samedi 26 mars 2011

Selon l’ingénieur égyptien Moustafa Gadalla, la “machine” d’Hérodote était en réalité un “moule” pour la fabrication de blocs en béton

L’Égyptien Moustafa Gadalla (né en 1944) est un ingénieur diplômé de l’Université du Caire en génie civil. Il a émigré aux États-Unis en 1967. Il est président de la Tehuti Research Foundation.
Dans son “manuel” Pyramid Hanbook, publié en 1996 (nouvelle édition en 2003), il se propose de “détruire de nombreuses fausses perceptions” des anciennes pyramides égyptiennes.
Adoptant le rythme des questions/réponses, il passe en revue, pour les confondre, toutes les idées reçues sur la construction et la fonction de ces monuments.
Voici quelques points essentiels de la démonstration de l’auteur :

Les pyramides étaient-elle des tombes ?
Réponse : non ! Sauf celle de Djézer à Saqqara, où les chambres mortuaires souterraines ont été ensuite complétées, en élévation, par une pyramide à degrés ; mais “les chambres mortuaires ne faisaient pas partie de la structure pyramidale”. Quant aux chambres des neuf autres pyramides construites en “maçonnerie”, elles ne comportent ni inscriptions religieuses, ni salles des offrandes, ni caractéristiques funéraires telles que celles que l’on trouve dans les tombes d’avant ou après leur période de construction.

D’autres constats vont d’ailleurs dans le même sens :
- les couloirs des pyramides en question sont trop étroits pour avoir été adaptés à des cérémonies de funérailles ;
- on n’a jamais retrouvé d’ossements dans les chambres mortuaires de ces pyramides :
- Djézer a fait construire lui-même trois pyramides, bien évidemment pas destinées toutes les trois à recevoir sa dépouille !

La théorie “commune” sur la construction des pyramides est-elle plausible ?
Rappel : il est communément admis que les pyramides sont composées de blocs de calcaire extraits de carrières locales et de blocs de revêtement provenant de Tourah. Or cette théorie ne

repose sur aucune preuve historique évidente.
Puis l’auteur invite le lecteur à revenir au seul texte qui fasse réellement référence - la relation d’Hérodote -, à condition de le bien interpréter !

Qu’a dit réellement Hérodote ?
Voici un extrait de son récit :


Mais quel sens donner au mot “machine” (faite de courts morceaux de bois) ?
La réponse de Moustafa Gadalla sort pour le moins des sentiers battus : “Beaucoup de gens ont critiqué Hérodote pour sa description. Mais c’est la pauvre traduction actuelle [du mot “machine”] qui a créé la confusion. Les traducteurs ont tordu le sens du mot grec, pour lui donner une signification typiquement moderne. Par contre, si le mot “machine” est traduit de façon à signifier un appareil tel qu’un “moule” (mould) fait de courts morceaux de bois, alors toute la description prend réellement un sens.”

Quelle était l’utilisation des “moules” faits de courts morceaux de bois ?
Ces moules servaient à retenir le béton fabriqué manuellement, en forme de blocs, jusqu’à ce qu’il sèche.
Une preuve à cette assertion ? L’auteur la trouve dans l’expertise des anciens Égyptiens en matière d’alchimie et dans de très nombreux objets (jarres, vaisselle...) trouvés dans les chambres de la pyramide de Djézer, façonnés à partir de diorite et de basalte. Imhotep lui-même n’avait-il pas le titre de “Fabricant de vases en chef” ?


Copyright Alain Guilleux

Puis Moustafa Gadalla cite la “Stèle de la famine” qui, il est intéressant de le noter, sert également de référence à Joseph Davidovits dont la théorie sur les pierres moulées a été présentée dans Pyramidales.
Les blocs de pierre des pyramides n’ont donc pas été extraits de carrières. D’ailleurs, les Égyptiens ne disposaient ni des outils adaptés, ni de la technique nécessaire à une telle tâche. Et l’auteur de conclure sur ce point :


Et qu’en est-il des rampes temporaires ?
C’est une “totale invention”, mais qui a été répétée tant de fois qu’elle est devenue un “fait” communément admis. Les rampes représentent une réelle aberration technique, représentant la mise en œuvre d’une quantité de matériaux plusieurs fois supérieure à celle des matériaux de la pyramide elle-même.

