mardi 14 juin 2022

"Le sarcophage faisait partie de la construction" (Henri Motte, à propos de la Chambre du Roi, dans la Grande Pyramide)


Extrait de Petite histoire de l'art, 1896, par Henri Motte (1846-1922), peintre, architecte, illustrateur notamment (vingt-quatre grandes compositions) de l'Iliade, de Homère, traduction par Émile Pessonneaux.

illustration extraite de l'ouvrage de H. Motte

"La pyramide de Chéops, qui mesure à sa base 227 mètres, avait une entrée murée qu'il devait être impossible de découvrir quand le monument était intact. Cette entrée donnait sur un couloir en pente conduisant en ligne droite à une chambre souterraine que les eaux du Nil pouvaient inonder. Cette chambre est à 35 mètres au-dessous du niveau du sol et au centre de l'édifice. Quelques auteurs estiment qu'elle avait été construite pour assurer une demeure à la momie du pharaon, au cas où le monument n'aurait pas été terminé : nous ne partageons pas cette opinion.
À 35 mètres de l'entrée, à peu près au niveau du sol, le couloir en rencontrait un autre montant vers l'axe du monument. Au point de jonction de ces deux couloirs se trouvait un bloc de la grandeur du passage.
À une distance d'environ 40 mètres, le couloir débouchait dans une galerie inclinée et dans un passage horizontal. Par le passage, on arrivait à la chambre de la reine, tout en granit rose ; par la galerie on arrivait à une salle, dite du sarcophage, dont l'entrée était bouchée par quatre pierres faisant herse ; le visiteur, par conséquent, n'avait plus qu'à rebrousser chemin ; s'il avait la chance toutefois d'écarter les quatre herses, il entrait dans la grande salle ; après avoir traversé un vestibule, il se trouvait en face du sarcophage. Cette salle avait été construite avec un soin tout particulier ; elle est couverte par cinq plafonds de granit rose superposés et composés chacun de neuf pierres de 5 m. 64. L'espace qui sépare ces plafonds forme des chambres. Un seul côté des pierres est taillé, celui qui fait plafond.
Enfin, pour faire peser sur les côtés la pression qu'exerce la masse de pierres qui s'élève à 100 mètres au-dessus de cette chambre, les blocs sont placés en triangle, comme la charpente d'un toit, et dépassent dans leur projection la grandeur totale de plafonds inférieurs.
Quand on examine avec soin la structure de la pyramide, on constate que l'introduction d'un sarcophage en granit rose, comme celui que l'on y a découvert, était impossible à exécuter une fois le monument terminé : d'abord, à cause de la faible dimension des overtures, puis à cause de la disposition des passages intérieurs.
Le sarcophage faisait donc partie de la construction, et était mis en place avant la pose des monolithes formant le plafond. Non seulement le sarcophage était placé, mais la momie devait y être posée ; car il eût été presque impossible de la faire passer renfermée dans sa boîte par les ouvertures étroites donnant accès dans la salle royale.
En outre, le couloir est bouché par un bloc de grandeur égale à celle de ce passage et l'on ne peut admettre qu'on l'ait apporté quand le monument était terminé : où aurait-on pris son point d'appui ? Ni en arrière, puisque le bloc obstruait complètement l'ouverture ; ni en avant, puisqu'on se trouvait dans un couloir de 40 mètres de longueur, formant à un certain endroit un angle de 45 degrés dans le plan vertical.
S'il en est ainsi, la construction du monument aurait eu lieu après la mort du pharaon et les salles qui se trouvent au-dessous et qui ne contenaient aucun sarcophage auraient eu une destination inconnue.
La présence de l'eau dans la chambre, au-dessous du niveau du sol, ferait croire à l'idée, chez l'architecte, d'assurer la sécheresse du monument en construisant une sorte de puisard pour recevoir les eaux d'infiltration.
Quant à l'extérieur de la pyramide, qui aujourd'hui se présente sous la forme de grandes marches en calcaire, il est prouvé que ses gradins étaient recouverts de pierres triangulaires formant un revêtement lisse depuis le haut jusqu'en bas. Ce revêtement avait été placé en commençant par le haut, car il eût été impossible de se tenir et de travailler en montant sur une surface lisse.
D'après Philon, auteur grec, le revêtement aurait été fait par bandes de pierres : marbre blanc, basalte, porphyre et brèche verte.
Au sommet, il y aurait eu une pyramide dorée. À la base, un soubassement contribuant à l'aspect majestueux du monument.
Les pyramides étaient précédées de temples où se célébrait le culte en souvenir du défunt ; de larges chaussées bâties en gros blocs et élevées de plus de 16 mètres y conduisaient après avoir servi au transport de tous les matériaux.
Le grand sphinx y figurait le gardien de la nécropole ; sa tête était taillée dans un rocher et le reste du corps était en maçonnerie. La tête mesure 20 mètres de hauteur. On a retrouvé sur le monument des traces de peinture et l'on peut supposer que cette couleur avait pour objet de dissimuler la disparate des matériaux dont il était formé.
Bædeker, effrayé a l'idée de l'immensité du travail qu'il aurait fallu exécuter pour construire la pyramide d'un seul coup, émet l'hypothèse d'un système de construction partant d'un noyau central en pyramide.
Ce noyau aurait été enveloppé successivement par une série de constructions formant des parallélépipèdes et recouvertes par des plans inclinés.
Lepsius et d'autres supposent une série de plans parallèles recouvrant une pyramide centrale.
Ces explications, quoique ingénieuses, ne sont pas admissibles, car alors on trouverait dans les couloirs les points de raccord de ces travaux qui auraient du reste subi des tassements ou des glissements. Il faut admettre, comme nous l'avons dit, un plan arrêté d'avance, et, ce qui le prouve, c'est l'existence de pyramides inachevées, n'ayant que leur base de complète.
On trouve à Dachour d'autres pyramides en briques cuites qui n'ont pas été exécutées d'après un seul plan : elles sont formées par une pyramide tronquée recouverte par une pyramide ayant un sommet. Celle d'Illahoun est construite sur un roc ; deux murs de briques sont construits en forme de croix, suivant les diagonales du plan ; contre eux viennent s'appuyer d'autres murs parallèles au côté du rectangle de base, et formant comme les nervures d'une plante. Cette ossature est remplie par de la maçonnerie.
Il y avait aussi des pyramides à degrés qui paraissent avoir été construites au moyen de revêtements parallèles.
Au total, le principe de la pyramide rentre dans l'idée religieuse du mastaba. Le puits est remplacé par la chambre du sarcophage, le serdab par le couloir, la chambre d'offrande par le temple qui se trouve au pied du monument."

 

vendredi 3 juin 2022

La signification symbolique des pyramides égyptiennes, selon Ernesto Schiaparelli

Ernesto Schiaparelli (1856 - 1928) est un archéologue et égyptologue italien, qui consacra sa vie à l'Égypte antique.


On trouvera ci-dessous le texte intégral de son ouvrage Il Significato Simbolico Delle Piramidi Egiziane, publié en 1884.

Quelques extraits, traduits en français, de cet ouvrage :

"La pyramide était donc pour les Égyptiens le symbole du soleil rayonnant et, indirectement ou dans un sens plus large, du concept solaire en général : mais au-delà, elle en avait aussi un autre plus restreint ou mieux défini, qui a une importance toute particulière pour nos recherches, celui d'un symbole du soleil levant. Cela se déduit de la représentation de la pyramide qui s'élève entre deux montagnes : représentation qui se confirme ou s'illustre par le rapport dans lequel elle est placée au-dessus d'autres monuments avec un mythe essentiellement solaire, qui avait pour centre le sanctuaire d'Héliopolis.
Des nuées d'oiseaux aux plumes dorées et parfumées d'arômes passaient chaque année à certaines saisons sur l'Égypte venant d'Arabie, et tombaient en grand nombre dans les filets tendus par les Égyptiens : selon une légende, qui a dû se répandre parmi le peuple égyptien, parce qu'on le trouve répété par Hérodote, Tacite, Pline, Horapollon, etc. Chez eux, il y avait un oiseau, appelé phénix (...) qui venait se percher sur le sanctuaire d'Héliopolis une fois tous les cinq cents ans, un oiseau unique en son genre, qui en mourant donnait vie à un nouveau phénix, qui recueillait le corps de son parent et l'emmenait à Héliopolis, pour y mourir ensuite à son tour et céder sa place à un tiers. Il n'y a aucune indication positive de cette légende fantastique dans les textes religieux égyptiens, mais on y mentionne cependant souvent l'oiseau Bennu, adoré dans le grand temple d'Héliopolis, qui correspond sans doute au phénix des écrivains grecs ou latins. Le Bennu, qui, selon la légende, ne mourut pas avant d'avoir insufflé la vie à un nouvel être, nous apparaît dans les textes égyptiens comme le symbole de l'Âme divine qui existe malgré le changement ultérieur de formes ; il vit dans le soleil diurne, demeure dans le soleil nocturne et le fait renaître au matin, et donc, alors que dans un sens très large on l'appelait l'âme de Râ et d'Osiris, il représentait particulièrement cet instant de la course du soleil, dans laquelle ce dernier, se dégageant des ténèbres, renaît sur la crête des montagnes de la chaîne arabique.
À cet égard, le Bennu est représenté dans les inscriptions égyptiennes sur une pyramide qui s'élève entre deux crêtes montagneuses, et ainsi les deux parties de cette représentation symbolique s'illustrent et se confirment.
De l'étude du benben et de l'obélisque, dont celui-ci est l'élément essentiel ou générateur, ainsi que de son rapport avec le mythe du phénix, il ressort que la petite pyramide, vénérée dans les temples ou placée dans des tombes, était pour les Égyptiens le symbole du soleil rayonnant et, de façon secondaire et dérivée, du soleil levant. Les gigantesques pyramides de Gizeh, Abusir, Saqqarah, Dashur, Meïdoum, etc., non moins que les petites amulettes pyramidales, que l'on retrouve entre les bandes des momies, ont certainement été inspirées par les mêmes concepts, liés ou combinés avec le concept sépulcral : de ce concept complexe qui en résulte il est nécessaire d'avoir une idée très claire, puisque c'est le seul qui puisse nous donner la raison exacte de la destination, de la forme, de la taille et du nom même qui a été attribué à chacune des pyramides de la nécropole de Memphis.
Dans le soleil qui mourait chaque soir derrière la chaîne libyenne, envoyant les derniers rayons impuissants sur l'Égypte, et qui, en vertu d'une force mystérieuse et inexplicable, ressuscitait le lendemain matin pour mourir de nouveau le soir puis ressusciter à nouveau, les Égyptiens, parallèlement à ce que faisaient leurs frères chez les autres peuples, avaient concrétisé l'idée de l'Être infini et incréé, qui est la cause et la raison de leur propre existence ; celle-là même qui dans toute l'antiquité n'a été conservée dans sa pureté primitive, sans symboles et sans mythes, que par le peuple juif."


jeudi 2 juin 2022

Relation entre Fleur de Vie et Coudée Royale, par Marco-Virginio Fiorini

 

Existe-t-il une relation entre la Fleur de Vie et la Coudée Royale ?
Apparemment aucune. Et pourtant, au contraire, il en existe une. Commençons par comprendre de quoi il s’agit.


