspond à l'ouverture ménagée en retrait pour permettre l'accès dans l'intérieur de la Pyramide.
Il ne faut pas chercher ici le portique d'un temple grec, qui, tout inondé de lumière, appelle le peuple à la prière, ni le portail d'une cathédrale gothique, qui tout enguirlandé de statuettes et de fleurs, déroule comme un long chapelet ses litanies sculpturales et prépare l'âme à toutes les splendeurs du mysticisme symbolique ; ces arrachements de blocs énormes témoignent tout à la fois de la proportion colossale des matériaux employés pour la construction, du soin que l'on a pris de déguiser l'entrée, et de la somme d'efforts qu'il a fallu dépenser pour la découvrir : ici le mystère est partout et dans tout. (...)
Se peut-il que ce soit là tout ? Et que l'on ait ainsi entassé pierre sur pierre, sans autre but final que d'abriter deux chambres ? N'est-ce pas seulement une partie de l'œuvre qu'il nous est donné de connaître ? N'est-ce pas seulement le faîte du temple que nous visitons ? Sous ces frontons massifs, n'y a-t-il pas une colonnade gigantesque, dont nous donnerait l'idée la colonne de Pompée, et qu’auraient comblée les sables du désert ? N’a-t-on pas vu ce modèle réalisé en petit au Tombeau de la Chrétienne près de Tlemcen en Algérie (*), ou sur la voie Appienne à Rome ?
Mais ce n'est là qu'une hypothèse, sans plus de valeur assurément que toutes les autres. (...)
Auteur inconnu (1900)
Les fouilles entreprises pour déblayer la base du Sphinx ont mis à découvert quatre lions, dont un fut vendu à un Anglais, et dont les trois autres ont été depuis cachés par le sable ; elles n'ont du reste rien appris : est-ce le dôme d'un temple ? Est-ce un rocher naturel dont l'art a régularisé les formes ? On ne sait; on croit, depuis qu'on a lu le nom de Theutmosis IV, gravé sur le granit, que c'est là son image.
Ce monolithe date des bonnes époques de la sculpture égyptienne. Mais quelle en est la signification ?
Ce n'est pas un être mystérieux, car c'est là encore un préjugé grec imposé par ce peuple vantard et vaniteux. Les Grecs ne lui ont attribué ce caractère que par une fausse association d'idées : celle du Sphinx, qui avait eu l'Égypte pour première patrie, et celle du mystère, qui enveloppait tout ce pays et s'attachait à tout ce qui en venait.
Ce n'est pas une femme, comme le sont les Sphinx grecs.
Ce n'est pas un nègre, ainsi qu'on l'a dit : le type africain domine dans ses traits ; mais il était peint en rouge et, çà et là, on voit encore subsister des traces de cette couleur indélébile.
Ce fantôme de pierre, c'est le maître, c'est le roi ; malgré les proportions colossales, le contour est pur, l'expression est douce et gracieuse, sereine et paisible, pleine de calme et de repos, pleine aussi d'une majesté singulière ; le regard a une profondeur qui trouble, une fixité qui fascine :
Il n'est vent de sable au désert
Qui lui fît baisser la paupière.
Ses yeux tournés vers l'Orient semblent épier l'avenir ; ses oreilles semblent recueillir les bruits du passé ; le nez écrasé a été horriblement mutilé ; la bouche, malgré l'épaisseur des lèvres, a de la délicatesse ; le seul reproche à lui faire, c'est que la tête, belle de simplicité et de naturel, manque de style, c'est-à-dire de ces lignes droites et hardies, qui donnent tant d'expression aux figures sous lesquelles la Grèce représentait ses dieux et ses déesses, et dont elle ne trouva la divine pureté que dans les marbres de Paros ou du Pentélique.”

