vendredi 12 mai 2023

Así se construyeron las Pirámides de Egipto | José Manuel Casteleiro

Todos compartimos por la Gran Pirámide un respeto que se debe a su antigüedad, ya que se construyó hace unos 4.500 años, en una época en que todavía existían los mamuts, pero, sobre todo, a sus dimensiones, porque fue la construcción más alta del mundo (146 m) durante 3.800 años (en el siglo XV fue superada por el chapitel de la catedral de Lincoln en Inglaterra). Pero el profundo respeto por la Gran Pirámide viene por el misterio de su método de construcción. Misterio que continúa y no por falta de teorías precisamente. Existe toda una colección de teorías de la construcción de la Gran Pirámide, pero son extravagancias y sin rigor científico: rampas gigantescas, obreros monstruosos, galerías ocultas, grúas, poleas, palancas y cables adelantados miles de años a su tiempo. E incluso los extraterrestres las construyeron. En la conferencia tratamos de erradicar todas estas teorías para exponer una basada en el enfoque puramente ingenieril en la que usaremos el realismo práctico, el sentido común y la sobriedad matemática. Ponente: Dr. José Manuel Casteleiro Villalba, Catedrático de Aeronaves, Misiles y Resistencia de Materiales de la UPM. Doctor Ingeniero Industrial. Licenciado en Ciencias Físicas. Ingeniero T. Aeronáutico.


lundi 8 mai 2023

"La pyramide est la transformation d'une conception primitive" (Vicente Blasco Ibañez - XXe s.)

Ziggurat d'Ur - Wikimedia commons

"Les trois Pyramides de Gizeh sont les plus renommées, les plus connues du grand public, mais il y en a dans le désert beaucoup d'autres qui sont parallèles au cours du Nil. Ces trois Pyramides sont les constructions en pierre les plus anciennes qui existent aujourd'hui en Égypte, mais il ne faut pas les regarder, ainsi qu'on fait en général, comme antérieures à tous les ouvrages de ce genre. Avant que les Pharaons (...) eussent l'idée d'édifier des tombeaux exigeant des dépenses aussi déraisonnables, d'autres rois avaient déjà élevé des pyramides pour y loger leurs cadavres.
La pyramide est la transformation d'une conception primitive. Chez tous les peuples on a eu l'idée de placer sur les tombes un amas de pierres, et les Égyptiens sont partis de là pour construire la pyramide telle que nous la connaissons. Les rois qui ont vécu dans les premiers temps dont parle l'histoire d'Égypte ont élevé des pyramides de briques à degrés, analogues à celles des Sumériens, des Assyriens et d'autres peuples de la Mésopotamie. Il est hors de doute que l'influence des Sumériens s'exerça, peut-être quatre-vingts ou quatre-vingt-dix siècles avant notre ère, dans une période très obscure, antérieure aux temps les plus reculés que mentionne l'Histoire, et les roitelets de la Basse-Égypte, désireux de rehausser leur majesté, imitèrent avec des briques, c'est-à-dire, avec les matériaux qui étaient le plus à leur portée, les monuments de la civilisation qui existait dans la Mésopotamie, civilisation que quelques historiens font remonter à dix ou onze mille ans avant Jésus-Christ.
Quand les rois d'Égypte furent devenus puissants et maîtres absolus de leurs sujets, ils purent élever les mêmes constructions en pierre, faisant transporter sur des traîneaux et sur des radeaux le calcaire du désert arabique et le granit rouge qu'on extrait des carrières en amont d'Assouan.
Je dois avouer que les Pyramides n'ont rien en elles-mêmes qui soit de nature à émouvoir le touriste au premier moment. Nous les avons vues tant de fois dans des livres, dans des tableaux et même sur des presse-papiers avant qu'elles nous apparaissent en réalité ! Nous ne savons que répéter en nous-mêmes qu'elles sont énormes, absurdement énormes.
En outre, vue de près, la Grande Pyramide semble un simple amoncellement de pierres, formant des assises en retrait de soixante-dix mètres environ les unes sur les autres. Autrefois, ces degrés étaient cachés par des blocs de granit taillés et polis, tellement lisses qu'il était impossible de gravir la pente, et s'adaptant si exactement les uns aux autres qu'on ne pouvait introduire un bâton entre deux d'entre eux. Ce revêtement de pierre polie a été arraché pour être employé à d'autres constructions, et il ne subsiste plus aujourd'hui qu'une énorme masse de maçonnerie entièrement à découvert ; cela fait penser à un être monstrueux dont on aurait arraché la peau."

extrait de Le Voyage d'un romancier autour du monde, 1925, de Vicente Blasco Ibañez (1867-1928), écrivain, journaliste et homme politique espagnol. Il est considéré comme l'un des plus grands romanciers de langue espagnole.
Ouvrage traduit de l'espagnol par Renée Lafont.

lundi 1 mai 2023

Comment furent construites les pyrapides égyptiennes : une réponse de l'Intelligence Artificielle (Chatbot GPT)


À la question posée "Quelles furent les techniques de construction des pyramides égyptiennes ?", voici la réponse proposée par l'application AI de Chatbot GPT :