Pour consulter l’essentiel du texte de Moustafa Gadalla : cliquer ICI 


L'ouvrage Les pyramides d’Égypte revisitées, 2 mai 2018, peut être consulté sur Google livres : ICI 



vendredi 25 mars 2011

Théories sur la construction des pyramides égyptiennes : “Les auteurs ont souvent été plus habiles à souligner les faiblesses des solutions proposées par leurs prédécesseurs qu’à proposer eux-mêmes des solutions sans faille” (John Anthony West)

L’auteur, conférencier et guide touristique John Anthony West est connu pour son interprétation “alternative” (“symboliste”) de l’ancienne culture égyptienne, à la lumière de l’astrologie.
En collaboration avec Robert Schoch, il a élaboré une théorie sur le Sphinx, selon laquelle cette monumentale sculpture a été endommagée par une érosion due à la pluie à une époque très reculée, située entre 10.000 et 5.000 avant notre ère. (1) Elle sort donc du calendrier de l’aménagement du plateau de Guizeh, tel que communément admis, que le Sphinx soit ou non mis en relation avec Khéphren.
Dans son ouvrage The traveller’s key to ancient Egypt, new edition, 1995, il consacre un long développement aux pyramides de Guizeh. Il y présente tout d’abord quelques figures majeures de l’égyptologie, et plus particulièrement de la pyramidologie : Jomard, Vyse, Perring, John Taylor, Smyth, Petrie... Puis il passe en revue, de manière plus détaillée, telle ou telle théorie sur la fonction des pyramides : la Grande Pyramide comme observatoire astronomique (Proctor), la pyramide almanach (Moses B. Cotsworth), la Grande Pyramide comme marqueur géographique ou référentiel géodésique (Livio Stecchini), la pyramide comme centre d’initiation, la pyramide comme Q.G. pour astronautes, la pyramide comme tombeau, la pyramide comme concentration d’énergies.
Commentant les affirmations d’Hérodote sur la chambre souterraine et entourée d’eau, où aurait été déposée la momie du pharaon bâtisseur de la Grande Pyramide, J.A. West reconnaît comme “pas impossible” l’existence de chambres et couloirs encore “cachés” (hidden) dans ce monument, bien que la recherche n’ait pas à ce jour débouché sur des “indications positives”. (2)


Une question... de multiples réponses
Vient ensuite l’incontournable question : “Comment les pyramides ont-elles été construites ?”
Premier constat : en dépit des nombreuses recherches, théories et hypothèses, il faut bien admettre que les auteurs ont souvent été plus habiles à souligner les faiblesses des solutions proposées par leurs prédécesseurs qu’à proposer eux-mêmes des solutions sans faille : “To date, investigators have been more successful in exposing weakness in the solutions proposed by their predecessors than in putting forward unflawed solutions of their own, a problem that is compounded by the almost total lack of information provided by the ancient Egyptians themselves.”
La lacune, en termes d’informations, est donc à chercher très loin dans le temps. Il y a bien un certain Hérodote dont le célébrissime récit a traversé les siècles. Certes, l’historien grec ne fait appel ni à la providence divine, ni aux astronautes ! Mais, dixit J.A. West, “son récit n’en est pas moins rempli d’incohérences et de plusieurs absurdités”. Néanmoins, le récit d’Hérodote peut encore aujourd’hui servir de base à la réflexion des chercheurs, car même s’il repose sur des témoignages transmis au cours de soixante générations, il faut bien admettre que l’on ne détient rien d’autre pour pallier l’absence de quoi que ce soit d’ “officiel” sur la construction des pyramides.
Le problème devient plus complexe, et les avis divergent grandement, lorsqu’il s’agit de reconstituer en détail la “machine de levage” citée par Hérodote. Comment était-elle fabriquée ? Comment fonctionnait-elle ?
En réponse, pour le moins partielle, à cette question, l’auteur écrit : “If there is a general agreement that a combination of logistical genius and organized brute force could handle the rough work - more or less as described by Herodotus -, techniques involved in the finer details of construction remain conjectural.”
D’autres points techniques ou historiques majeurs restent également en suspens :
- comment les 115.000 blocs de revêtement de la Grande Pyramide ont-ils été mis en place ?
- cette pyramide doit-elle être attribuée à Khéops ? (l’avis de West est qu’il qu’il s’agit d’un monument “anonyme”)
Avant de conclure, J.A. West cite deux théories particulières élaborées pour le transport des blocs de pierre : celle consistant à faire “flotter” ces blocs du fleuve jusqu’au site de construction, et celle d’Edward J. Kunkel (présentée dans ce blog ICI).
Puis il termine son chapitre en ces termes :”It is not illogical to suggest that (...) the Egyptians understood and utilized techniques of mechanical balance unknown to us ; what would be magic to us was method to them, and so, with simple tools but a highly sophisticated understanding of the principles involved, they were able to manipulate these immense stones with an ease and a finesse that we, with our elaborate technology, could not reproduce. The only way such a contention could be proved is to possess such techniques ourselves, but since the whole train of modern thinking runs in precisely the opposite direction towards smaller men and bigger machines, the problem of how the pyramids were built will probably remain open, at least until the spirit that motivated these prodigious stone symphonies again prevails upon us.”