(*) sur ce tombeau ou mausolée royal de Maurétanie : voir ICI
Sur  cet auteur, un morceau choisi dans l'Égypte entre guillemets

"Si vous avez une occasion de monter à dromadaire, ne la laissez pas échapper"


mercredi 26 janvier 2011

Les pyramides “donnent l’impression d’une indescriptible grandeur” (J.O. Noyes - XIXe s.)

En consultant leur revue The Young men’s magazine, vol. 1, 1858, les jeunes Américains du XIXe siècle étaient à bonne école !
Avec cette livraison de leur publication (favorite ?), ils avaient la possibilité de lire les propos de James O. Noyes, sous le titre “The Origin and the Design of the Pyramids”, autrement dit de s’initier à la culture égyptienne.
Dans cet article en deux parties, l’auteur propose une revue de détail de diverses théories relatives à la fonction des pyramides, dont les auteurs, par-delà les frontières du temps, ne devaient pas être déçus du voyage !
Hérodote ? Des écrits indignes de l’histoire ! Diodore et Strabon ? Même école, donc même sanction ! Platon ? De la pure spéculation ! Les “greniers de Joseph” ? Incohérent ! Les auteurs arabes ? La “saveur de la fiction orientale” ! Diderot ? Des discours de “savant” annihilés par les découvertes ultérieures sur les hiéroglyphes ! Jomard ? Des propos “profondément stupides” !
Et l’on en vient finalement à un certain de Persiogny qui, lui, semble être digne d’un regard infiniment plus bienveillant : les pyramides n’ont-elles pas été les “meilleures barrières possibles” contre la progression du désert ?
Au terme de ce parcours, James O. Noyes se livre enfin lui-même pour reconnaître dans les pyramides des oeuvres de science et de génie. Ouf ! Il était temps...