"Les techniques de construction des pyramides égyptiennes étaient très avancées pour leur époque. Les Égyptiens utilisaient principalement des outils en pierre, en cuivre et en bronze pour tailler et façonner les blocs de pierre nécessaires à la construction des pyramides.
Les blocs de pierre étaient transportés sur des traîneaux en bois tirés par des hommes ou des animaux. Les blocs étaient ensuite hissés en place à l'aide de rampes construites à partir de pierres et de briques.
Les pyramides étaient construites en couches de blocs de pierre, chaque couche étant légèrement inclinée vers l'intérieur pour créer la forme pyramidale. Les blocs étaient taillés avec une grande précision pour s'emboîter parfaitement les uns dans les autres.
Les Égyptiens utilisaient également des techniques de nivellement sophistiquées pour s'assurer que la base de la pyramide était parfaitement plane. Ils utilisaient des cordes et des niveaux pour mesurer et ajuster la hauteur des blocs de pierre.
Enfin, les Égyptiens utilisaient des techniques de finition pour polir les surfaces des blocs de pierre et créer des surfaces lisses et brillantes. Ils utilisaient des outils en cuivre pour polir la pierre jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement lisse et réfléchissante."

mardi 18 avril 2023

"Il n'y a aucune raison pour que dans cent mille ans elles ne soient pas encore telles que nous les voyons aujourd'hui" (Auguste Mariette - XIXe s. - à propos des pyramides de Gizeh)

photo de Bonfils, ca 1870

"L'excursion des Pyramides, comme l'excursion d'Héliopolis, se fait habituellement en voiture. On traverse le nouveau quartier qui, du nom de son fondateur, s'appelle Ismaïlieh. Le Nil est franchi sur le pont de Kasr-el-Nil, et bientôt on atteint la tête de la route charmante construite par S. A. le Khédive, qui, de Gyzeh, conduit en face des Pyramides.
De l'Esbékyeh aux Pyramides, on compte en ligne droite 12,000 mètres. Il y a 8,300 mètres du Nil au plateau sur lequel sont bâtis les monuments que nous allons décrire.
Il est juste d'accorder aux Pyramides l'admiration qui leur a valu d'être rangées au nombre des sept merveilles du monde. Il faut dire, cependant, que cette admiration ne s'impose pas au visiteur dès qu'il arrive au pied de ces monuments célèbres. L'immensité du désert environnant et le manque d'un point de comparaison rapetissent, en effet, les Pyramides et empêchent de les bien juger. Mais, à la réflexion, les Pyramides grandissent et reprennent leurs véritables proportions. On s'étonne alors de l'immensité de ces constructions. On y voit les monuments les plus durables et les plus élevés sous le ciel que jamais l'homme ait bâtis. Les Pyramides ont six ou sept mille ans de date ; mais il n'y a aucune raison pour que dans cent mille ans elles ne soient pas encore telles que nous les voyons aujourd'hui, si des mains ignorantes ou criminelles ne viennent pas aider à leur destruction.
Les trois grandes Pyramides sont les tombeaux de Chéops, de Chéphren et de Mycérinus ; les petites sont les tombeaux des membres de la famille de ces rois. La grande avait primitivement 146 mètres de hauteur ; dans l'état actuel elle n'en a plus que 138 ; son cube est de 2,562,576 mètres. Tout ce que l'on a dit, toutes les phrases que, après Hérodote, on a faites sur la haine que ces rois s'étaient attirée par suite des corvées imposées aux Égyptiens qui travaillaient aux Pyramides, peut être réduit à néant ; les monuments contemporains, témoins bien plus croyables qu'Hérodote lui-même, nous montrent, en effet, que, de leur vivant et après eux, Chéops et Chéphren, à l'exemple de tous les autres rois, étaient honorés par un culte spécial ; quant à Mycérinus, c'était un roi si pieux, qu'il est cité dans le Rituel comme l'auteur de l'un des livres le plus en renom de la littérature religieuse de l'Égypte. 
En ce qui regarde l'usage auquel les Pyramides étaient destinées, c'est faire violence à tout ce que nous savons de l'Égypte, à tout ce que l'archéologie nous a appris sur les habitudes monumentales de ce pays, que d'y voir autre chose que des tombeaux. Les Pyramides, quelles qu'elles soient, sont des tombeaux, massifs, pleins, bouchés partout, mÊme dans leurs couloirs les plus soignés, sans fenêtres, sans portes, sans ouverture, extérieure. Elles sont l'enveloppe gigantesque et à jamais impénétrable d'une momie, et une seule d'entre elles aurait montré à l'intérieur un chemin accessible d'où, par exemple, des observations astronomiques auraient pu être faites comme du fond d'un puits, que la pyramide aurait été ainsi contre sa propre destination. En vain dira-t-on que les quatre faces orientées dénotent une intention astronomique ; les quatre faces sont orientées parce qu'elles sont dédiées par des raisons mythologiques aux quatre points cardinaux, et que dans un monument soigné comme l'est une pyramide une face dédiée au nord, par exemple, ne peut pas être tournée vers un autre point que le nord. 
Les Pyramides ne sont donc que des tombeaux, et leur masse immense ne saurait être un argument contre cette destination puisqu'on en trouve qui n'ont pas 6 mètres de hauteur. Notons, d'ailleurs, qu'il n'est pas en Égypte une pyramide qui ne soit le centre d'une nécropole, et que le caractère de ces monuments est par là amplement certifié.
Ce qu'on voit aujourd'hui des Pyramides n'en est plus que le noyau. Originairement elles étaient recouvertes d'un revêtement lisse qui a disparu. Elles se terminaient en pointe aiguë. Les Pyramides étant des tombeaux hermétiquement clos, chacune d'elles (au moins celles qui ont servi à la sépulture d'un roi), avait un temple extérieur, qui s'élevait à quelques mètres en avant de la façade orientale. Le roi déifié comme une sorte d'incarnation de la divinité y recevait un culte. Les trois grandes Pyramides de Gyzeh ont, comme les autres, un temple extérieur.
La preuve que les Pyramides étaient des monuments hermétiquement clos, c'est que, quand Amrou voulut pénétrer dans la grande, il ne put le faire qu'en perforant violemment la face nord à peu près sur la ligne de son centre, ce qui le fit tomber par hasard à l'intérieur sur le couloir montant. Comme à cette époque le revêtement était entier et que, par conséquent, il n'y avait point de décombres accumulés à la base, il s'ensuit que la place même de l'entrée ne se voyait pas du dehors."