Pour consulter l’intégralité de ce chapitre (pp. 85-109) :
- avec le navigateur Internet Explorer : cliquer ICI
- avec Firefox : voir le lecteur ci-dessous, proposé par Google Books




(1) Sur cette théorie, voir la vidéo disponible sur YouTube : 1e partie, 2e partie, 3e partie, 4e partie, 5e partie.
(2) L’auteur cite, en complément, les travaux effectués en 1968 par Luis Alvarez, Prix Nobel de Physique, à l’aide d’ “instruments électroniques sophistiqués”, à la recherche de chambres cachées dans la pyramide de Khéphren, mais n’ayant, semble-t-il, débouché sur aucune découverte particulière.

A compléter par une illustration vidéo des travaux de West sur l'âge du Sphinx : ICI

jeudi 24 mars 2011

Maragioglio et Rinaldi : des références majeures en pyramidologie

L'architettura delle piramidi Menfite, l'ouvrage des Italiens Vito Maragioglio et Celeste Rinaldi, est considéré par les pyramidologues comme une référence majeure.
Malheureusement, cet ouvrage, publié en 1963, est devenu la "perle rare". De surcroît, d'un coût très élevé...
Si vous ne connaissez pas encore l'astuce offerte par internet, je vous la livre à toutes fins utiles. Ceux qui sont familiers de la barre d'outils spéciale Pyramidales en auront d'ailleurs déjà été informés, via l'onglet "Doc utiles".
Certes, les liens que je vous suggère ne concernent que la 4e partie (textes et plans) de l'ouvrage de Maragioglio et Rinaldi, mais c'est mieux que rien ! Et il s'agit quand même de la pyramide de Khéops (textes en italien et en anglais)...

Les pyramides ne furent pas édifiées selon un plan préconçu” (Giulio Re, XIXe s.)

Le texte choisi pour cette note est extrait de la revue italienne Museo scientifico, letterario ed artistico, 1847.
Son auteur - Giulio Re - y développe la technique bien connue de l’accroissement progressif d’une pyramide (“accrétion”), sur la base du principe que les Égyptiens exprimaient, dans un tel édifice, l’idée de l’infini.
Sauf erreur d’interprétation de ma part, je discerne une certaine contradiction dans les propos de l’auteur : le mode de construction “de haut en bas”, tel qu’il le décrit, convient (conviendrait) pour un premier état de la pyramide. Mais, en partant du principe qu’une pyramide n’est jamais terminée, si l’on prévoit de l’augmenter en volume et en hauteur, cette technique n’est plus valable, et il faut bien alors construire “de bas en haut”, autrement dit en se servant des gradins déjà existants comme d’un escalier.
Pour guider la lecture, j’ai introduit des intertitres par lesquels je mets en avant les idées principales de l’auteur.

Auteur inconnu, sans date

“Importa anzi tutto di premettere che le piramidi non furono edificate secondo un disegno preconcepito, cioè non furono ideate di quella mole che quindi ebbero, ma, meno grandi da prima, furono ingrossate vieppiù nel decorso degli anni, coll'aumentare l'antica mole o nucleo d'un nuovo involucro o rivestitura ; e crebbero esse per l'arte umana a un dipresso come fanno le piante per opera della natura, le quali ingrossano fasciandosi ogni anno di novelli strati, e s'innalzano con una nuova messa.