Photo extraite de "Tulipe Noire" (FlickR),

 avec autorisation de l'auteur du site

“The secret of the origin and design of the Pyramids appears to have been sacredly guarded by the sacerdotal caste of Egypt, even down to the time of its extinction, which happened soon after the close of the dynasty of the Logidae. Not the least marvelous circumstance connected with the history of the Pyramids is that the object for which they were constructed was kept secret, not only from foreigners but also from the great mass of the Egyptians themselves. (...)
It is affirmed that [Herodotus] was initiated into the sacred order of priests, but his youth must have stood in the way of his passing beyond the first degree. His account of the Pyramids, whether derived from the testimony of the priests of Heliopolis and Memphis, or being, as is most probable, merely a reflection of the popular belief, is singularly vague, and altogether unworthy the dignity of history. (...)
The version of Herodotus, relative to the construction of the Pyramids for tombs, is precisely the same as that given four centuries later by Diodorus Siculus and the geographer Strabo, who, doubtless, derived their information from the same source. But the former of these more modern authors remarks, that "neither the historians nor the Egyptians themselves were of accord upon the subject of the Pyramids". (...)
The hypothesis of Plato, that the Pyramids were astronomical observatories, is merely a flight of speculative philosophy. The three largest of the Ghizeh group at least were originally cased with polished stone, rendering their ascent impracticable, as is now the case, to a certain extent, with the second pyramid. Moreover, for astronomical purposes they would not have been erected within a few hundred feet of each other, while a more elevated situation, such as the Mokattam ridge, on the opposite side of the Nile, would doubtless have been selected.
Equally absurd were the ancient ideas that the Pyramids of Ghizeh were the granaries of Joseph, or the treasuries of the kings by whom they had been built. The inference is, that the treasures of the latter were exhausted at the completion of these stupendous monuments, and moreover, the borders of the Libyan desert - the home of marauding tribes, as nomadic as its sands - would hardly have been chosen for the site of the royal treasuries.
The accounts given by the Arab authors relative to the Pyramids savor of eastern fiction. (...) These are a few of the thousand and one allusions to the Pyramids in the Arab authors, based doubtless upon the traditions of the ancient Egyptians, and varying but little during a period of several centuries. They do not, of course, assume the dignity of history, nor have they the sublime audacity of the conceptions of the ancient poets, who described the Pyramids as mountains piled up by the Titans in attempting to scale high Olympus. (...)
Diderot, instead of considering the Pyramids the mementos of the pride and stupidity of the Egyptian kings, regards them as memorials of their wisdom and love of science. He supposes that their erection was antecedent to the invention of letters, but that, having reached a high degree of perfection in the arts and sciences, the ancient Egyptians made use of these immense structures to transmit to posterity the elements of their knowledge. (...) but it is difficult to conceive how the Egyptians could have attained to a degree of culture enabling them to build the Pyramids without a knowledge of letters ; and the arguments of these savans have been annihilated by the discovery of hieroglyphics within the structures themselves.
M. Jomard, however, gave the greatest eclat to the scientific theory of the origin and design of the Pyramids, by bringing forward the idea that the great pyramid presented, in each of its dimensions, an aliquot part of the terrestrial degree in Egypt. But could anything have been more profoundly stupid on the part of the ancient Egyptians than the erection of this immense structure, a labor more Herculean than that of building a city, merely to show the value of the terrestrial degree and the linear measure adopted in Egypt ? This theory, although supported by a long list of illustrious names, does not so well account for the erection of the Pyramids as that hazarded by Jancourt and accepted by Volney, to the effect that the kings constructed tombs, impenetrable and eternal, in accordance with the dogma that the souls of the dead would return, after wandering six thousand years, to reanimate the bodies they had left. (...)
Although F. de Persigny never visited Egypt, he has had the satisfaction of seeing most of his learned contemporaries in France adopt the ingenious theory developed by a careful study of the double question of the pyramids and the desert. (...)
Want of space forbids even an allusion to the reasons for giving the pyramidal form to these cyclopean structures, as also to the pneumatical facts and principles, whereby it can be shown that they were the best possible barriers to interrupt the progress of the desert. Suffice it to say, they answered admirably the purpose for which they were constructed. For centuries they protected the fertile land of Egypt, the domain of Osiris, from the rage of Typhon, and it was not until after many of them were thrown down or greatly mutilated that the desert passed beyond its ancient boundaries. Even in the time of the Romans the province of Ghizeh was so free from sand that the Sphynx could be seen and studied in all its parts. The pyramids suffered greatly under the Caliphs, and the consequences soon became apparent. Macrisi, an Arab historian of the 14th century, relates, that the province of Ghizeh having been overrun by the desert, the inundation of sand was attributed to the mutilation of the Sphynx by a fanatical scheik. But in demolishing the pyramids, in overturning these artificial mountains, they unconsciously destroyed the veritable talismans protecting their territory.
Philosophers and writers have in all ages declaimed against the pyramids. But it is to be remembered that whatever exalts the imagination, whatever carries us beyond ourselves, and exercises a moral utility is not in vain. These Titanian temples were raised by genius ; and even regarded as tombs, as funereal and eternal gateways built upon the confines of eternity, they give the impression of indescribable grandeur. Diodorus says : " All the people of Egypt, regarding the duration of life as very short and of little importance, make much, on the contrary, of the memorial of virtue, which is to be left behind. Hence they call the dwellings of the living inns, where one sojourns but for a day, but give the name of eternal mansions to the tombs of the dead, from which there is no departure."
Thus the kings of Egypt have been indifferent as to the erection of palaces, but have exhausted themselves in the construction of their tombs. What the works of Shakespeare and the songs of Homer are among the productions of the human mind, the pyramids of Egypt are among the monuments erected by the hand of man. But when the Sphynx is compelled to reveal the secret of ages, when we find that the pyramids were works of the greatest public utility, and that both science and the mild genius of religion determined and guided their erection, we can but regard them with increased admiration and regret that the labors of men and the wealth of nations are not always, even in this enlightened age, so judiciously employed.”

jeudi 11 novembre 2010

“Il se pourrait que les pyramides aient été construites de la manière la plus simple du monde et sans le secours de la science” (Dictionnaire Larousse - XIXe s.)