extrait de Itinéraire de la Haute-Égypte : comprenant une description des monuments antiques des rives du Nil entre le Caire et la première cataracte - Paris, 1880, par Auguste Mariette (1821-1881), égyptologue français, créateur du service des Antiquités égyptiennes et du musée de Boulaq.

samedi 8 avril 2023

"New Robots to Explore the Great Pyramid", by History for Granite



The Great Pyramid of Giza continues to surprise us with hidden secrets and intriguing anomalies that have yet to be properly investigated. The visual inspection of the North Face Corridor announced on March 2, 2023 is hopefully the beginning of many more revelations to come. The ScanPyramids ‘Big Void’ above the Grand Gallery is now more promising than ever before, but reaching this space will be a significant challenge. Since drilling into the core of the pyramid for 7+ meters to reach the Big Void is a daunting proposition, there are other methods of investigation that can occur which are minimally invasive. New soft-bodied robots powered by compressed air have the ability to investigate previously-inaccessible areas of the Great Pyramid. Near the Queen’s Chamber a drilling from 1986 by Gilles Dormion hit a large cavity of anomalous sand that has never been explained. Innovative and inexpensive robots can now easily burrow through this sand to determine the physical parameters of this hidden area. These robots can also be used within the ScanPyramids North Face Corridor, and even the Big Void if an access point is ever found or created.

jeudi 9 mars 2023

The Great Pyramid North Face Corridor : What do we know so far ? by Matthew Sibson (Ancient Architects)


An International Press Conference in front of the Great Pyramid of Egypt announced the discovery of a new pyramid passageway, 9 metres long, 2 metres wide and just over 2 metres tall, located behind the chevron blocks on the north face of the Great Pyramid. It is therefore referred to as the North Face Corridor, or NFC for short. The discovery has got everybody talking, everybody with an interest in the Great Pyramid has something to say and I’ll do separate videos on the various hypotheses in the coming weeks and months.

Matthew Sibson


mardi 7 mars 2023

Découverte d'un nouveau couloir dans la Grande Pyramide : un article de la revue Science Direct



Built over 4500 years ago, the Great Pyramid of Giza, Egypt, is the only remaining structure of the Wonders of the Ancient World as described by the ancient Greek historian Herodotus. Despite this long existence, only recently has modern science and technology been employed to study this massive stone structure. Cosmic-ray muon radiography throughout the ScanPyramids project has detected a large void above the Grand Gallery of the Great Pyramid and a smaller unidentified void behind the so-called Chevron. The Chevron is an assembly of four large limestone blocks arranged in the shape of two inverted downward open angles. Guided by the muon results, the ScanPyramids teams from Cairo University (Egypt) and the Technical University of Munich (Germany) have carried out three measurement campaigns between 2020 and 2022 to characterize the pyramid’s stone at the Chevron and confirm the presence of the ScanPyramids North-Face Corridor (SP-NFC) by employing a range of Non-Destructive Testing (NDT) techniques. This paper presents selected results from Ground Penetrating Radar (GPR) and Ultrasonic Testing (UST) measurements that were deployed to the surface of the Chevron. To support the NDT interpretation and to validate the gathered results, numerical simulations in 2D and 3D for GPR and UST were performed. Additionally, Image Fusion (IF) was used to combine the reconstructed GPR and UST images, allowing for a more informed interpretation and confirmation of features observed in the individual images. This work confirmed that behind the blocks of the Chevron lies a strong air anomaly that can be associated with the SP-NFC predicted with cosmic-ray muon radiography. In addition to providing proof of the existence of the corridor, the multi-modal NDT approach enabled the precise localization of the corridor and the determination of its geometry. Based on these findings, the ScanPyramids team will propose the coordinates for a small-diameter borehole, which will, for the first time, provide direct access to the hidden corridor and allow its inspection.

ScanPyramids SP-NFC 2023 Report

On 24 February 2023, directly after presenting the research results to the Scientific Committee headed by Dr. Zahi Hawass, the ScanPyramids team successfully showed the ScanPyramids-North Face Corridor (SP-NFC) to the Committee : using a high-frequency ground penetrating radar, the ScanPyramids team found an opening in the joint behind the lower blocks of the chevrons, which made it possible it to introduce a state-of-the-art endoscope with a diameter of only 5 mm.