La Fleur de Vie est un symbole sacré qui nous vient de la nuit des temps.


Outre l'Égypte, ce symbole a été retrouvé également dans différents sites sacrés antiques tels que le Mont Sinaï, ou encore dans les pays suivants : Chine, Inde, Espagne, Allemagne, Tibet, Grèce, Suisse, Islande et Italie, pour n’en citer que quelques-uns.
Elle représente la Création, le Schéma de la Vie, la Connaissance, et la relation entre ces représentations.
Elle est aussi interprétée comme une représentation de l’univers et de ses implications infinies.
C’est un symbole qui est à la base de la Géométrie Sacrée.
Ce schéma sacré a été représenté un nombre incalculable de fois, autant par d’obscurs artistes que par de grands génies, tels que le grand Léonard de Vinci qui l’a étudié et reproduit des centaines de fois dans ses nombreux dessins.

La Coudée Royale (CR) est une unité de mesure égyptienne des plus importantes, qui servait à projeter et tracer sur les chantiers les lignes de construction des édifices importants parmi lesquels : tombes, temples, pyramides, espaces sacrés, etc.

Sa longueur effective, rapportée à notre système métrique, est exactement de 52,36 cm. Pas un millimètre de plus ou de moins.
La précision de cette mesure est due à la nécessité de la mettre en correspondance avec toute une série de Constantes Mathématiques que les Égyptiens connaissaient très bien. (1)


Pour expliquer comment il y a une relation directe entre la Fleur de Vie et la Coudée Royale, il est nécessaire de reconstituer brièvement un parcours qui part de ma conviction personnelle (aujourd’hui étayée d’une grande quantité d’éléments en sa faveur) que les Égyptiens connaissaient le Mètre.
Oui, vous avez bien lu : le Mètre !

Le Mètre
Bien que les Égyptiens de l’antiquité l'aient connu, il fut peu utilisé pour l’édification des édifices officiels, sacrés et importants, parce que cette unité de mesure n’était pas un multiple ou un sous-multiple des deux principales constantes mathématiques : le nombre Pi (π) (3,1416) et la Proportion Dorée (1,618).
Multiple non, mais entre le Mètre et ces deux Constantes s’établit une relation précise.

Voyons laquelle.

Si nous traçons un cercle d’un diamètre de 1 M, sa circonférence sera de 3,1416 (2). (Fig. 5)


Maintenant divisons la circonférence en 6 parts égales. (Fig. 6)
Pourquoi justement en 6 parts et pas en 5 ou en 7 ou encore un autre nombre ?
Parce que de cette façon il est possible de tracer un hexagone inscrit. (Fig. 7)
L’hexagone est l’unique figure de la géométrie plane qui possède un côté de la même longueur que le rayon du cercle qui le contient. Donc, si le rayon du cercle est = 50 cm, le côté de l’hexagone sera lui aussi de 50 cm. (Fig. 7)
Divisant tout le cercle en 6 parts égales, il se forme 6 "parts de gâteau" dont chacune aura un angle de 60° par rapport au centre. (Fig. 8)
La longueur de l’arc qui sous-tend l’angle correspondant de 60° (c’est-à-dire chaque part) est exactement de 0,5236 m, c’est-à-dire une Coudée Royale. Vérification:
3,1416 : 6 = 0,5236

Nous venons juste de démontrer la relation parfaite qui existe entre le Mètre et la Coudée Royale qui passe à travers le nombre Pi (π).
Mais auparavant, nous avons parlé de deux constantes. Il nous manque encore la Proportion Dorée. C’est juste.
La solution est plus simple qu’on pourrait le penser en premier lieu.
En fait en soustrayant à la valeur en mètre du nombre Pi (π) (3,1416), celle de la Coudée Royale (0,5236), on obtient 2,618 qui est le carré du Nombre d’Or (1,618). Soit: 3,1416 - 0,5236 = 2,618.
Par conséquent, pour conclure cette première partie préliminaire, nous pouvons affirmer qu’il existe une relation parfaite entre le Mètre, le nombre Pi (π), la Coudée Royale et le Nombre d’Or.

Mais à présent, retournons à la Fleur de Vie.
Comme on peut facilement le voir sur le dessin (Fig.9) la distribution des pétales est basée sur une étoile à 6 branches dont les extrémités sont inscrites dans un hexagone 
régulier. (Fig.10)
C’est un processus analogue à celui qui est présenté dans le Figure 7.

Comme le rayon utilisé pour tracer la circonférence de base (dans ce cas : 50 cm) est le même que celui qui a servi à tracer les pétales de la Fleur de Vie, je crois que l’on peut affirmer que chaque pétale de la fleur est composé de deux arcs de cercle d’une longueur égale à 0,5236 m et donc ayant la même dimension que celle d’une Coudée Royale.
Autrement dit, la Fleur de Vie est composée de 12 Coudées Royales dont le développement total équivaut au double du nombre Pi (π). En fait :
0,5236 x 12 = 6,2832 : 2 = 3,1416
Rappelons-nous que la symbolique du serpent est un des symboles mythologiques et magiques les plus répandus présents dans toutes les civilisations antiques, à commencer par l’Égypte (l'uræus avec lequel étaient représentés les pharaons et les reines de sang royal).
En analysant cela d’un point de vue graphique et symbolique, la figure de la Fleur de Vie peut être décomposée en d’autres éléments plus simples qui peuvent comporter différentes significations.
Dans le cas de la figure 11, les courbes peuvent s’interpréter comme deux serpents stylisés (rouge et bleu) s’entrecroisant. Ceci nous rappelle le caducée. (Fig.12)
La mue de la peau, typique des serpents, est un indice de renouvellement et de renaissance.
Nous ne pouvons pas oublier le serpent à plumes de la civilisation Maya (Quetzalcoatl), les deux serpents entrelacés d’Asclépios, dieu grec de la médecine, le culte d’Esculape version latine d’Asclépios, dont le bâton aux deux serpents entrecroisés orne les pharmacies modernes.
Rappelons-nous aussi le serpent d’Adam et Eve, celui de Moïse, le serpent de la tradition hindoue qui nous rappelle la tradition tantrique (Kundalini). Et pour finir avec le grand Carl Gustav Jung, le serpent symbolise l’énergie cosmique - divine - et celle de la psyché (libido).

Conclusion
La Coudée Royale, désormais proche de la Fleur de Vie et entrelacée avec elle, accède à un niveau supérieur d'importance.
Elle est non seulement une mesure, mais encore le paradigme d’une série de correspondances symboliques qui font comprendre maintenant pourquoi elle était si "vénérée" des Égyptiens de l’antiquité qui la placèrent à la base de toutes leurs constructions majeures et de celle, que je considère personnellement comme la "Mère de toutes les constructions" : la Grande Pyramide de Gizeh.
Elle est la gardienne silencieuse, mais ferme et décisive, de toute une philosophie constructive indissolublement liée à l’Harmonie. Concept qu’ils ont déifié sous le nom de Déesse Maât.
Sa proximité de la Fleur de Vie n'est pas une découverte, mais une confirmation.
Marco-Virginio Fiorini

(1) De quelles constantes parlons-nous ? Les deux constantes les plus connues sont le Nombre d’Or (1,618), le nombre Pi (π) (3,1416). Mais il y en a divers autres et parmi elles : la racine de 2 (1,414), la racine de 3 (1.732) et surtout la racine de 5 (2,236). Cette dernière très présente est liée à la Chambre du Roi. Les raisons qui poussèrent les Égyptiens à chercher ce type de correspondance n’est pas le thème de cet article. Cf. sur ce sujet mon ouvrage "Armonia Universale" - Editions Priuli et Verlucca - 2016.

(2) Pour trouver la circonférence d’un cercle quelconque, on multiplie la longueur du diamètre par le nombre Pi (π). Par conséquent, si le diamètre est égal à 1, la circonférence sera égale à Pi, soit 3,1416.


Traduction des légendes des illustrations

Fig. 1 :  Fleur de Vie. De temps en temps, on trouve ce symbole avec la dénomination d'Étoile des Alpes. C'est une exagération moderne, utilisée à des fins touristiques, commerciales et même politiques.