Pour donner plus de hauteur et de volume à une pyramide, il suffisait de lui ajouter un nouveau revêtement
Le piramidi non hanno le loro falde piane, ma a spalli o a scaglioni, nè la cima aguzza, ma smozzata in un piano orizzontale. Onde ne segue, che per elevare ed ingrossare le piramidi bastava rinvestirle di nuovo, e per rinvestirle bastava coprire gli antichi scaglioni di nuovi sovrapponendone altri ad altri.
I massi adoperati nell'edificazione delle piramidi erano tagliati in altezza e larghezza regolari ed uniformi, benché colla lunghezza degli scaglioni dovesse variare anche quella dei macigni adoperati a formarli, quando il diverso loro numero non bastasse a mantenere la regolarità della forma piramidale, la quale ha le falde pendenti in dentro e stringentisi verso la cima.
Ogni lato di una piramide rende l'imagine di una scala che vada più e più, e regolarmente, scemando verso il sommo e fatta a scalini senza sporto o ugnatura (...).
L'altezza presente potrebbe considerarsi come il nucleo di una piramide senza limiti più alta e più grande, finché si venisse a quella altezza e grandezza a cui si opponesse una legge stessa della natura. Imperciocché nello stato loro attuale è ben possibile d'ingrossarle illimitatamente e col pensiero e coll'opera ; poiché ingrossarle vuol dire rivestirle di nuovo, e una nuova rivestitura e una terza ed una quarta sono possibili, nè alcuno potrebbe ancora fissarne il numero.

Les pyramides, telles que nous les voyons actuellement, ne sont pas terminées
Onde possiamo inferire che le piramidi, come ora si contemplano, non sono ancora a quel termine, benché grosse e smisurate, al quale volevano forse recarle i costruttori; ed è lecito credere che o intendessero di ingrossarle, rivestendole ancora, o pretendessero in quelle sbardellate moli dare un'idea della loro potente grandezza, ed in quella forma regolare pur sempre e perfetta, ma non compiuta mai, e incapace di limiti estremi, imprimere l'idea dell'infinito. Imperciocché a voler finire le piramidi non restava loro altro che a rovesciare sovra ogni scaglione un prisma triangolare, e sulla cima ottusa, considerata per base, erigere una nuova piramide terminante in punta.

Construire les pyramides “de haut en bas” devait être plus commode et plus rapide
Ciò premesso, io affermo che rivestire le piramidi, incominciando dall'alto, era, e doveva essere più comodo e spedito, per fare sparagno di tempo ed economia di forze ; due scopi codesti, che gli uomini hanno sempre dovuto avere per mira. E soggiungo che, incominciando a fabbricar dalla base, ogni masso doveva percorrere una più lunga via, non bastando di sollevarli, ma dovendo ad ogni scaglione far loro percorrere un tratto di spazio con molo di traslazione o di trasposizione, che vogliamo chiamarlo ; il che non poteva essere senza dispendio di forze e gìtto di tempo.
Di fatto per fabbricare dal basso dovremmo incominciare dall'allargare la base della piramide (chiamo qui base il primo scaglione che poggia sul suolo) ponendo contro al primo un nuovo scalino (concedetemi che cosi li chiami) ed allora avremmo un primo scalino largo il doppio, e di tanto solo più lungo, quanto sia necessario, perchè s'incontri con quelli che corrispondono ai due lati attigui della piramide.


Détails de la construction “de haut en bas”, vue d’un côté de la pyramide
Per più chiarezza descrivo qui un lato di piramide di cinque scalini visto di profilo. (...) Ivi vedete il nuovo masso x aderente allo scalino a di modo che il piano orizzontale a-c è il doppio lungo di b-c. Ciò fatto sollevereste nuovi massi da allogare in 1 sulla lunghezza del primo antico scalino A ; ma per porli al loro giusto sito bisognerà che con nuovi argani e più tempo e fatica gli trasportiate dall'orlo del nuovo scalino x sul quale gli avete sollevati, fin contro alla faccia verticale del secondo ; ed è questo quel movimento che io ho chiamato di traslazione. Ciò fatto voi avrete il primo scalino x di giusta larghezza e il secondo di doppia, essendo p-r doppio di q-r. Seguitiamo avanti a fabbricare ed alzeremo nuovi massi sullo scalino x, indi sullo scalino 1, ma poi dovremo, come pur dianzi, trasportarli dall'orlo N° 1 fin sopra al B al N° 2 contro alla faccia verticale del C; e cosi via via fino all'ultimo masso m, che, sollevato con macchine in n al N° 4, dovremo con altre macchine trasportare al N. 5 in E.