Nouvelle découverte par ScanPyramids dans la Grande Pyramide (un article de la revue 'Nature')



Precise characterization of a corridor-shaped structure in Khufu’s Pyramid by observation of cosmic-ray muons


Khufu’s Pyramid is one of the largest archaeological monument all over the world, which still holds many mysteries. In 2016 and 2017, the ScanPyramids team reported on several discoveries of previously unknown voids by cosmic-ray muon radiography that is a non-destructive technique ideal for the investigation of large-scale structures. Among these discoveries, a corridor-shaped structure has been observed behind the so-called Chevron zone on the North face, with a length of at least 5 meters. A dedicated study of this structure was thus necessary to better understand its function in relation with the enigmatic architectural role of this Chevron. Here we report on new measurements of excellent sensitivity obtained with nuclear emulsion films from Nagoya University and gaseous detectors from CEA, revealing a structure of about 9 m length with a transverse section of about 2.0 m by 2.0 m.

vendredi 10 février 2023

Une construction "au moyen de quelques madriers et de leviers en bois de sycomore", par Marcel Dieulafoy, à propos des pyramides égyptiennes

photo de Bonfils


"Bâties sur les premiers gradins de la chaîne lybique, les gigantesques pyramides de Gizeh dominent, de toute leur majesté, les champs où dorment à jamais ensevelies les ruines de Memphis, et signalent au loin la nécropole des Pharaons qui fondèrent la monarchie égyptienne.
Ces monuments, destinés à perpétuer à travers les siècles les noms des princes qui les avaient fait élever et à raconter aux races futures la puissance des premiers souverains de l'Égypte, seraient restés des témoins muets de ce glorieux passé, si les découvertes les plus récentes n'avaient révélé leur âge relatif, leur antiquité et les principaux événements qui accompagnèrent ou suivirent leur construction.
Les pyramides sont beaucoup plus anciennes qu'on n'aurait pu le supposer jusqu'à ces derniers temps : on peut affirmer avec certitude que celle qui fut construite à Saqquarah par le Pharaon Ouénéphès, date de plus de sept mille ans, et que les plus récentes furent bâties sous la XIIe dynastie, trois mille ans avant notre ère. Quant aux célèbres pyramides de Gizeh, élevées par les rois Khoufou, Khafra et Menkéra de la IVe dynastie, et illustrées à la fin du siècle dernier par la victoire du général Bonaparte sur les Mameluks, elles seraient âgées de soixante à soixante-cinq siècles environ ; ce sont les plus septentrionales de la région des pyramides, qui s'étend jusqu'à Meidoum sur une longueur de 60 kilomètres. Des fouilles et des études nombreuses, entreprises sur cette vaste superficie, ont prouvé que les pyramides avaient abrité des momies royales ; et si leur volume était variable, c'est que les règnes des Pharaons, dont elles gardaient les dépouilles, n'avaient pas eu une durée égale et n'avaient pas permis à ces princes d'accroître, dans une même mesure, les dimensions de leur monument funéraire. Commencées à l'avènement au trône de chaque roi, par le noyau central, au milieu ou au-dessous duquel était ménagée la chambre du sarcophage, elles étaient effectivement agrandies pendant toute la durée du règne, au moyen de couches concentriques de 4 à 5 mètres d'épaisseur ; de telle sorte qu'il suffisait, à la mort du souverain, de compléter l'enveloppe commencée, pour terminer en même temps le monument funéraire. La maçonnerie de chaque couche était elle-même montée en escalier, afin que l'on pût élever les pierres de taille et les amener au lieu d'emploi, en leur faisant franchir, au moyen de quelques madriers et de leviers en bois de sycomore, la hauteur qui séparait chaque marche. Une dernière enveloppe, en pierre dure et polie, faisait disparaître les gradins et dissimulait à tous les yeux l'entrée de la galerie conduisant à la chambre du sarcophage. Les rois attachaient à la grandeur et à la majesté de leur dernière demeure une telle importance, que ce fut un honneur réservé aux plus puissants fonctionnaires de la monarchie, de diriger, en qualité d'ingénieur, l'armée d'ouvriers employée à ces travaux, après avoir présidé, dans les carrières, au choix des bancs de pierre qui devaient être exploités.
Il est difficile de concevoir aujourd'hui la puissance de ces souverains qui, pour élever un monument indestructible rappelant aux générations futures leur puissance et leur fol orgueil, arrêtaient tous les travaux d'utilité publique, écrasaient le peuple, pendant toute la durée de leur règne, de corvées et d'impôts, et faisaient converger toutes les forces de la nation vers un seul but : la construction de la pyramide royale. On peut se rendre compte des sacrifices demandés à l'Égypte pendant cette période, en calculant ce que coûterait aujourd'hui, si on utilisait l'outillage perfectionné de l'industrie moderne, la construction de la pyramide de Khoufou. Elle ne saurait être évaluée à moins de 600 millions ; mais on dépenserait un milliard, si les maçons et les tailleurs de pierre étaient réduits à travailler avec les outils imparfaits des Égyptiens. Ainsi donc, les six pyramides de Gizeh, de Saqquarah et de Dachour, coûtèrent à l'Égypte, comptant à peine, à cette époque reculée, quatre à cinq millions d'habitants, une somme supérieure à l'indemnité de guerre exigée par les Allemands après nos désastres, et à peu près équivalente à celle que nous avons consacrée à la construction des 22.000 kilomètres de chemins de fer qui sillonnent la France."


par Marcel Dieulafoy (1844-1920), ingénieur des Ponts et Chaussées, archéologue
extrait de Revue générale de l'architecture et des travaux publics - journal des architectes, des ingénieurs, des archéologues, des entrepreneurs, des industriels du bâtiment, etc. ; histoire, théorie, pratique, mélanges · Volume 39, 1882

mardi 25 octobre 2022

Pyramide de Kheops, mission ScanPyramids et 'Big Void' : le mémoire de Jean-Pierre Houdin


Comme annoncé lors de ses voeux pour l'année 2022, l'architecte français Jean-Pierre Houdin a publié le 25 octobre 2022 sur sa page Academia un mémoire de 150 pages au sujet du Big Void découvert par la mission ScanPyramids.