Fig. 2 : Une composition de différentes "Fleurs de Vie" entrelacées, analogue à celle sur les pilastres de l'Osireion à Abydos (Égypte), à l'arrière du Temple du pharaon Séti Ier

Fig. 3 : Abydos. Deux exemples de Fleurs de Vie gravées sur les pilastres de l'Osireion voisin du temple de Séti Ier

Fig. 4 : Coudée Royale en or, exposée dans la salle qui contient le tombeau de Khâ, au Musée égyptien de Turin

Fig. 5 : Si le diamètre = 1, la circonférence = 3,1416

Fig. 6 : Cercle divisé en 6 parties égales

Fig. 7 : Insertion d'un hexagone

Fig. 8 : La longueur de l'arc AB correspond exactement à celle d'une coudée

Fig. 9 : Fleur de Vie (base hexagonale)

Fig. 10 : Fleur de Vie inscrite dans un hexagone

Fig. 11 : Courbes sinueuses, comme celles d'un serpent

Fig. 12 : Le caducée (symbole des pharmaciens)

jeudi 3 mars 2022

EGP : Une nouvelle mission d'exploration de la Grande Pyramide


Résumé proposé par la mission EGP (The Exploring the Great Pyramid)

"The pyramids of the Giza plateau have fascinated visitors since ancient times and are the last of the Seven Wonders of the ancient world still standing. It has been half a century since Luiz Alvarez and his team used cosmic-ray muon imaging to look for hidden chambers in Khafre’s Pyramid. Advances in instrumentation for High-Energy Physics (HEP) allowed a new survey, ScanPyramids, to make important new discoveries at the Great Pyramid (Khufu) utilizing the same basic technique that the Alvarez team used, but now with modern instrumentation. The Exploring the Great Pyramid Mission plans to field a very-large muon telescope system that will be transformational with respect to the field of cosmic-ray muon imaging. We plan to field a telescope system that has upwards of 100 times the sensitivity of the equipment that has recently been used at the Great Pyramid, will image muons from nearly all angles and will, for the first time, produce a true tomographic image of such a large structure.(...)
The Exploring the Great Pyramid Mission takes a different approach to imaging large structures with cosmic-ray muons. The use of very large muon telescopes placed outside the structure, in our case the Great Pyramid of Khufu on the Giza plateau, can produce much higher resolution images due to the large number of detected muons. In addition, by moving the telescopes around the base of the pyramid, true tomographic image reconstruction can be performed for the first time. The detector technology employed in the telescopes is well established and prototyping of specific components has already begun. Initial simulation results for the EGP Mission provide convincing evidence that the concept can provide powerful new insight into structural details of the Great Pyramid of Khufu. We have shown that all of the known structure (exclusive of the air shafts) can been seen in our 2D reconstruction in addition to the “New Big Void” and a hypothetical second King chamber put into our model. Initial results with the application of full tomographic reconstruction show the expected improvement over 2D reconstruction, but the reconstruction is still under development. We expect that full implementation and optimization of the tomographic reconstruction will improve the imaging capability of the EGP telescopes further."

L'article "Tomographic Muon Imaging of the Great Pyramid of Giza"https://arxiv.org/pdf/2202.08184.pdf



Articles publiés sur cette mission :

"Archeologists are Planning to Scan the Great Pyramid of Giza With Cosmic Rays With Such Detail, They Should see Every Hidden Chamber Inside" - UniverseToDay February 28, 2022 by Evan Gough 

mercredi 2 février 2022

Le sarcophage de Mykérinos : porté disparu

Le sarcophage de Mykérinos - Ebers, Georg. "Egypt: Descriptive, Historical, and Picturesque." Volume 1. Cassell & Company, Limited: New York, 1878

Mykérinos "la divine". Cette pyramide, troisième par ordre de construction, de dimensions et de préséance sur le plateau de Guizeh, n’a rien à envier à ses deux aînées au chapitre des "mystères". Elle recelait en effet dans ses entrailles un sarcophage qui, près de deux siècles après sa découverte, est toujours porté disparu. Une énigme qui a suscité et continue d’inspirer maintes interrogations, supputations, hypothèses… Même la BD est de la partie, avec les "Aventures du Professeur Baltimont" (éditions Clair de Lune, 2015), imaginées par Jean-Louis Aguila (JAL), sous le titre précisément "Le sarcophage de Mykérinos".

Pénétrant en 1837 dans la pyramide par sa face Nord, le colonel britannique Richard William Howard Vyse (1784-1853), accompagné de l’ingénieur égyptologue John Shae Perring (1813-1869), découvre deux chambres superposées. 

Dans la première, à 6 m de profondeur, il trouve dans une fosse un sarcophage en bois. Voici le récit que donne Maspero de cette découverte : "Le cercueil en bois de cèdre avait la tête humaine et le corps en gaine : il n'était ni peint, ni doré, mais une inscription en deux colonnes, incisée sur le devant, contient le nom du Pharaon et une prière à son intention : 'Osiris, roi des deux Égyptes, Menkaourî, vivant éternellement, enfanté par le ciel, conçu par Nouît, chair de Sibou, ta mère Nouît s'est étendue sur toi en son nom de Mystère du Ciel et elle a accordé que tu sois un dieu et que tu repousses tes ennemis, ô roi des deux Égyptes Menkaourî, vivant éternellement.' Les Arabes éventrèrent la momie, pour voir si elle ne renfermait pas quelque bijou précieux, et n'y découvrirent que des feuilles d'or, probablement un masque ou un pectoral chargé d'hiéroglyphes. Lorsque Vyse rouvrit le caveau en 1837, les ossements gisaient dispersés au hasard dans la poussière, pêle-mêle avec des amas de chiffons salis et de bandelettes en laine jaunâtre." ("Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique").

Le cercueil est d’une époque tardive (XXVe ou XXVIe dynastie) et les ossements, ayant fait l’objet d’une datation au radiocarbone, sont encore plus récents (moins de 2.000 ans). Vyse décide de faire transporter les éléments du sarcophage, dont quatre grandes planches du couvercle avec des hiéroglyphes, et les ossements au British Museum de Londres.
Dans l’autre chambre funéraire, située en dessous de la précédente, une autre découverte attend les archéologues : un magnifique sarcophage en basalte, vide et sans la moindre inscription, mais orné de motifs sculptés en forme de façade de palais. "Le sarcophage, précise Maspero, était un seul bloc de basalte bleu noir, poli et sculpté en forme de maison, avec une façade percée de trois portes et de trois fenêtres à claire-voie, encadrée d'un tore, surmontée de la corniche saillante à laquelle les temples nous ont accoutumés."

Les débris du couvercle jonchent le sol, à côté du sarcophage.
Et Vyse de prendre, sans consulter qui que ce soit, au nez et à la barbe de Méhémet Ali, la décision de l'envoyer et de l’offrir au British Museum. "J’étais convaincu, écrit-il, que vu la nature fragile de la pierre dont il était composé, il aurait été rapidement entièrement détruit si on l’avait laissé dans la pyramide ouverte." Pour ce faire, Vyse ordonne de faire démonter les parois de granite qui tapissent le couloir d'accès à la chambre funéraire du roi, le sarcophage étant trop large pour passer par ce chemin. Pour la même raison, il fait enlever les jambages de la porte d'accès à la chambre des herses dont seuls le linteau et la partie basse d'un des jambages subsistent aujourd'hui. Le sarcophage est finalement tiré hors de la pyramide par la descenderie au prix d'efforts considérables, son volume occupant presque tout l'espace du couloir. Il est alors emballé dans une caisse, acheminé jusqu'à Alexandrie et embarqué pour l'Angleterre. (source : Wikipedia)

Une autre histoire commence alors.

Le bateau "Beatrice", un brick marchand battant pavillon anglais, quitte le port d’Alexandrie dans le courant de l’automne 1838, avec son précieux chargement. Mais pour une raison non élucidée, il ne parviendra jamais à destination. A-t-il été intercepté sur son parcours ? A-t-il sombré au cours d’une violente tempête sur les côtes du Portugal ou d’Espagne ? Dans son "Loss and Casualty Book", la compagnie d'assurance de la Lloyd mentionne, à la date du jeudi 31 janvier 1839, que le navire marchand Beatrice : "a appareillé d'Alexandrie le 20 septembre et de Malte, le 13 octobre, pour Liverpool. Puis plus aucune autre nouvelle." Le précieux sarcophage gît-il encore dans l’obscurité de quelque fond marin ? 

L’histoire semble s’arrêter ici, même si quelques questions restent en suspens. Que s’est-il réellement passé entre le départ d’Alexandrie et le départ de Malte ? Sans aller pour autant jusqu’à l’accusation de "crime archéologique" que d’aucuns suggèrent, de quel droit Vyse s’est-il réclamé pour vouloir exporter le sarcophage, en prétextant qu’il s’agissait d’un objet "fragile" nécessitant un traitement spécial impossible en Égypte ? 

Pour tenter d’élucider ce qui reste en effet un mystère, l’idée d’une exploration sous-marine aurait été émise avec pour but de rechercher le lieu précis du naufrage et, pourquoi pas, de repérer le sarcophage de Mykérinos. Les explorateurs sous-marins Robert Ballard, qui a découvert l'épave du Titanic, et Franck Goddio auraient été pressentis pour cette opération placée sous la responsabilité du ministère des Antiquités égyptien, dans le cadre d’une mission conjointe égypto-espagnole. Puis un événement majeur est venu s’interposer dans le déroulement de ce projet : la Révolution de janvier 2011. Et, à notre connaissance, ledit projet est actuellement au point mort, si ce n’est qu’il semble être la source d’un bel imbroglio juridique concernant la propriété des "trésors" enfouis dans les fonds sous-marins. Avec les spécificités de ce cas précis : une antiquité égyptienne, sur un navire britannique, dans les eaux espagnoles....

Vue perspective du sarcophage de Mykérinos d'après Perring

Tome I de "l'histoire de l'art dans l'antiquité", Perrot et Chipiez, 1882


Il ne nous reste aujourd’hui, comme seul témoignage du sarcophage de Mykérinos, qu'un dessin établi par Perring qui assistait alors Howard Vyse dans ses travaux d'exploration des pyramides pour le compte du British Museum. 