Dans une autre note, j’ai extrait du Grand dictionnaire universel Larousse du XIXe siècle, édité de 1866 à 1877, le rapide survol historique des théories consacrées aux pyramides d’Égypte, d’Hérodote aux historiens arabes.
La seconde partie de cet article du Dictionnaire suit à la trace certains auteurs plus modernes qui se sont lancés dans des conjectures ou hypothèses plus ou moins cohérentes sur la construction et la destination des pyramides de Guizeh.
L’un de ces auteurs a droit à un traitement “de faveur”, à savoir Piazzi Smyth (Smith), dont l’argumentaire est démonté point par point, sur un ton qui surprend dans un ouvrage tel qu’un grand dictionnaire. Délaissant l’analyse froide et impartiale de l’inventaire des théories, les auteurs des commentaires “se lâchent” et y vont franco, adoptant le style de l’humour grinçant pour taxer Piazzi Smyth de”mystification”.
Puis de conclure sur son sort en des termes qui seraient sans doute applicables, en certains cas, encore aujourdhui : “C'est de l'hallucination à haute pression et pyramidale. Et cela a l'immense inconvénient de fausser l'esprit de ceux qui croient parce que c'est écrit.”



Photo Marc Chartier

“D'après quelques auteurs qui se sont lancés dans des hypothèses gratuites, les pyramides n'auraient point été construites par les anciens Égyptiens ; elles auraient été l'œuvre d'une civilisation plus ancienne, détruite par quelque cataclysme géologique, un immense déluge, suivant les uns, une chute d'aérolithes ou d'un astre tout entier sur la terre, suivant d'autres ; parmi ces derniers, qui ont fondé leur système astronomique sur une prétendue chute du ciel, nous citerons Espiard de Colonge.
Les historiens arabes ou coptes, Armélius, Abumazar et Murtadi, prétendent avoir découvert dans des papyrus trouvés sur des momies plusieurs récits se rapportant à la construction des pyramides. Nous citerons celui-ci : “En ce temps-là, Souryd, fils de Sahlouk, roi d'Égypte, songea qu'il voyait un vaste corps céleste choir sur la terre en y répandant les ténèbres et faire en tombant des bruits horribles, épouvantables ; puis les populations décimées de cette contrée ne savoir ni par où ni comment se sauver de la chute des pierres et de l'eau chaude et puante qui tombait en même temps. Ces événements devaient se passer quand le Cœur du Lion serait arrivé à la première minute de la Tête du Cancer. Le roi Souryd ordonna la construction des pyramides.”
Les partisans du système de la chute du ciel prennent ce récit au sérieux ; ils vont même plus loin, puisqu'ils affirment que la lune aurait, dans sa rencontre avec la terre, sinon heurté, du moins couvert de pierres l'ancienne Égypte, pays que les pyramides n'auraient pas réussi à préserver. L'ancienne civilisation égyptienne aurait été anéantie. Ce système, qui ne repose sur rien de sérieux, rentre dans le pur domaine de la fantaisie.
L'hypothèse d'un déluge qui aurait détruit la civilisation inconnue dont les pyramides d'Afrique et d'Amérique seraient des échantillons n'est guère plus sérieuse. Voici le résumé des arguments opposés à Hérodote et aux écrivains grecs par les partisans de ce système, qui considèrent les pyramides comme antérieures aux derniers cataclysmes géologiques : “Elles furent, disent-ils, le travail de plusieurs générations d'un grand peuple très civilisé, très savant et qui ne ressemble en rien à la population actuelle de