Quelques dates marquantes :

2 Janvier 1999
Son père Henri Houdin imagine la construction de la pyramide de Kheops de l'intérieur

10 Mars 2001
Début de l'idée par l'auteur d'un contrepoids dans la Grande Galerie

25 Octobre 2014
Décès de son père

25 Octobre 2015
Lancement de la mission ScanPyramids à la Mena House (le Caire)

2 Novembre 2017
Annonce de la découverte du Big Void dans la revue 'Nature'

25 Octobre 2022
Publication de son mémoire au sujet du Big Void sur Academia
Plus de 21 années d'efforts pour décrypter l'énigme de la construction de la Chambre du Roi et sa superstructure


Présentation du mémoire de Jean-Pierre Houdin ci-dessous :




vendredi 9 septembre 2022

Great Pyramid Secret Chamber: The Mystery Deepens (2022 Documentary) | Ancient Architects

Une vidéo de Matthew Sibson (chaîne You Tube "Ancient Architects")

"The Great Pyramid of Egypt has stood proudly for thousands of years, one of the most well-studied ancient enigmas on Earth. In the past three decades, the latest technology has assisted the experts in uncovering some startling new revelations. Hidden corridors and voids have been detected with georadar, small closed doors discovered with the help of state-of-the-art robotic explorers, and less than a decade ago, two mysterious voids were found with the help of cosmic ray muon scanning technology. But whilst the world waits for what happens next, a mystery from history has come to light. Buried in books nearly 200 years old, are some previously unseen, credible historic eyewitness accounts, accounts that contradict what we thought we knew about the history of the Great Pyramid. Can they help us unlock a secret chamber hidden deep inside ? is there a corridor below the Queen’s Chamber? Was its discovery covered-up more than 150 years ago? In this video the Great Pyramid mystery only deepens as two startling eye witness accounts from 1837 could well change the narrative."


mardi 14 juin 2022

"Le sarcophage faisait partie de la construction" (Henri Motte, à propos de la Chambre du Roi, dans la Grande Pyramide)


Extrait de Petite histoire de l'art, 1896, par Henri Motte (1846-1922), peintre, architecte, illustrateur notamment (vingt-quatre grandes compositions) de l'Iliade, de Homère, traduction par Émile Pessonneaux.

illustration extraite de l'ouvrage de H. Motte

"La pyramide de Chéops, qui mesure à sa base 227 mètres, avait une entrée murée qu'il devait être impossible de découvrir quand le monument était intact. Cette entrée donnait sur un couloir en pente conduisant en ligne droite à une chambre souterraine que les eaux du Nil pouvaient inonder. Cette chambre est à 35 mètres au-dessous du niveau du sol et au centre de l'édifice. Quelques auteurs estiment qu'elle avait été construite pour assurer une demeure à la momie du pharaon, au cas où le monument n'aurait pas été terminé : nous ne partageons pas cette opinion.
À 35 mètres de l'entrée, à peu près au niveau du sol, le couloir en rencontrait un autre montant vers l'axe du monument. Au point de jonction de ces deux couloirs se trouvait un bloc de la grandeur du passage.
À une distance d'environ 40 mètres, le couloir débouchait dans une galerie inclinée et dans un passage horizontal. Par le passage, on arrivait à la chambre de la reine, tout en granit rose ; par la galerie on arrivait à une salle, dite du sarcophage, dont l'entrée était bouchée par quatre pierres faisant herse ; le visiteur, par conséquent, n'avait plus qu'à rebrousser chemin ; s'il avait la chance toutefois d'écarter les quatre herses, il entrait dans la grande salle ; après avoir traversé un vestibule, il se trouvait en face du sarcophage. Cette salle avait été construite avec un soin tout particulier ; elle est couverte par cinq plafonds de granit rose superposés et composés chacun de neuf pierres de 5 m. 64. L'espace qui sépare ces plafonds forme des chambres. Un seul côté des pierres est taillé, celui qui fait plafond.
Enfin, pour faire peser sur les côtés la pression qu'exerce la masse de pierres qui s'élève à 100 mètres au-dessus de cette chambre, les blocs sont placés en triangle, comme la charpente d'un toit, et dépassent dans leur projection la grandeur totale de plafonds inférieurs.
Quand on examine avec soin la structure de la pyramide, on constate que l'introduction d'un sarcophage en granit rose, comme celui que l'on y a découvert, était impossible à exécuter une fois le monument terminé : d'abord, à cause de la faible dimension des overtures, puis à cause de la disposition des passages intérieurs.
Le sarcophage faisait donc partie de la construction, et était mis en place avant la pose des monolithes formant le plafond. Non seulement le sarcophage était placé, mais la momie devait y être posée ; car il eût été presque impossible de la faire passer renfermée dans sa boîte par les ouvertures étroites donnant accès dans la salle royale.
En outre, le couloir est bouché par un bloc de grandeur égale à celle de ce passage et l'on ne peut admettre qu'on l'ait apporté quand le monument était terminé : où aurait-on pris son point d'appui ? Ni en arrière, puisque le bloc obstruait complètement l'ouverture ; ni en avant, puisqu'on se trouvait dans un couloir de 40 mètres de longueur, formant à un certain endroit un angle de 45 degrés dans le plan vertical.
S'il en est ainsi, la construction du monument aurait eu lieu après la mort du pharaon et les salles qui se trouvent au-dessous et qui ne contenaient aucun sarcophage auraient eu une destination inconnue.
La présence de l'eau dans la chambre, au-dessous du niveau du sol, ferait croire à l'idée, chez l'architecte, d'assurer la sécheresse du monument en construisant une sorte de puisard pour recevoir les eaux d'infiltration.
Quant à l'extérieur de la pyramide, qui aujourd'hui se présente sous la forme de grandes marches en calcaire, il est prouvé que ses gradins étaient recouverts de pierres triangulaires formant un revêtement lisse depuis le haut jusqu'en bas. Ce revêtement avait été placé en commençant par le haut, car il eût été impossible de se tenir et de travailler en montant sur une surface lisse.
D'après Philon, auteur grec, le revêtement aurait été fait par bandes de pierres : marbre blanc, basalte, porphyre et brèche verte.
Au sommet, il y aurait eu une pyramide dorée. À la base, un soubassement contribuant à l'aspect majestueux du monument.
Les pyramides étaient précédées de temples où se célébrait le culte en souvenir du défunt ; de larges chaussées bâties en gros blocs et élevées de plus de 16 mètres y conduisaient après avoir servi au transport de tous les matériaux.
Le grand sphinx y figurait le gardien de la nécropole ; sa tête était taillée dans un rocher et le reste du corps était en maçonnerie. La tête mesure 20 mètres de hauteur. On a retrouvé sur le monument des traces de peinture et l'on peut supposer que cette couleur avait pour objet de dissimuler la disparate des matériaux dont il était formé.
Bædeker, effrayé a l'idée de l'immensité du travail qu'il aurait fallu exécuter pour construire la pyramide d'un seul coup, émet l'hypothèse d'un système de construction partant d'un noyau central en pyramide.
Ce noyau aurait été enveloppé successivement par une série de constructions formant des parallélépipèdes et recouvertes par des plans inclinés.
Lepsius et d'autres supposent une série de plans parallèles recouvrant une pyramide centrale.
Ces explications, quoique ingénieuses, ne sont pas admissibles, car alors on trouverait dans les couloirs les points de raccord de ces travaux qui auraient du reste subi des tassements ou des glissements. Il faut admettre, comme nous l'avons dit, un plan arrêté d'avance, et, ce qui le prouve, c'est l'existence de pyramides inachevées, n'ayant que leur base de complète.
On trouve à Dachour d'autres pyramides en briques cuites qui n'ont pas été exécutées d'après un seul plan : elles sont formées par une pyramide tronquée recouverte par une pyramide ayant un sommet. Celle d'Illahoun est construite sur un roc ; deux murs de briques sont construits en forme de croix, suivant les diagonales du plan ; contre eux viennent s'appuyer d'autres murs parallèles au côté du rectangle de base, et formant comme les nervures d'une plante. Cette ossature est remplie par de la maçonnerie.
Il y avait aussi des pyramides à degrés qui paraissent avoir été construites au moyen de revêtements parallèles.
Au total, le principe de la pyramide rentre dans l'idée religieuse du mastaba. Le puits est remplacé par la chambre du sarcophage, le serdab par le couloir, la chambre d'offrande par le temple qui se trouve au pied du monument."