Marc Chartier

sources :
Jean-Jacques Fiechter, Mykérinos : le dieu englouti, Maisonneuve & Larose, 2001
Egyptos.Net - L'Égypte des pharaons Actualité Égypte (archives 2008
Gaston Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique

lundi 13 décembre 2021

"L'érection des pyramides fut l'accomplissement d'une pensée qui tenait aux croyances religieuses les plus profondes, relativement à l'avenir" (duc de Raguse)

photo de Luigi Fiorillo (1847 - 1898)

"J'étais impatient de voir de près ces monuments gigantesques, les plus extraordinaires que jamais les hommes aient construits. L'étendue et la difficulté des travaux ont exigé une accumulation de moyens proportionnés, et par conséquent immenses : il a fallu, pour élever ces édifices, sans utilité pour les vivants, une constance inouïe, et que leurs fondateurs pussent disposer d'une foule innombrable d'esclaves. L'érection des pyramides n'a pas été le caprice bizarre d'un seul souverain, non plus qu'une entreprise isolée et unique ; ce fut l'accomplissement d'une pensée qui tenait aux croyances religieuses les plus profondes, relativement à l'avenir. Ces croyances étaient universelles, car chacun réalisa la même pensée suivant ses facultés, et il en résulta ce nombre considérable de pyramides, grandes ou petites, encore existant aujourd'hui, ou dont on retrouve les débris. Ces idées n'avaient pas pris naissance en Égypte : elles appartenaient aux peuples primitifs de la vallée du Nil, puisque l'île de Méroë, dans le Sennaar, plaine sortie du sein des eaux avant l'Égypte, est remplie de monuments semblables.
L'impression que les pyramides de Ghizéh font éprouver varie d'une manière singulière, selon la distance d'où on les voit. En remontant le Nil, dès qu'on les a découvertes à l'horizon, elles grandissent constamment à l'œil, à mesure qu'on avance vers le Caire ; près de cette ville on dirait que ce sont des montagnes, et quand on réfléchit que ces montagnes si régulières sont sorties de la main des hommes, l'étonnement s'unit à l'admiration. C'est ce que nous éprouvâmes, il y a trente-huit ans, quand nous nous disposions à combattre à leur ombre et que Napoléon nous disait : "Soldats, du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent !"
C'est du Caire que les pyramides apparaissent dans toute leur gloire. Digne ornement d'un pays dont les souvenirs ont tant d'éclat et remontent si haut dans les siècles écoulés, elles sont là comme pour rendre témoignage de ce que fut cette contrée que nous avons peine à comprendre, et qui exerça sur le monde une puissance que son étendue et sa population ne semblaient pas lui promettre. Une résidence habituelle au Caire accoutume à regarder les pyramides comme une des nécessités de cette terre, comme une parure qui lui est propre ; on ne conçoit pas que le paysage puisse en être dépouillé, elles en font partie comme un ouvrage de la nature.
À mesure qu'on approche des pyramides on croirait qu'elles s'abaissent et que leurs dimensions s'amoindrissent. Soit que l'œil s'habitue à leur aspect imposant, soit que le désert uni et monotone qui les entoure, n'offrant aucun point de comparaison, empêche d'apprécier leur masse énorme, il est certain que l'effet qu'elles produisent va toujours en s'affaiblissant. On le sent et l'on s'en étonne, sans pouvoir se soustraire à celte impression ; mais elle est passagère. Quand on arrive jusqu'à les toucher, quand on lève la tête et que les regards s'élancent vers leur sommet, lorsqu'enfin on en fait le tour et qu'on mesure ainsi leur étendue, la surprise renaît, et, en se rappelant les plus grands monuments que l'Europe possède, on se dit que si l'église de Saint-Pierre de Rome ou celle de Strasbourg étaient transportées ici, la croix qui les domine ne serait pas de niveau avec la plate-forme ; que si le Louvre était adossé à cette pyramide, le faîte ne correspondrait pas à la moitié de sa hauteur ; alors l'admiration subjugue, et ce que vous voyez a le prestige d'une illusion des sens."


extrait de Voyage en Hongrie, en Transylvanie, dans la Russie méridionale, en Crimée et sur les bords de la mer d'Azoff, à Constantinople et sur quelques parties de l'Asie Mineure, en Syrie, Palestine et en Égypte, Volumes 4 à 5, 1841, par
Auguste-Frédéric-Louis Wiesse de Marmont (1774-1852), Duc de Raguse. Ce Maréchal de France participa aux campagnes de Napoléon, le "trahit" à Fontainebleau en 1814, puis servit les Bourbons, dut défendre les ordonnances en 1830 comme commandant de l'armée de Paris, et volontairement s'exila, voyageant en Autriche, en Syrie, en Palestine et dans les États de Venise.

La pyramide de Chéops est "la plus durable des créations humaines" (D. S. Merejkovski )


Photo Zangaki, vers 1880
"La Pyramide de Chéops - deux millions trois cent mille blocs de pierre de deux tonnes et demie chacun - le poids le plus lourd qu’aient jamais élevé des mains humaines ; et la branche légère de mimosa posée sur le cœur du mort : n'est-ce pas là la même force, la même volonté de Résurrection dans cette pesanteur et dans cette légèreté ?

"Je ne peux pas décrire, car de deux choses l’une : ou bien mes paroles ne rendront pas la millième partie de ce qu’il faut dire ou, si j'en donne l’image la plus pâle et la plus faible, on me prendra pour un homme exalté, peut-être même pour un fou. Je ne puis dire qu’une chose : ces hommes bâtissaient comme des géants hauts de cent coudées." C’est Champollion qui parle ainsi de toute l'architecture égyptienne et l'on pourrait dire cela des pyramides en particulier.

C'est Philon de Byzance qui en parle le mieux dans son livre Des sept merveilles du Monde : "Les hommes y montaient vers les dieux, et les dieux y descendaient vers les hommes."

(...) Ç’aurait été une tâche difficilement réalisable, même avec nos moyens techniques actuels, que d’aménager comme le firent les architectes égyptiens de la IV° dynastie, dans l’épaisseur de masses de pierre telles que les Pyramides, des chambres intérieures, des couloirs, des galeries qui, malgré une pression de dizaines de millions de kilogrammes, conservent après soixante siècles leur régularité primitive, sans avoir dévié d’un point.
Dans le tombeau de Chéops, malgré des milliers d’années, malgré les tremblements de terre qui ébranlèrent toute la masse de la pyramide, pas une pierre n’a bougé d’un cheveu. Jamais personne n’a bâti et probablement ne bâtira plus solidement. C’est la plus durable des créations humaines.

Les blocs cyclopéens de granit sont si exactement joints qu'on ne peut glisser entre eux une aiguille ; ils sont polis comme une glace, et leurs facettes sont pareilles aux facettes d’un cristal parfait.
L’erreur moyenne de la pose des pierres égale un dix-millième par rapport à la longueur, au carré, à l’horizontalité mathématiquement exacte. Si parfaite est cette pose, les blocs de plusieurs tonnes sont assemblés avec une telle précision que les plus larges interstices ne dépassent pas un dix-millième de pouce. Les facettes et les arêtes ne le cèdent en rien au travail de nos opticiens modernes.
C'est la perfection, non plus du cristal, mais du vivant tissu organique.

Les rois constructeurs des pyramides furent "des tyrans cruels qui obligèrent le peuple à élever des tombeaux inutiles, témoignage de leur vanité insensée". La confiance naïve avec laquelle Hérodote raconte cette fable montre à quel point les Grecs eux-mêmes avaient déjà perdu la clé de l'antiquité égyptienne. Non, ces rois ne furent pas de cruels tyrans, mais des libérateurs qui délivraient du plus honteux des esclavages - l'esclavage de la mort, et la conduisaient victorieusement vers la Résurrection.

Si une tension, une concentration aussi inouïe des forces physiques et spirituelles d’un peuple entier fut possible, c’est seulement parce que la volonté d’un seul coïncida avec la volonté de tous. Et ce n’est point dans une tristesse servile que durant vingt années ces cent mille hommes peinèrent après la pyramide de Chéops, mais dans une joie enivrante, dans une sage démence, dans une perpétuelle extase de la foi et de la prière. Ce n’est pas le gémissement des victimes qui monte de dessous ces prières, mais le cri victorieux de l’homme qui a vu pour la première fois le chemin ouvert dans le ciel par la pointe des pyramides.

extrait de Les mystères de l'Orient, par Dmitri Sergueïevitch Merejkovski (1865 - 1941), écrivain et critique littéraire russe. Traduction du russe par Dumesnil de Gramont

"Les pyramides correspondent aussi à certaines constructions de l'esprit, qui ne sont certainement pas tout à fait intelligibles à l'homme d'aujourd'hui" (Marcel Brion)

photo de Félix Bonfils (1831-1885)