l'Égypte, ni à celle dont Hérodote croit pouvoir porter le chiffre à 6.000.000 d'habitants, chiffre assurément très exagéré. L'ancienne terre d'Égypte, avant son engloutissement, devait nourrir plusieurs centaines de millions d'habitants et posséder des machines d'une grande puissance et des outils d'une grande perfection, pour avoir pu mener à fin des travaux aussi gigantesques que les quinze ou vingt pyramides plus ou moins enfouies, qui existent encore ; car, d'après le rapport des savants de l'expédition d'Égypte, la seule pyramide de Chéops, si on voulait l'entreprendre aujourd'hui, emploierait plusieurs centaines de mille ouvriers, plusieurs millions de mètres cubes de pierre taillée et plusieurs milliards de francs. L'Europe tout entière, malgré ses ressources de toutes sortes, n'oserait aujourd'hui entreprendre un travail semblable aux seules pyramides. Et encore, n'oublions pas que, étant en contre-bas d'une profondeur peut-être égale à leur hauteur découverte, leur dimension cubique prend des proportions telles qu'on n'ose y songer.”
La prodigieuse puissance et la science que paraît avoir nécessitées la construction des pyramides ont été un sujet d'étonnement pendant des siècles. Il se pourrait cependant que ces pyramides aient été construites de la manière la plus simple du monde et sans le secours de la science. “Je suis étonné autant que personne, dit Letronne, de la patience et de l'adresse que les Égyptiens ont déployées en ces occasions (dans la construction de leurs monuments), mais j'ai toujours été fort éloigné de leur attribuer, comme on l'a fait souvent, une mécanique aussi perfectionnée, pour le moins, que celle des modernes. S'ils avaient possédé de telles ressources, les Grecs en auraient eu connaissance, eux qui, depuis Psammitique, parcouraient librement l'Égypte, et qui furent les témoins des immenses travaux de ce prince et de ses successeurs. Or, que la mécanique des Grecs fût encore à cette époque dans l'enfance, cela résulte du moyen grossier qu'employa Chersiphron, l'architecte du premier temple d’Éphèse, commencé au temps de Crésus et d'Amasis. N'ayant point de machine pour élever les énormes architraves de ce temple à la grande hauteur où elles devaient être portées, il fut réduit à enterrer les colonnes au moyen de sacs de sable formant un plan incliné, sur lequel les architraves étaient roulées à force de bras. Ce passage de Pline est une autorité historique en faveur de l'usage que les Égyptiens eux-mêmes faisaient du plan incliné pour porter les lourds fardeaux à un niveau élevé, car il est impossible que, s'ils avaient eu un moyen plus perfectionné et moins pénible, les Grecs de ce temps ne l'eussent point connu. C'est à l'aide de ce procédé que purent être élevés facilement les blocs des colonnes de la salle hypostyle de Karnak, qui ont 21 mètres de hauteur et 10 mètres de tour, ainsi que leurs énormes architraves. On enterrait toutes les colonnes à mesure qu'elles s'élevaient, et l'on allongeait graduellement le plan incliné ou l'on en multipliait les rampes, selon le besoin. Une application du même procédé, c'est-à-dire un plan incliné en spirale, à peu près tel que l'avait conçu Huyot, a fourni le moyen de dresser les obélisques, et cela sans autre secours, Comme chez les Indiens d'aujourd'hui (Letronne oublie que depuis un grand nombre de siècles, les Indiens ne construisent plus de pyramides ni