 

vendredi 3 juin 2022

La signification symbolique des pyramides égyptiennes, selon Ernesto Schiaparelli

Ernesto Schiaparelli (1856 - 1928) est un archéologue et égyptologue italien, qui consacra sa vie à l'Égypte antique.


On trouvera ci-dessous le texte intégral de son ouvrage Il Significato Simbolico Delle Piramidi Egiziane, publié en 1884.

Quelques extraits, traduits en français, de cet ouvrage :

"La pyramide était donc pour les Égyptiens le symbole du soleil rayonnant et, indirectement ou dans un sens plus large, du concept solaire en général : mais au-delà, elle en avait aussi un autre plus restreint ou mieux défini, qui a une importance toute particulière pour nos recherches, celui d'un symbole du soleil levant. Cela se déduit de la représentation de la pyramide qui s'élève entre deux montagnes : représentation qui se confirme ou s'illustre par le rapport dans lequel elle est placée au-dessus d'autres monuments avec un mythe essentiellement solaire, qui avait pour centre le sanctuaire d'Héliopolis.
Des nuées d'oiseaux aux plumes dorées et parfumées d'arômes passaient chaque année à certaines saisons sur l'Égypte venant d'Arabie, et tombaient en grand nombre dans les filets tendus par les Égyptiens : selon une légende, qui a dû se répandre parmi le peuple égyptien, parce qu'on le trouve répété par Hérodote, Tacite, Pline, Horapollon, etc. Chez eux, il y avait un oiseau, appelé phénix (...) qui venait se percher sur le sanctuaire d'Héliopolis une fois tous les cinq cents ans, un oiseau unique en son genre, qui en mourant donnait vie à un nouveau phénix, qui recueillait le corps de son parent et l'emmenait à Héliopolis, pour y mourir ensuite à son tour et céder sa place à un tiers. Il n'y a aucune indication positive de cette légende fantastique dans les textes religieux égyptiens, mais on y mentionne cependant souvent l'oiseau Bennu, adoré dans le grand temple d'Héliopolis, qui correspond sans doute au phénix des écrivains grecs ou latins. Le Bennu, qui, selon la légende, ne mourut pas avant d'avoir insufflé la vie à un nouvel être, nous apparaît dans les textes égyptiens comme le symbole de l'Âme divine qui existe malgré le changement ultérieur de formes ; il vit dans le soleil diurne, demeure dans le soleil nocturne et le fait renaître au matin, et donc, alors que dans un sens très large on l'appelait l'âme de Râ et d'Osiris, il représentait particulièrement cet instant de la course du soleil, dans laquelle ce dernier, se dégageant des ténèbres, renaît sur la crête des montagnes de la chaîne arabique.
À cet égard, le Bennu est représenté dans les inscriptions égyptiennes sur une pyramide qui s'élève entre deux crêtes montagneuses, et ainsi les deux parties de cette représentation symbolique s'illustrent et se confirment.
De l'étude du benben et de l'obélisque, dont celui-ci est l'élément essentiel ou générateur, ainsi que de son rapport avec le mythe du phénix, il ressort que la petite pyramide, vénérée dans les temples ou placée dans des tombes, était pour les Égyptiens le symbole du soleil rayonnant et, de façon secondaire et dérivée, du soleil levant. Les gigantesques pyramides de Gizeh, Abusir, Saqqarah, Dashur, Meïdoum, etc., non moins que les petites amulettes pyramidales, que l'on retrouve entre les bandes des momies, ont certainement été inspirées par les mêmes concepts, liés ou combinés avec le concept sépulcral : de ce concept complexe qui en résulte il est nécessaire d'avoir une idée très claire, puisque c'est le seul qui puisse nous donner la raison exacte de la destination, de la forme, de la taille et du nom même qui a été attribué à chacune des pyramides de la nécropole de Memphis.
Dans le soleil qui mourait chaque soir derrière la chaîne libyenne, envoyant les derniers rayons impuissants sur l'Égypte, et qui, en vertu d'une force mystérieuse et inexplicable, ressuscitait le lendemain matin pour mourir de nouveau le soir puis ressusciter à nouveau, les Égyptiens, parallèlement à ce que faisaient leurs frères chez les autres peuples, avaient concrétisé l'idée de l'Être infini et incréé, qui est la cause et la raison de leur propre existence ; celle-là même qui dans toute l'antiquité n'a été conservée dans sa pureté primitive, sans symboles et sans mythes, que par le peuple juif."