"Si l'on pouvait embrasser d'un seul coup d'oil les soixante-dix pyramides qui parsèment le sol de cet extraordinaire cimetière qu'est l'Égypte, on aurait certainement un des spectacles les plus étranges et aussi les plus caractéristiques que puisse nous présenter ce singulier pays. L'imagination populaire a été si frappée par ces édifices que, pour beaucoup, l'Égypte est essentiellement la terre des pyramides. Et c'est, en effet, une des curiosités que le visiteur, souvent si pressé et si superficiel, n'aurait garde de manquer.
Les voyageurs d'autrefois, un Diodore de Sicile, un Hécatée de Milet, un Hérodote, s'émerveillaient des pyramides, autant que le touriste moderne. Pour eux, d'ailleurs, les "Pyramides", c'était le célèbre trio de Giseh, qui rassemble les plus monumentales et les plus renommées ; ils ignoraient, ou dédaignaient les autres, d'aspect moins colossal et moins imposant ; moins bien conservées aussi et d'un accès moins facile. Leurs dimensions énormes ont frappé les soldats de la demi-brigade qui accompagnait Bonaparte, et son escorte de savants. C'est par elles qu'ont commencé les travaux de l'égyptologie. Elles demeurent le monument le plus connu, le plus étudié, le plus spectaculaire aussi, et à vrai dire, pour le profane, le plus saisissant.
Ces monuments sont importants à plusieurs titres, d'abord comme édifices représentatifs de certaines formes d'expression et de pensée, puis comme témoins de moments capitaux de l'histoire de l'Égypte. Il y a dans cette histoire, l'"époque des pyramides". Avant elle, les tombeaux étaient de vastes constructions terrestres, à l'image du palais, et s'efforçaient de reproduire celui-ci exactement dans tous ses éléments, contenant et contenu.
Après l'"époque des pyramides", les rois préféreront creuser leur tombe dans la montagne elle-même, plutôt que d'accumuler une montage artificielle, au-dessus et autour de leur chambre sépulcrale. Ils penseront rendre, par ce moyen, leur dernière demeure inaccessible aux importuns qui voudraient troubler leur repos. Les caveaux royaux des pyramides ont probablement été pillés d'assez bonne heure, ce qui incita les pharaons à adopter un autre genre de sépulture.
Les pyramides correspondent donc à certaines données architecturales mais aussi à certaines constructions de l'esprit, qui ne sont certainement pas tout à fait intelligibles à l'homme d'aujourd'hui. En tant que phénomène artistique et en tant que phénomène historique, les pyramides cernent une période de l'histoire égyptienne, dans laquelle on put englober des monarques par ailleurs aussi différents que le sont ceux des IIIe, IVe et Ve dynasties. Chez tous ces pharaons on constate, en effet, un goût croissant de la grandeur, allant jusqu'à l'excès et la démesure, une plus forte emprise du pouvoir monarchique, un sens extraordinaire de la vie d'outre-tombe, qui les conduisent à bâtir ces prodigieux tombeaux.
Étudier l'évolution, puis la décadence de la pyramide elle-même, c'est écrire l'histoire de ces rois. Rien ne résume mieux le caractère et la signification de leur règne que le tombeau qu'ils se sont construit.
Chaque pyramide, en effet, est l'œuvre du roi qui doit l'habiter pour l'éternité. Il n'a pas assez de confiance dans la piété de ses successeurs pour croire que ceux-ci lui-donneront une sépulture digne de lui. Il s'assure, de son vivant, la maison de son immortalité. Il en commence la construction au moment où il monte sur le trône. Il arrive même parfois que, pour quelque raison mal définie, le premier tombeau lui paraissant insuffisant, il en fasse construire un second, plus digne, semble-t-il, de sa puissance, de sa richesse et de sa majesté.
Étudier les pyramides c'est, en réalité, rassembler les données les plus importantes sur l'histoire d'Égypte entre 2778 environ et 2142 selon la chronologie la plus sûre ; il existe aussi des pyramides tardives mais celles-ci sont, historiquement, esthétiquement, des archaïsmes. Les pyramides ont beaucoup à nous apprendre, mais elles gardent aussi beaucoup de secrets. Ceux-ci ne sont pas toujours ce qu'on appelle les fameux "secrets des Pyramides" dont la recherche plaît aux amateurs de chimères et aux abstracteurs de quintessences, quoiqu'il soit certain que la science égyptienne, dès ce temps-la, possédait en astronomie, en mathématiques, des connaissances prodigieusement développées et, qu'au point de vue ésotérique, elles soient riches des significations les plus singulières et les plus intéressantes."


extrait de Histoire de l'Égypte, par Marcel Brion (1895-1984), essayiste, historien d'art, romancier, avocat, critique littéraire, grand voyageur, élu à l’Académie française le 12 mars 1964. 

jeudi 25 février 2021

La construction des pyramides égyptiennes selon Leslie Grinsell - 5e partie : méthodes de construction, chronologie

Methods of Construction.

As outlined for pyramids in the preceding pages, apply in principle also to the building of the temples, causeways, temenos walls, and other structures forming the pyramid complex, except insofar as the different types of structure required different individual treatment. 
The special problems involved in the building of the pyramid temples are outside the scope of this work, and the reader is therefore referred to the works of Choisy, Reisner, and Clarke and Engelbach (...). 

Sequence of Building

Evidence of the order in which the various parts of the pyramid complex were built is derived from unfinished pyramid complexes, and from dated inscriptions on some of the stones used. It was broadly as follows :
(1) The substructure of the pyramid was hewn out of the rock (example : Zâwyet el Aryân, North, where the building of the pyramid advanced little beyond this stage). 
(2) The sarcophagus was placed in the tomb chamber before the rest of the pyramid was built (example : Zâwyet el Aryân north pyramid). In at least one instance (Neit) the sarcophagus was placed in the tomb chamber in a rough-hewn condition.
(3) The sarcophagus chamber and other parts of the interior were walled, paved, and roofed (probably in that order). 
(4) The causeway was then, or perhaps earlier, built for transporting limestone and other materials. 
(5 ) The pyramid superstructure was added. 
(6) The casing blocks were dressed after being placed in position. 
(7) The upper temple was built after the pyramid was nearly completed, as shown by dated stone blocks from the pyramid complexes of Khendjer and Ammenemes.
(8) After the causeway had ceased to be used for transport of stone for the pyramid, temenos wall, and upper temple, it was paved, walled, and roofed. 
(9) The lower temple was probably built last of all. 
Although the main building sequence was most likely as outlined above, it should be noted that at the time of the death of Mycerinus his pyramid, upper temple, and lower temple were all well advanced although none had been actually completed. The lengthy process of dressing the pyramid casing must have proceeded while the other parts of the pyramid complex were being built. 

The Time Taken to construct the Pyramid Complex

It was said by Herodotus that it took ten years to build the causeway and twenty years to construct the pyramid of Kheops. As there are about 2,300,000 blocks in this pyramid, a building period of 20 years would have implied the quarrying, transport, and laying of over 300 blocks a day throughout each year. Available evidence suggests that the larger pyramids of the Old Kingdom may have taken between 20 and 30 years to build, although about 4 years would have been enough for some of the smaller pyramids of the Middle Kingdom, which were not well built.
The following table embodies the chief available data :



(...)

Maintenance.

The drain on the country’s resources did not end when the pyramid complex was completed ; for a large staff of priests, overseers, and other officials were maintained, not only during the king’s lifetime but also for some centuries after his death. It was inevitable that such a state of affairs could not long continue, and the system eventually collapsed for economic and other reasons. Some of the kings were not above rewarding their favourites with funds misappropriated from the mortuary endowments of their predecessors.
With the passage of time each pyramid complex tended to be built smaller and smaller, and more and more crudely, although some exceptions there naturally were. By the latter part of Dynasty XII the main body of pyramids had degenerated to mud-brick, limestone being reserved merely for the internal chambers and passages and external casing. After Dynasty XIII no more pyramids were built, except some very degenerate examples not to be compared with those of the Old and Middle Kingdoms. Very soon afterwards the whole sixty-mile range of pyramids from Gîza to Maidûm had become a desert solitude.

extrait d' Egyptian Pyramids, 1947, par Leslie Grinsell (1907-1995), archéologue et conservateur de musée anglais. Durant la Seconde Guerre mondiale, il a rejoint la Royal Air Force et a servi en Égypte, où il s'est familiarisé avec les vestiges archéologiques de l'Égypte antique. 

La construction des pyramides égyptiennes selon Leslie Grinsell - 4e partie : la superstructure, l'intérieur et l'extérieur, la fermeture des pyramides

illustration extraite de l'ouvrage de Grinsell

The Superstructure

(a) Interior (Old Kingdom Pyramids)

(1 ) The Core. In the earliest pyramids, such as the Step Pyramid of Djeser at Saqqâra and the pyramid of Snefru at Maidûm, the substructure was covered by a mastaba-like edifice, either rectangular (Djeser) or square (most other examples), having a slope-angle of 75-80 degrees. The Step Pyramid was formed around this core by the addition of masonry both vertically and horizontally, giving the impression of a series of mastabas one above the other. Until the early part of Dynasty XII the core of the pyramids was usually of blocks of coarse limestone, faced with rather larger blocks.

(2) The Intermediate Walls. The royal tombs of Dynasty II were conjecturally reconstructed by Reisner with a series of walls outside of the mastaba-core. From Dynasty III onwards these walls occur in every pyramid sufficiently ruined to display its structure until the end of the Old Kingdom and probably the beginning of the Middle Kingdom. According to Petrie they were 'for binding the structure, and in a traditional succession from the primitive mastaba’. The intermediate walls were placed one outside the other, the outer ones being lower than the inner, on all four sides of the core, thus producing a stepped-pyramidal form. The slope angle of each wall was about 70 degrees, but steeper slopes occasionally occur.
Each intermediate wall consists normally of two parts :
a. The body of small blocks of coarse limestone.
b. The casing of large blocks of finer limestone.
The Step Pyramid at Saqqâra is essentially a very high mastaba core surrounded by a series of walls. The tops as well as the sides of these walls were cased with fine white limestone blocks which were dressed and smoothed into the finished stepped structure. The intermediate walls of Snefru at Maidûm were likewise cased with fine white limestone which was dressed smooth although later hidden behind the final casing of the pyramid ; for in this instance the gaps between the steps were filled in to form the earliest known true pyramid. From Dynasty IV onwards the facing of the intermediate walls was left rough. The construction of the various walls probably proceeded together at the same time and more or less at the same level. Good examples of exposed intermediate walls are to be seen at the Maidûm pyramid of Snefru, the small pyramids near those of Kheops and Mycerinus at Gîza, and the pyramids of Abu Sîr.

(3) The Backing Stones. After filling in the triangular gaps between the steps of the intermediate walls, it was necessary to add well-laid masonry which was to constitute a backing for the casing of the pyramid. These backing stones are nearly always of fine white limestone. In some instances the fitting together of the backing stones does not fall far short of the quality of jointing of the casing blocks. The outer faces of the backing-stones were often inscribed with graffiti written thereon by the architects, builders’ scribes and others. Some of them are of the nature of vertical and horizontal lines with extended triangles, and measurements in cubits ; these are evidently for measuring the progress of the work and checking the batter of the pyramid. Other graffiti, such as one on the west side of the pyramid of Neit at S. Saqqâra record the state of advancement of the building on a particular date. Others give the names of the crews of workmen employed, the name of the king whose tomb was being built, and other details.