Selon le principe de la construction “de bas en haut”, le parcours de chaque bloc est plus long d’un 1/5e
Dunque incominciando a fabbricare dappie della piramide, ogni masso dovrà percorrere una via più lunga d'un quinto, e dovrà prima essere alzato e poi trasposto con somma perdita di tempo e di fatica immensa.
Ma se si costruisce dall'alto al basso venendo di su in giù, la faccenda procede ben altrimenti. Chè sollevando i primi massi di scalino in scalino da A fino ad E al N° 5, non avete a smuoverli mai per farli scorrere sovra lo stesso piano ; imperciocchè come appena saranno sollevati già saranno collocati nel giusto loro sito, ed avranno corso una via d'un sesto più breve che se aveste incominciato a fabbricare dal basso all'alto. Ed i secondi massi andrete subito ad allogarli in D, e i terzi in C, e i quarti in B, e i quinti in A finchè terminerete con collocare, allargando la base, un nuovo masso x appie della piramide.
Facendo dunque ragione della forma delle piramidi, è evidente che in quanto a possibilità era lo stesso edificare di basso in alto, o d'alto in basso; ma in quanto a facilità di operazione e d'economia di tempo era assai più conveniente e comodo fabbricare d'alto in basso, che di basso in alto.

La construction “de haut en bas” présuppose évidemment (!) que les blocs doivent être soulevés du sol jusqu’à leur emplacement définitif, à l’aide d’un moyen technique (échelle, chèvre...).
Ben intesi che fabbricare qui è preso nel suo giusto significato di collocare a loro sito le pietre ; imperocchè, se per fabbricare dall'alto al basso, non si fossero dovuto sollevare le pietre da terra, sarebbe bisognato o tener sospese le prime in aria, od aspettare che fossero piovute dal cielo, due cose che per la loro assurdità hanno destato in molti ammirazione e quasi stupore, ed eccitato in molti altri le più grasse risa.
Nè è a dire che nella rivestitura delle piramidi si avesse bisogno di scale, o capre, o ponti, chè gli scaglioni stessi bastavano ad ogni uopo. (...)

On ne peut penser que soit disparu un quelconque ultime revêtement des pyramides, car celles-ci ne sont pas des oeuvres terminées. Telles qu’elles sont, en forme d’escalier montant de plus en plus haut, elles donnent l’idée de la grandeur éternelle et infinie du vrai.
Né è da pensare che sia sparita quell'estrema rivestitura che gli antichi avessero data alle loro piramidi. Torno a dirlo : le piramidi non sono opere terminate, nè io crederò mai che potesse il popolo Egiziano persuadersi di doverne appianare le falde ed aguzzare la cima. Sono opere che hanno in se stesse l'idea della potente grandezza e dell'infinito.(...) E quell'eterna ed infinita grandezza del vero gli Egiziani impressero nelle loro piramidi, le quali erano dagli antichi riguardate appunto siccome l'emblema della sapienza ; poichè da un punto solo alto e culminante, indizio e segno di un solo, semplice e spiritualissimo principio delle cose, che è Dio, dipendono in falde più e più dilatantisi verso terra le scienze. Beato chi possa salire sovra quella cima di scaglione in scaglione ! La cura che essi ponevano nel rivestire e chiudere in molte invoglie per conservare incorrotte le reliquie della morte, è una conseguenza dello stesso principio.
Onde io stimo che la forma delle loro piramidi, capace di ogni maggiore incremento, doveva appunto bene rappresentare e la grandezza a cui gli Egiziani sentivano di essere giunti, e significare l'eterna e l'infinita grandezza del vero, che essi furono i primi ad onorare colle scienze e colle arti.”

mercredi 23 mars 2011

“Les pyramides égyptiennes étaient de gigantesques projets de travaux publics” (James E. McClellan et Harold Dorn)