jeudi 2 juin 2022

Relation entre Fleur de Vie et Coudée Royale, par Marco-Virginio Fiorini

 

Existe-t-il une relation entre la Fleur de Vie et la Coudée Royale ?
Apparemment aucune. Et pourtant, au contraire, il en existe une. Commençons par comprendre de quoi il s’agit.


La Fleur de Vie est un symbole sacré qui nous vient de la nuit des temps.


Outre l'Égypte, ce symbole a été retrouvé également dans différents sites sacrés antiques tels que le Mont Sinaï, ou encore dans les pays suivants : Chine, Inde, Espagne, Allemagne, Tibet, Grèce, Suisse, Islande et Italie, pour n’en citer que quelques-uns.
Elle représente la Création, le Schéma de la Vie, la Connaissance, et la relation entre ces représentations.
Elle est aussi interprétée comme une représentation de l’univers et de ses implications infinies.
C’est un symbole qui est à la base de la Géométrie Sacrée.
Ce schéma sacré a été représenté un nombre incalculable de fois, autant par d’obscurs artistes que par de grands génies, tels que le grand Léonard de Vinci qui l’a étudié et reproduit des centaines de fois dans ses nombreux dessins.

La Coudée Royale (CR) est une unité de mesure égyptienne des plus importantes, qui servait à projeter et tracer sur les chantiers les lignes de construction des édifices importants parmi lesquels : tombes, temples, pyramides, espaces sacrés, etc.

Sa longueur effective, rapportée à notre système métrique, est exactement de 52,36 cm. Pas un millimètre de plus ou de moins.
La précision de cette mesure est due à la nécessité de la mettre en correspondance avec toute une série de Constantes Mathématiques que les Égyptiens connaissaient très bien. (1)


Pour expliquer comment il y a une relation directe entre la Fleur de Vie et la Coudée Royale, il est nécessaire de reconstituer brièvement un parcours qui part de ma conviction personnelle (aujourd’hui étayée d’une grande quantité d’éléments en sa faveur) que les Égyptiens connaissaient le Mètre.
Oui, vous avez bien lu : le Mètre !

Le Mètre
Bien que les Égyptiens de l’antiquité l'aient connu, il fut peu utilisé pour l’édification des édifices officiels, sacrés et importants, parce que cette unité de mesure n’était pas un multiple ou un sous-multiple des deux principales constantes mathématiques : le nombre Pi (π) (3,1416) et la Proportion Dorée (1,618).
Multiple non, mais entre le Mètre et ces deux Constantes s’établit une relation précise.

Voyons laquelle.

Si nous traçons un cercle d’un diamètre de 1 M, sa circonférence sera de 3,1416 (2). (Fig. 5)


Maintenant divisons la circonférence en 6 parts égales. (Fig. 6)
Pourquoi justement en 6 parts et pas en 5 ou en 7 ou encore un autre nombre ?
Parce que de cette façon il est possible de tracer un hexagone inscrit. (Fig. 7)
L’hexagone est l’unique figure de la géométrie plane qui possède un côté de la même longueur que le rayon du cercle qui le contient. Donc, si le rayon du cercle est = 50 cm, le côté de l’hexagone sera lui aussi de 50 cm. (Fig. 7)
Divisant tout le cercle en 6 parts égales, il se forme 6 "parts de gâteau" dont chacune aura un angle de 60° par rapport au centre. (Fig. 8)
La longueur de l’arc qui sous-tend l’angle correspondant de 60° (c’est-à-dire chaque part) est exactement de 0,5236 m, c’est-à-dire une Coudée Royale. Vérification:
3,1416 : 6 = 0,5236

Nous venons juste de démontrer la relation parfaite qui existe entre le Mètre et la Coudée Royale qui passe à travers le nombre Pi (π).
Mais auparavant, nous avons parlé de deux constantes. Il nous manque encore la Proportion Dorée. C’est juste.
La solution est plus simple qu’on pourrait le penser en premier lieu.
En fait en soustrayant à la valeur en mètre du nombre Pi (π) (3,1416), celle de la Coudée Royale (0,5236), on obtient 2,618 qui est le carré du Nombre d’Or (1,618). Soit: 3,1416 - 0,5236 = 2,618.
Par conséquent, pour conclure cette première partie préliminaire, nous pouvons affirmer qu’il existe une relation parfaite entre le Mètre, le nombre Pi (π), la Coudée Royale et le Nombre d’Or.