(b) Interior (Middle Kingdom Pyramids)

Instead of having a core, intermediate walls, and backing stones, the pyramids of the Middle Kingdom were nearly all built on a different principle, the body of the pyramid being constructed of a series of walls radiating from the centre, their interstices being filled with mud bricks or other materials.
(1) The Interior Walling consisted of two walls crossing at right angles parallel to the sides of the pyramid, which divided it into four sections. Diagonal walls caused a subdivision into eight sub-sections, and often there were additional walls which made sixteen divisions in all. At the pyramid of Sesostris I at Lisht the walls were of limestone ; at the pyramid of Sesostris II at Lahûn the lower parts of the walls were of limestone and the upper parts of mud-brick ; in most other Middle Kingdom pyramids the walls were entirely of mud-brick.
(2) The Filling of the divisions between the interior walls was of mud-bricks or sand and rubble.
(3) Backing Layers and Backing Stones, between the body of the pyramid and the casing was a series of carefully laid bricks or ‘backing layers’ and backing stones, which were necessary in order to receive the limestone casing blocks.
(4) Making of Mud-Bricks. The manufacture of mud-bricks in ancient Egypt was similar to that of to-day. The method consists of getting a quantity of Nile mud or alluvium, mixing it with water until the resulting mass becomes plastic, and adding sand or chopped straw to give coherence and to prevent the bricks from warping when drying. The wooden mould (of which ancient and modern examples are identical) is rinsed with water to prevent the mud from sticking to the inner sides, and is then filled with the mud mixture. The resulting bricks are left in the sun for four or five days to dry, after which they are ready for use. By this method, which is best carried out by subdivision of labour (one mixing the mud, one man moulding, and one laying the bricks to dry) 4,000-6,000 bricks per day can be produced by three men.
The length of the bricks in the Middle Kingdom was twice their breadth, which enabled them to be laid ‘headers and stretchers.’ (...)

(c) Exterior (Old and Middle Kingdom).
(1) The Casing.
The casing of most pyramids was of fine white limestone, but granite was used for the first sixteen courses of that of Mycerinus, and for the lowest part of the casing of the pyramids of Khephren, Djedefrê, and Neferirkarê. The casing stones were first of all dressed to a smooth surface on their under sides, and then they were placed in position with the aid of levers. Their tops were next dressed, and marked with incised lines to indicate the position of the stones to be super-imposed. The front sides of the casing’ blocks were dressed last of all, and they were dressed from the apex of the pyramid downwards. This is shown at the pyramid of Mycerinus, where several of the red granite casing blocks are undressed and still have the projecting lugs to receive the positioning levers. On account of the premature death of Mycerinus the dressing of the casing of his pyramid was left uncompleted. The probability that limestone casing blocks were likewise dressed after being placed in position is revealed by a study of the pyramids of Djeser and Kheops ; but Petrie considered that they were sometimes dressed before being placed in position.
(...) In the setting of casing blocks a gypsum mortar was often used, but as a lubricant and not as a cement.
Pyramids of the Middle Kingdom sometimes have their casing blocks joined together with dovetail-cramps as at the pyramid of Sesostris in at Dahshûr. It has already been noted that during Dynasty III the masonry of the superstructure of pyramids tended to be inclined downwards from the casing towards the core. From Dynasty IV onwards the masonry was usually laid in horizontal courses on a level plane.

(2) The Pyramidion.
The apex of the pyramid was formed by a single block or pyramidion. In the Old and Middle Kingdoms this pyramidion was probably always of a black or grey-black stone, especially black granite (Ammenemes III) or basalt (Khendjer II). At other times pyramidia were occasionally of white limestone (Intef, Dynasty XI, in British Museum ; and the pyramidia of some of the private tombs of Dynasties XVIII and XIX at Deir el Madîna, Thebes). Pyramidia usually have a boss or disc projecting from their base, so that they could be firmly secured on a corresponding hollow cut in the stones on which they were to be placed.
No pyramidia of the Old Kingdom have yet been found ; but in his biographical text Uni relates how he was sent by King Mernerê to Ibhet (in Upper Egypt) to bring ‘the costly and splendid pyramidion for the pyramid called ‘‘Mernerê shines and is beautiful". The Egyptian Museum at Cairo contains nearly all the known pyramidia of Middle Kingdom ; they include the polished black granite example of Ammenemes III (Dynasty XII), and those of Khendjer II, his unknown neighbour, and Menneferrê (Dynasty XIII). The two examples at the foot of the pyramid of an unknown king adjoining the pyramid of Khendjer II are both unfinished and one of them still possesses the red guide lines intended to assist the mason in his work.


The Closing of the Pyramid

The closing of the tomb against robbers after the king had been buried presented a serious problem to the kings and their architects ; it worried Kheops so much that he was for ever seeking the locks of the Sanctuary of Thoth, 'to make for himself the like thereof for his "Horizon" (i.e. pyramid).'
The chief methods of closing the pyramids after the interment were as follows : 

(a) Sealing the Sarcophagus
The sarcophagi of Unis and Pepy II, and probably others, were intended to receive a wooden coffin let into it by ropes, grooves for which are still visible in those sarcophagi. Previous to the burial, the sarcophagus lid rested on mud-brick walls beside the sarcophagus (Old Kingdom), or was supported above it by piles of stones (Middle Kingdom). The lid was fixed on to the sarcophagus by an ingenious method combining oblique bevelling of three sides with the slotting of the fourth side, the fitting being assisted by the use of a resinous substance which served as a fixative as well as a lubricant. From a glance at Fig. 8 (cf. ci-dessus) the difficulty of breaking into a sarcophagus closed in that manner will be readily understood.

(b) Sliding the Portcullis Slabs
The horizontal passage leading from the sarcophagus chamber nearly always contained between one and three portcullis slabs. In the Old Kingdom they were of granite and dropped down vertically ; in the Middle Kingdom they were often of quartzite and slid across a slightly inclined transverse plane. In each case their object was to block the horizontal passage against intruders.
The methods of lowering the vertical portcullis slabs are as yet not fully understood. Borchardt suggested that they were sometimes suspended and subsequently lowered by a pulley and palm-log device. In other instances they were propped up by stones until the interment had been made, and then gradually lowered by removing the stones, assisted by levering. The latter was certainly the method intended to be used in the unfinished mastabas at Maidûm, the portcullises of which were never lowered, and were still propped up by stones when discovered by Petrie.

(c) Blocking the Ramp
Nearly every pyramid has a ramp extending downward from the entrance to the horizontal passage. After the portcullis slabs in the horizontal passage had been lowered, the ramp was filled with masonry. Nearly all the pyramids have since been reopened and their ramps cleared out, but the following instances of blocked ramps are on record :
(1) Pyramid of Kheops ; Vyse stated that the sloping passages were blocked with solid masonry for their whole length.
(2) Pyramid of Khephren ; Vyse stated that the lower entrance and passage were completely filled up with solid masonry, closely jointed and cemented ; the first stone was ten feet long, and the others six or seven.
(3) Pyramid of Snefru at Dahshûr still has the western entrance and most of the western ramp blocked with masonry.
(4) Pyramid of Ammenemes I at Lisht had the ramp blocked by granite monoliths.
(5) Pyramid of Sesostris I at Lisht had the ramp filled with obelisk-shaped granite monoliths, each between 7 and 9 metres long. As each was slid down the ramp with the pointed end foremost it crashed into its predecessor, causing the pointed ends to become truncated and fissured.
(6) Pyramid of Neuserrê at Abû Sîr still has two blocking-stones in the ramp.

d) Concealing the Entrance.
The entrance to each pyramid was concealed from recognition by being blocked with skilfully fitted masonry. Instances of flap-doors, although authentic (as in the pyramids of Snefru and Kheops, are most likely posterior to the construction of the pyramids. Concealment of the entrances to pyramids was assisted by the natural tendency for blown sand to accumulate to a much greater extent in the centre of each side than at the corners. This tendency is clearly shown on air-photographs of pyramids.

extrait d' Egyptian Pyramids, 1947, par Leslie Grinsell (1907-1995), archéologue et conservateur de musée anglais. Durant la Seconde Guerre mondiale, il a rejoint la Royal Air Force et a servi en Égypte, où il s'est familiarisé avec les vestiges archéologiques de l'Égypte antique. 