d'obélisques), que celui des leviers et d'une multitude de bras habilement combinés. C'est ainsi que Rhamsès avait employé 120.000 hommes pour dresser un des obélisques de Thèbes, fait qui lui seul annoncerait l’extrême imperfection ou plutôt l’absence totale de moyens mécaniques. Et, en effet, dans aucune peinture égyptienne on n'aperçoit ni poulies, ni moufles, ni cabestans, ni machines quelconques. Si les Égyptiens en avaient eu l'usage, on en trouverait la trace dans un bas-relief d'Osortasen, qui nous représente le transport d'un colosse. On le voit entouré de cordages et tiré immédiatement par plusieurs rangées d'hommes attachés à des câbles ; d'autres portent des seaux pour mouiller les cordes et graisser le sol factice sur lequel le colosse est traîné. La force tractive de leurs bras était concentrée dans un effort unique au moyen d'un chant ou d'un battement rythmé qu'exécutait un homme monté sur les genoux du colosse. Si 1.000 hommes ne suffisaient pas, on en prenait 10.000 ou tout autant qu'on en pouvait réunir sur un point et pour une action. Ce bas-relief remarquable fait tomber bien des préjugés, en nous montrant que la mécanique des Égyptiens, comme cette des Indiens actuels et des Mexicains, qui, sous Montezuma, transportaient des masses énormes sans machines d'aucune sorte, a dû consister dans l'emploi de procédés très simples, indéfiniment multipliés et coordonnés habilement par une longue habitude de remuer de très lourdes masses.”
D’après Letronne, M. Prisse aurait vu à Thèbes les restes d'un plan incliné qui a servi à élever les énormes pierres d'un des pylônes de Karnak, ce qui permettrait de supposer que les pyramides ont été élevées à l’aide du même procédé.
Les anciens avaient émis diverses opinions sur la destination véritable ou probable des pyramides. Les modernes se sont livrés, sur le même sujet, à une foule de conjectures plus ou moins étranges.
Fialin, qui devint sous le second Empire duc de Persigny, dans un ouvrage intitulé De la destination et de l'utilité permanente des pyramides d'Égypte (1843), a vu dans les pyramides d'Égypte des digues destinées à s'opposer à l'irruption des vents du désert et à arrêter les sables qu'ils entraînent.
D'autres en ont fait des observatoires, sans songer que leur revêtement extérieur n'eût pas permis de les gravir et que la réunion de plusieurs édifices semblables sur un espace de peu d'étendue détruisait cette assertion, lorsque d'ailleurs des montagnes plus élevées, situées non loin de là, devaient mieux convenir à cet usage.
Certains, plus imaginatifs encore, en ont fait les greniers d'abondance de Joseph ; d'autres, enfin, le symbole de certaines croyances mystiques et le centre des initiations et de diverses cérémonies mystérieuses. Mahmoud-Bey, astronome du vice-roi d'Égypte, a communiqué en 1862 à l'Académie des sciences le résultat de ses recherches sur cette question : “Trois mille trois cents ans avant J.-C., dit-il, l'Étoile Sirius passait au méridien de Giseh. Les Égyptiens en furent si ravis qu'ils se mirent aussitôt à construire ces immenses pyramides, pour célébrer et consacrer à jamais cet heureux événement.”
Sérieusement, est-il admissible, si amateur ou si amoureux qu'il soit d'astronomie, qu'un peuple ait eu seulement l'idée de pareils travaux dans le but de consacrer une date qui n'intéressait en rien ni ce peuple ni les autres peuples de la terre.
Piazzi Smyth