Mais à présent, retournons à la Fleur de Vie.
Comme on peut facilement le voir sur le dessin (Fig.9) la distribution des pétales est basée sur une étoile à 6 branches dont les extrémités sont inscrites dans un hexagone 
régulier. (Fig.10)
C’est un processus analogue à celui qui est présenté dans le Figure 7.

Comme le rayon utilisé pour tracer la circonférence de base (dans ce cas : 50 cm) est le même que celui qui a servi à tracer les pétales de la Fleur de Vie, je crois que l’on peut affirmer que chaque pétale de la fleur est composé de deux arcs de cercle d’une longueur égale à 0,5236 m et donc ayant la même dimension que celle d’une Coudée Royale.
Autrement dit, la Fleur de Vie est composée de 12 Coudées Royales dont le développement total équivaut au double du nombre Pi (π). En fait :
0,5236 x 12 = 6,2832 : 2 = 3,1416
Rappelons-nous que la symbolique du serpent est un des symboles mythologiques et magiques les plus répandus présents dans toutes les civilisations antiques, à commencer par l’Égypte (l'uræus avec lequel étaient représentés les pharaons et les reines de sang royal).
En analysant cela d’un point de vue graphique et symbolique, la figure de la Fleur de Vie peut être décomposée en d’autres éléments plus simples qui peuvent comporter différentes significations.
Dans le cas de la figure 11, les courbes peuvent s’interpréter comme deux serpents stylisés (rouge et bleu) s’entrecroisant. Ceci nous rappelle le caducée. (Fig.12)
La mue de la peau, typique des serpents, est un indice de renouvellement et de renaissance.
Nous ne pouvons pas oublier le serpent à plumes de la civilisation Maya (Quetzalcoatl), les deux serpents entrelacés d’Asclépios, dieu grec de la médecine, le culte d’Esculape version latine d’Asclépios, dont le bâton aux deux serpents entrecroisés orne les pharmacies modernes.
Rappelons-nous aussi le serpent d’Adam et Eve, celui de Moïse, le serpent de la tradition hindoue qui nous rappelle la tradition tantrique (Kundalini). Et pour finir avec le grand Carl Gustav Jung, le serpent symbolise l’énergie cosmique - divine - et celle de la psyché (libido).

Conclusion
La Coudée Royale, désormais proche de la Fleur de Vie et entrelacée avec elle, accède à un niveau supérieur d'importance.
Elle est non seulement une mesure, mais encore le paradigme d’une série de correspondances symboliques qui font comprendre maintenant pourquoi elle était si "vénérée" des Égyptiens de l’antiquité qui la placèrent à la base de toutes leurs constructions majeures et de celle, que je considère personnellement comme la "Mère de toutes les constructions" : la Grande Pyramide de Gizeh.
Elle est la gardienne silencieuse, mais ferme et décisive, de toute une philosophie constructive indissolublement liée à l’Harmonie. Concept qu’ils ont déifié sous le nom de Déesse Maât.
Sa proximité de la Fleur de Vie n'est pas une découverte, mais une confirmation.
Marco-Virginio Fiorini

(1) De quelles constantes parlons-nous ? Les deux constantes les plus connues sont le Nombre d’Or (1,618), le nombre Pi (π) (3,1416). Mais il y en a divers autres et parmi elles : la racine de 2 (1,414), la racine de 3 (1.732) et surtout la racine de 5 (2,236). Cette dernière très présente est liée à la Chambre du Roi. Les raisons qui poussèrent les Égyptiens à chercher ce type de correspondance n’est pas le thème de cet article. Cf. sur ce sujet mon ouvrage "Armonia Universale" - Editions Priuli et Verlucca - 2016.

(2) Pour trouver la circonférence d’un cercle quelconque, on multiplie la longueur du diamètre par le nombre Pi (π). Par conséquent, si le diamètre est égal à 1, la circonférence sera égale à Pi, soit 3,1416.


Traduction des légendes des illustrations

Fig. 1 :  Fleur de Vie. De temps en temps, on trouve ce symbole avec la dénomination d'Étoile des Alpes. C'est une exagération moderne, utilisée à des fins touristiques, commerciales et même politiques.

Fig. 2 : Une composition de différentes "Fleurs de Vie" entrelacées, analogue à celle sur les pilastres de l'Osireion à Abydos (Égypte), à l'arrière du Temple du pharaon Séti Ier

Fig. 3 : Abydos. Deux exemples de Fleurs de Vie gravées sur les pilastres de l'Osireion voisin du temple de Séti Ier

Fig. 4 : Coudée Royale en or, exposée dans la salle qui contient le tombeau de Khâ, au Musée égyptien de Turin

Fig. 5 : Si le diamètre = 1, la circonférence = 3,1416

Fig. 6 : Cercle divisé en 6 parties égales

Fig. 7 : Insertion d'un hexagone

Fig. 8 : La longueur de l'arc AB correspond exactement à celle d'une coudée

Fig. 9 : Fleur de Vie (base hexagonale)

Fig. 10 : Fleur de Vie inscrite dans un hexagone

Fig. 11 : Courbes sinueuses, comme celles d'un serpent

Fig. 12 : Le caducée (symbole des pharmaciens)