La construction des pyramides égyptiennes selon Leslie Grinsell - 3e partie : fondations et infrastructures

illustration extraite de l'ouvrage de Grinsell

Foundations

(a) Preparation of the Pyramid Area
In certain instances, as at the pyramids of Abu Rauwâsh and Lahûn, and also at the tomb of Khentkawes at Gîza, the tomb superstructure was sited on a natural rock massif, which enabled a superstructure of the desired size to be constructed with a considerable saving of labour. In these instances the only levelling required consisted of dressing the natural rock surface for the reception of the masonry to be added.
In other cases a sloping surface has been levelled at great expense and labour in order to provide a suitable base. This has been done at the pyramid of Khephren, where the desert surface has been cut away considerably on the north-west part and built up on the south-east.
It has been suggested that the process of levelling was assisted by banking up the square base-area and flooding it, and then marking the water level on the inner sides of the bank. The plane of the base of the pyramid of Kheops slopes upwards from north-west to south-east to the extent of six inches, and this could have been caused if a slight north-west breeze was blowing at the time of the checking of the levelling by flooding.
After the levelling had been completed, the whole base area was often paved with slabs of fine white limestone. This is well seen around the base of the pyramid of Kheops, although it is thought that the paving does not extend over the whole area. Sometimes the paved base-area extends outside the pyramid to form an exposed pavement, as at the pyramid of Sesostris I at Lisht, where the paving stones were joined together by dovetail cramps.
(b) Foundation Deposits.
Our knowledge of the foundation deposits of pyramids is derived almost entirely from those of the Middle Kingdom. They consist mainly of specimens of the materials used in the construction of the pyramid complex, inscribed sometimes with the names of the king and his pyramid. Foundation tablets of brick, metal, stone and wood, bearing the name of Nebhepetrê Mentuhotpe, were found in the pyramid-temple of that king at El Deir el Bahari.
Beneath the south-west corner of the pyramid of Ammenemes I was a foundation deposit consisting of an ox-skull, some small and badly broken pottery vases and saucers, and six clay bricks. Each brick contained a tablet inscribed with names of the king and his pyramid ; two tablets were of copper, two of faience, and two of limestone.
Beneath the north-west, south-west, and south-east corners of the pyramid of Sesostris I were foundation deposits of food offerings, pottery, and bricks containing tablets of some of the materials used in the construction of the pyramid and temple. The tablets were of wood, metal, faïence, and alabaster, and were inscribed with the name and titles of the king and the name of his pyramid, ‘Sesostris Surveying the Two Lands’. From the overlapping of the different objects it was determined that the meat offerings were dropped in first, then the pottery, and then the bricks. In the south-east corner there were two deposits, one of which was probably inserted when the pyramid was completed.
The pyramid of an unknown king of Dynasty XIII, south-west of that of Khendjer II, contained foundation deposits of coarse pottery and models of copper and bronze implements.(c) Foundation Ceremonies.
Fragments of reliefs from a granite door-jamb of Khasekhemuy and from the solar temple and pyramid complex of Neuserrê, when studied in the light of more complete representations of later date (as at Edfu), provide a clear idea of the main episodes of the foundation ceremonies for a pyramid or other structure of Old or Middle Kingdom. These episodes were :
(1) Pegging the ground and stretching the cord ;
(2 ) Breaking the ground surface (usually done four times) ;
(3 ) Sprinkling of sand ;
(4 ) Making of bricks (done four times at Abu Girab) ;
(5 ) Laying the bricks.
The last two episodes may have been a survival from predynastic and Thinite times, when tombs were made of brick before the invention of stone masonry. The ceremonies appear to have been performed by the king, with the assistance of goddesses, sem-priests, ritualists and others.


The Substructure

The first step in the construction of the pyramid consisted of hewing out of the bedrock, with copper chisels, adzes, and other implements, those parts of the passages and chambers which were to be below ground level.
Good examples of these, open to the sky, are to be seen at Abu Rauwâsh and the unfinished north pyramid of Zâwyet el 'Aryân. The latter is of special interest as an example of an unfinished pyramid in which the substructure was nearly completed but the superstructure not even begun. The impressive stairway, ramp, passage, and sarcophagus chamber had been hewn out of the bedrock, and sarcophagus chamber had been paved with granite and received the fine red granite sarcophagus ; then for some unknown reason the work was abandoned.
It is well to distinguish between the ‘open trench’ substructure (Abu Rauwâsh and Zâwyet el ‘Aryân) and the ‘tunnelled’ substructure, seen in the lower passage and chamber of the pyramid of Kheops, the pyramids of Kheops’ queens, and the pyramids of Mycerinus and his queens.

(a) The Sarcophagus Chamber was usually wholly or partly in the substructure. The most important exception is the pyramid of Kheops, in which the position of the sarcophagus chamber was altered from the substructure to the superstructure in the course of building. It was generally lined with granite (Kheops and Mycerinus) or fine white limestone (as in the pyramids of Dynasties V and VI containing Pyramid Texts). The roofing was :
(1) Corbelled as in the Dynasty III pyramids at Dahshûr and Maidûm.
(2) Pointed as in the pyramids of Dynasties V and VI.
(3) False-arched with slabs placed end to end and hollowed concave on their undersides, as in the chambers of Mycerinus and Shepseskaf.
It is evident that the roofing blocks were cut to shape, arranged, and numbered before being placed in position ; indeed the roofing blocks of Djeser and Kheops have their markings and numbering still visible ; but those of Djeser were reversed in orientation when laid. In view of the great weight of superincumbent masonry which had to be borne by the roof of the sarcophagus chamber one or other of the following devices was used :
(*) Relieving chambers, as above the king’s chamber in the pyramid of Kheops.
(**) Relieving slabs, often of enormous thickness, as above most of the chambers with pointed roofs of Dynasties V and VI. Architects’ inscriptions on the walls of the antechamber and sarcophagus chamber of the tomb of Shepseskaf (Mastabet Fara’ôn) which read ‘upper side of the paving stone, true line’, almost certainly show that the walls were built before the floor-slabs were inserted.
The presence of the sarcophagus in the unfinished chamber of the north pyramid of Zâwyet el ‘Aryân, shows that the sarcophagus was dragged down the smooth rock-hewn ramp, which had a narrow stairway on each side as a foothold for the workmen, before the ramp was walled with stone slabs. That this was the usual custom is shown by comparing the dimensions of sarcophagi with those of completed passages and ramps. The sarcophagus of Queen Neit (Dynasty VI) is actually wider than the passage, while the horizontal or other passages in the pyramids of Kheops, Khephren, Mycerinus, Unis, and Pepy II are too narrow to have permitted the movement of the sarcophagus, the clearance space being either non-existent or less than 10 centimetres.
(b) The Antechamber,Serdab, Horizontal Passage and Vestibule presented no constructional problems other than those encountered in building the sarcophagus chamber.
(c ) The Portcullis Slabs of the Old Kingdom were normally of granite and let down vertically, although that in the Dahshûr pyramid of Snefru was let down obliquely. During the Middle Kingdom the portcullis slabs were frequently of quartzite and were nearly always slid transversely across a slightly inclined gap over the passage which they were intended to block. Before being let down, the Old Kingdom portcullis slabs were supported on piles of stones, as seen in unfinished mastaba tombs of Dynasty III at Maidûm. As a protection for the tomb, portcullis slabs had little effect as the robbers always worked their way under, above, or around them.
(d) The Ramp normally slopes downwards from the entrance to the horizontal passage of the pyramid. The angle of slope was usually between 15 and 30 degrees, although it was only 10 degrees in the pyramid of Ammenemes I at Lisht. Two important reasons for the downward-sloping ramp were to facilitate the lowering of the sarcophagus and canopic chest, and to assist in the blocking of the means of ingress by sliding down monoliths after the deceased had been interred. The pyramids of Dynasties III and IV had their entrance high up in the superstructure, and the ramp was therefore at least partly in the superstructure. From Dynasty V onwards the whole length of the ramp was in the substructure. In either case it had nearly always a flat roof, and the walls and roof were often lined with slabs of red granite or limestone.


extrait d' Egyptian Pyramids, 1947, par Leslie Grinsell (1907-1995), archéologue et conservateur de musée anglais. Durant la Seconde Guerre mondiale, il a rejoint la Royal Air Force et a servi en Égypte, où il s'est familiarisé avec les vestiges archéologiques de l'Égypte antique. 

mercredi 24 février 2021

La construction des pyramides égyptiennes selon Leslie Grinsell - 2e partie : les matériaux et leur transport

illustration extraite de l'ouvrage de Grinsell
 

Sources and Quarrying of the Soft Stones 

(I) Coarse limestone was normally obtained from the immediate vicinity of each pyramid. Coarse limestone quarries used for the Gîza Pyramids have been located around the Sphinx, south-east of the pyramid of Mycerinus, and south-east of the pyramid of Khephren. Quarries of coarse limestone for the Dahshur north pyramid are located south-west of that pyramid, to which they are connected by causeways. There is textual evidence that the coarse limestone for both of the Lisht pyramids was obtained from a quarry near the north Lisht pyramid.
 
(II) Fine limestone was used extensively for casing the pyramids, lining their passages and chambers, and lining the walls and pavements of the temples and causeways. The main source of supply was from the Moqattam-Tura-Ma'sara caves between Cairo and Helwan, which were worked from Dynasty III onwards. 
The history of these caves may be briefly related. Examination of the limestone facing of the pyramids and associated buildings of Dynasty III leaves little or no doubt that the quarries in question were being worked during that period. The earliest textual references to the Tura Quarries are of Dynasty VI. Among the titles of one Meryrê-‘ankh of this Dynasty was "Overseer of the Tura Quarries". A papyrus letter of Dynasty VI found at Saqqâra and now in the Cairo Museum (No. 49623) was written by an officer in charge of Tura quarrymen, and complains of delay in issuing clothes to his men. It is unfortunate that any Old Kingdom inscriptions that may have existed in the quarries themselves must have been destroyed by later quarrying. 
During the Middle Kingdom the quarries were extensively worked, and it is to this period that the earliest known surviving quarry inscription belongs. It described "the opening of the quarry-chambers anew in order to quarry good white stone of Tura for the buildings of this priest, of millions of years", and was written during the reign of Ammenemes III. 
During the New Kingdom and later, the quarries continued active, and about a dozen hieroglyphic inscriptions on the quarry walls are referable to these times. The working of the quarries has continued until the present day, and is still flourishing. 
Although most of the caves are now closed to the public, a few are still accessible, notably two examples at the Bektashi Monastery south of the citadel at Cairo, and two or three examples at the north end of the Tura group, accessible by road from Tura-Cozzika Railway Station.

The following features of the caves are of interest : 
1. Rows of notches arranged vertically on the walls ; these were footholds for the workmen to climb to the top of the quarry faces. 
2. Ledges beneath the ceiling at the top of each quarry face, where the quarrymen squatted in order to extract the stone. 
3. Parallel striae on each quarry face, caused by the use of copper chisels and adzes. 
4. Lines, symbols, and inscriptions on the ceilings, giving directions for quarrying and probably describing the progress of work.