Un autre système, non moins étourdissant, quoique plus récent (il est de 1867, mais plusieurs des idées de Dupuis, de Jomard et d'autres savants s'y trouvent rééditées), est l'œuvre de M. Piazzi Smith, astronome royal d'Écosse, directeur de l'observatoire d'Edimbourg. Ce savant, après avoir consacré quatre mois de sa vie à l'étude de la grande pyramide, a fini par accoucher de ce système :
1° Que la grande pyramide a été construite dans le dessein de fixer un système de poids et mesures pour servir à tout le genre humain. (Alors, pourquoi en avoir édifié quinze ou vingt autres ? Une seule devait suffire, il nous semble. C'était encore bien de la peine, bien du temps, bien des dépenses pour peu de chose, quand on songe qu'une règle de 1 mètre nous a suffi pour donner au monde le système décimal complet.)
2° Que l'unité linéaire de la grande pyramide est fondée sur la longueur du demi-grand axe de rotation de la terre dont elle est la dix-millionième partie. (Comment donc pouvaient le savoir ces anciens qui ne connaissaient pas l'étendue ni la forme de notre globe ?)
3° Que ladite grande pyramide donne en même temps le pouce (voila qui s'éloigne un peu du système décimal) et la longueur du côté d'un are. (Nous sommes persuadé qu'elle donnerait encore bien d'autres choses si on voulait se donner la peine de les lui demander.)
4° Qu'on y trouve la longueur d'une coudée, qui répond à l'ancienne aune de Prusse. (Qu’est-ce que la Prusse vient faire là ? La Prusse, un État tout moderne ! Voudrait-on faire remonter son origine aux pyramides ?)
5° Que l'unité de poids et de capacité de la grande pyramide est établie sur 1 unité linéaire précédente combinée avec la densité de la terre. (La science actuelle en étant encore réduite aux suppositions, aux approximations sur la densité de la terre, on se demande comment les Égyptiens du temps des Pharaons et des Hébreux ont pu en avoir une connaissance aussi exacte ?)
6° Que l'unité de chaleur de la grande pyramide est la température moyenne de toute la surface de la terre. (Comment peut-on savoir que les Égyptiens des Pharaons la connaissaient, cette unité de chaleur, puisqu'on ne la connaît pas encore à notre époque ?)
7° Que l'unité de temps et la division de la semaine en sept jours s'y trouvent aussi représentées. (Cet astronome, qui se paye toutes les audaces, n'y aurait-il pas trouvé aussi la semaine des quatre jeudis ? ...)
8° Enfin, que la grande pyramide était l'œuvre des Hébreux, appartenant à une période inspirée et à l'époque des anciens patriarches. (Toujours du mysticisme ! N'est-ce pas le cas de se demander si mysticisme ne vient pas de mystification ou mystification de mysticisme ?)
C'est de l'hallucination à haute pression et pyramidale. Et cela a l'immense inconvénient de fausser l'esprit de ceux qui croient parce que c'est écrit.
L'opinion la moins invraisemblable et la plus accréditée est celle qui envisage les pyramides comme de vastes tombeaux. On a trouvé des sarcophages dans les petites pyramides. De plus, dans des contrées autres que l'Égypte on a également construit des tombeaux en forme de pyramides. L'analogie permettrait de supposer que les grandes pyramides étaient destinées à cet usage. Mais,sans parler ici de l'opinion diamétralement contraire d'Hérodote, il est à remarquer que les grandes pyramides de Gizeh ne contiennent ni sarcophages ni momies. On peut dire, il est vrai, que ces sarcophages et momies ont été tous enlevés par les Arabes ; mais la difficulté est loin d'être résolue et elle ne le sera peut-être que quand les pyramides auront été complètement déblayées des sables qui en obstruent la base et visitées de fond en comble.
“Il reste toujours à expliquer, dit Jomard, qui paraît disposé à voir dans les grandes pyramides égyptiennes des monuments religieux plutôt que des tombeaux, dans cette unique destination (celle de tombeau) attribuée à la grande pyramide, non pas seulement pourquoi une si prodigieuse accumulation de pierres, mais pourquoi toutes ces galeries, tout ce luxe de construction de chambres et de canaux, enfin ce puits dont on ignore l'issue ou l'extrémité inférieure... Tout est mystérieux, je le répète, dans la construction et la distribution du monument : les canaux obliques, horizontaux, coudés, de dimensions différentes ; le puits si étroit; les vingt-cinq mortaises pratiquées sur les banquettes de la galerie haute ; cette grande galerie élevée, suivie d'un couloir extrêmement bas ; ces trois travées singulières qui précèdent la chambre centrale, et leur forme, leurs détails, sans analogie avec rien de ce que l'on connaît ; l'énorme bloc de granit suspendu au milieu de l'une d'elles ; tout, jusqu'à ces cavités profondes et étroites qui ont leur issue dans les parois de la salle centrale ; enfin, la chambre inférieure à celle du roi.”

Source : Gallica

Première partie de cette note