The ancient quarrying of fine limestone was divided into two main operations : 
1. Working downwards with chisels or adzes on the four vertical sides of the block to be extracted. 
2. Striking the horizontal blows along the base in order to detach the block ; this was a comparatively easy process.
There is some evidence that convicts and prisoners of war constituted a considerable portion of the quarry labour. Convict labour is still used at Tura, and two mutilated inscriptions of Ahmose I (Dynasty XVIII) refer either to the Fenkhu (Phoenicians) or to cattle belonging to the Fenkhu as having been employed in the quarries.

(III) Alabaster was used for flooring the lower and upper temples of Khephren, and the upper temples of Unis and Teti. It was especially in demand for altars (that of Neuserrê at Abu Girâb) and offering tables (Mernerâ, Udjebten, and many others). 
The quarries at Hatnub about 25 km. east of El Amarna were the main source of supply during the Old and Middle Kingdoms. They contain inscriptions of the reigns of Kheops, Teti, Pepy I and II, Mernerê, Sesostris I and III, and Ammenemes II. The inscription of Uni, in Cairo Museum, described his journey to Hatnub in order to get an alabaster offering table for the pyramid of Mernerê.
There was also a small alabaster quarry in the Wadi Garâwi about 8 km. south-west of Helwan, which was worked during the Old Kingdom. 
The method of quarrying alabaster was similar to that for limestone, the chief tools used being probably copper chisels and adzes.

Sources and Quarrying of the Hard Stones

(1) Granite used very occasionally during Dynasties I and II, and for the main burial chamber of the Step Pyramid of Djeser at Saqqâra. From Dynasty IV onwards its use became common, notably in the pyramid complexes of Kheops, Khephren and Mycerinus. It was nearly always used for the portcullis slabs and other important parts of the interior of the pyramids of the Old Kingdom. Where roof-spans were more than about 3 metres, as in the so-called King’s chamber of the pyramid of Kheops, granite had to be used as limestone tends to crack if used for roofing such spans. When there was difficulty in getting granite, blocks of limestone were sometimes used instead and painted to resemble granite, (e.g. the false door of Udjebten ; the tomb of Mehu at Saqqâra, and many other instances). 
The source of supply of nearly all the granite used in ancient Egyptian building was the neighbourhood of Aswân, especially Elephantine Island. The beautiful red variety was most frequently used, but occasionally black granite was employed, notably for lining the walls of the north corridor of the upper temple of Mycerinus. The pyramidia were always of a black or grey-black stone, either granite, basalt, or schist. 
Among the Old Kingdom references to the quarrying of granite from Elephantine Island are two of special interest. That relating to the quarrying and transport of granite palmiform columns for the pyramid temples of Unis occurs in the form of reliefs and inscriptions on the walls of the causeway of that king’s pyramid at Saqqâra. The inscription of Uni in Cairo Museum includes an account of his journey to Elephantine to get a granite false door, offering slab, and doorway settings and thresholds for the pyramid complex of Mernerê.
Although there are great numbers of hieroglyphic rock inscriptions in the Aswân area, those so far published do not include references to the granite quarries, and there can be little doubt that the quarry inscriptions have been destroyed by later workings. 
The rounded surfaces of some of the untrimmed granite casing blocks of the pyramid of Mycerinus show that they were derived from boulders from the river at Aswân. On the other hand the large slabs used e.g. for roofing the King’s chamber of Kheops must have been quarried.
The ancient quarries south of Aswân are famous for the unfinished obelisk still in its original quarry, which exhibits the characteristic laboriously pounded faces and shows a few of the masons’ guide lines and other symbols in red ochre. In the vicinity of the ancient quarries are large numbers of pounders of greenish-black dolerite, used in quarrying and working all kinds of hard stone. It is certain that saws were also used in working granite and other hard stones, as saw-marks often occur on them. 

(2) Basalt. Black or dark grey basalt was used for flooring the upper temples of Kheops, Userkaf, Sahurê and Neuserrê. The material may have corne from Gebel-el-Qatrâni in the Faiyûm.

(3) Schist was often used for statues and offering vases, but seldom for building material. The main source of supply was the celebrated quarries of Wadi Hammâmât between Qus and Quseir, which contain some 250 hieroglyphic inscriptions, including examples of the reigns of Pepy I, the Mentuhotpes, Ammenemes I and III, Sesostris III, and many of later date. Among the inscriptions of the reign of Pepy I is a reference to a pyramid builder named Tjetjy. 
The quarrying of schist and other hard stones was sometimes accompanied by curious ritual. The inscription of Intef (Dynasty XII), in the Hammâmât quarries, relates how he prostrated himself before all the gods and goddesses of the desert, including Min and Mut, and burned incense to them, in order to obtain their assistance in guiding him to a large and sound block of stone, the like of which had never been brought since the time of the gods. 
On other occasions animals were sacrificed after suitable stone had been found. 
The numbers of men sent on some of the quarrying expeditions to Wadi Hammâmât often ran into thousands. Ammenemes III for example sent an expedition of 2,000 troops, 20 necropolis soldiers, 30 sailors, and 30 quarrymen to those quarries in order to quarry and hew ten statues, each of which was 5 cubits (about 8 1/2 feet) high.

(4) Quartzite. Although quartzite was used in Dynasties IV and VI  for statues of Djedefrâ and in the upper temple of Teti, it was not employed extensively until Dynasties XII and XIII, when it was used for the sarcophagus of Ammenemes III at Hawâra, and for portcullis slabs, sarcophagus chambers, and/or sarcophagi of Middle Kingdom pyramids between Saqqâra and Mazghûna. The main source of supply was most likely the quarries at El Gebel el Ahmar, about 10 kilometres north-east of Cairo, where hieroglyphic inscriptions of late date existed until recently. On the site there are still quarry-faces marked with red guide-lines to aid the quarrymen, and there is an unfinished recumbent royal statue. Dolerite pounders are common in the vicinity. North of Aswân is the remnant of another ancient quartzite quarry.

(5) Sandstone. Sandstone was seldom used in the building of any parts of the pyramid complexes, except at the pyramid-temple of Mentuhotpe II-III at El Deir el Bahari. There is evidence however that the sandstone quarries of the Western Nubian Desert, about 65 kilometres north-west of Abu Simbel were worked during the reigns of Djedefrê, Djedkarê-Isesi, Ammenemes I, Sesostris I (period of co-regency), and Ammenemes II and III. The earliest inscriptions in the sandstone quarries of Gebel Silsila, between Luxor and Aswân, are of Dynasty XVIII.
 
Sources of Other Materials. 
(1) Copper, for implements used in quarrying, probably all came from the mines in the vicinity of Serâbit el Khâdim and Wadi Maghârah in south-eastern Sinai where there are many inscriptions of Old, Middle and New Kingdoms. 
(2) Gold was used extensively for the royal grave furniture, nearly all of which was looted long ago. The articles from the tomb of Hetepheres (mother of Kheops) now in Cairo Museum may be taken as a sample of what every royal tomb of Old or Middle Kingdom must have contained. The source of supply was the quartz veins running through the granite, especially between Qena and Quseir in Upper Egypt.  
(3) Faïence was used in Dynasty III in the blue tile chambers of the monument of Djeser at Saqqâra. It is believed to contain natron from the Wadi Natrûn.
(4) Woods, imported largely from Syria, included ebony (from Dynasty I), juniper (from Dynasty III), fir (from Dynasty V), yew (from Dynasty VI) and cedar (from the Middle Kingdom and probably earlier). A coffin of cypress (Dynasty III) was found in the Step Pyramid at Saqqâra.

Transport of stone from quarry to pyramid, which may have been done with the assistance of oxen, involved the following operations :
(1) Transport from the quarry to the water’s edge. This process was often facilitated by constructing an embankment or causeway. Such embankments or causeways still exist at the granite quarries of Aswân, the alabaster quarries of Hatnub, the basalt quarry in the Faiyûm, and the limestone quarries in the Moqattam-Tura-Ma'sara area. The stones were moved on sledges as depicted on a stela from the Tura caves. At the river’s edge there was most likely a quayside (mryt) on which the blocks of stone were unloaded before embarkation. 
(2) Transport by river to the western bank. In the case of the transport of fine white limestone from the Moqattam-Tura-Ma‘sara area this merely involved the short journey across the river, and may have been done by a type of barge of which models were found near the pyramid of Queen Neit. Most of the transport across river was done during the inundation season in order to minimise land transport.
Accounts of journeys downstream with stone from the Upper Egyptian quarries have survived mainly in the inscription of Uni, who gave a detailed account of his expeditions to Upper Egypt to get materials for the pyramid complex of Mernerê at Saqqâra. He transported the alabaster from Hatnub in a cargo boat 60 cubits long and 30 cubits broad, built in 17 days. (...)
On the walls of the causeway of Unis at Saqqâra are reliefs and inscriptions of 'the coming (of the ships) from Elephantine Island loaded with red granite columns and cornice-blocks for the pyramid called ‘"the Places of the Son of Re Unis are beautiful"'. Carl V. Solver suggests that advantage was taken of a rising Nile for transport of stone from Upper Egypt, in order to minimise the risk of the vessel grounding on the way.
On the western bank of the river there were quaysides for the unloading of the stone. A block of fine white limestone from the Pyramid of Sesostris I at Lisht was inscribed, 'Brought from the
Rekhet landing stage'. It is possible that some of these quay-sides may have later served the lower temples of pyramids, as quays have been found near the lower temples of Sahurê, Neuserê, and Unis.
(3) Transport from the western bank of the river to the site of the pyramid was effected by sledges of acacia or cedar, evidences of which have been found near the pyramids of Sesostris III at Dahshûr and Sesostris III at Lahûn. It seems probable that most of the stone was taken to each pyramid along the causeway connecting the sites for the upper and lower temples."

extrait d' Egyptian Pyramids, 1947, par Leslie Grinsell (1907-1995), archéologue et conservateur de musée anglais. Durant la Seconde Guerre mondiale, il a rejoint la Royal Air Force et a servi en Égypte, où il s'est familiarisé avec les vestiges archéologiques de l'Égypte antique.