James E. McClellan III et Harold Dorn sont professeurs d’histoire à la Faculty of the College of Arts and Letters, du Stevens Institute of Technology (New York)
Dans leur ouvrage commun Science and technology in world history - an introduction, 2d edition, 2006, ils consacrent un chapitre aux “Pharaons et ingénieurs”.
J’ai extrait de ce chapitre ce qui concerne les pyramides égyptiennes et en propose le résumé suivant :
- la construction des pyramides a fait appel à des connaissances pratiques en mathématiques, “à la fois élémentaires et pas si élémentaires que cela” ;
- les pyramides égyptiennes doivent être considérées tout d’abord comme des “étonnantes performances d’ingénierie” ;
- “les techniques de construction des pyramides sont maintenant bien connues. Excepté le possible emploi de machines à contrepoids pour hisser les blocs de pierre, aucune nouvelle technique de construction, comparativement à celles que l’on utilisait à la période néolithique, n’a été développée [pour la construction des pyramides].”
- la fonction funéraire des pyramides est irréfutable, selon le ratio “une pyramide pour un pharaon”. Il y a toutefois un problème ! Au moins à certaines périodes, le nombre des pyramides excédait celui des pharaons, plusieurs pyramides ayant été construites simultanément par un même pharaon. “La plupart des vraies pyramides sont apparues en à peine plus d’un siècle entre la fin de la 3e Dynastie et les débuts de la 4e. En quatre générations, de 2834 à 2722 BC (112 années), six pharaons ont construit treize pyramides. En clair, autre chose que la simple sépulture des pharaons est à prendre en compte pour expliquer l’extraordinaire phénomène socioculturel des pyramides égyptiennes.”
- pour expliquer, d’un point de vue “ingénierie”, la construction plus ou moins continue des pyramides, à leur âge d’or, sur la rive ouest du Nil, on peut y voir une activité poursuivie pour elle-même, comme une application de l’art de gouverner (“an activity pursued in its own right as an exercise in statecraft”). Les premières pyramides de cette sorte peuvent ainsi être considérées comme de gigantesques projets de travaux publics permettant à la fois de mobiliser la population rurale durant sa période d’inactivité dans les travaux agricoles, de la former aux techniques de construction et de “renforcer l’idée et la réalité de l’État dans l’ancienne Égypte”. Toute la population ne pouvant être employée simultanément sur un seul chantier de construction, notamment dans l’ultime phase ne faisant appel qu’à une petite quantité d’ouvriers plus spécialisés, un autre chantier était mis en route alors que le précédent n’était pas encore terminé.
Les pyramides étaient de gigantesques projets de travaux publics et représentaient un immense chantier continu. Le décès d’un pharaon ne posait aucun problème logistique particulier : pour sa sépulture, on utilisait l’une des pyramides achevées.


Pour consulter l’intégralité de ce chapitre :
- sous Internet Explorer, suivre le lien suivant (consulter les pp. 42-46) : ICI
- sous Firefox : lecteur ci-dessous, proposé par Google Books

mardi 22 mars 2011

Des animaux étaient-ils utilisés sur le chantier des pyramides ?

Dans la civilisation égyptienne ancienne, les animaux semblaient globalement bien tirer leur épingle du jeu. Dans les “bandes dessinées”, inscrites ou peintes sur la pierre, ainsi que dans la statuaire de l’époque, ils étaient souvent représentés comme faisant l’objet de vénération. Certains étaient embaumés, puis momifiés. Le taureau Apis, incarnation de Ptah, était sacré, de même que le crocodile du Fayoum, incarnation du dieu Sobek. Ibis, chats, babouins, vaches, etc. : la symbolique divine marchait à deux ou à quatre pattes ! Elle prenait corps dans la faune locale.
C’est à se demander si les animaux de trait ou autres bêtes de somme étaient associés aux corvées de la vie quotidienne et, a fortiori, aux “grands travaux” de l’époque, à commencer par la construction des pyramides.

Des observateurs et interprètes de l’Égypte antique répondent explicitement à cette question en rappelant la fonction utilitaire de certains animaux. Ils nous signalent que nombreuses sont les représentations de paysans utilisant des bœufs pour les travaux agricoles. L’âne était également utilisé pour les travaux des champs ou les expéditions dans le désert.

“Tous comme de nos jours, l’âne était l’animal de bât par excellence et n’était pas concurrencé par le chameau. De tout temps il est représenté dépiquant les épis, labourant ou chargé de gerbes ou de fardeaux de toute espèce. Et facilement le bâton joue quand il est récalcitrant. Il fut, jusqu’à la XVIIIème dynastie, le seul animal de transport et le moteur essentiel des caravanes à travers le désert, vers la mer Rouge ou bien sur la route des oasis à l’Ouest. Mais il devint le suppôt du dieu Seth, l’ennemi d’Osiris. Aussi à l’époque tardive, son image dans l’écriture est-elle très souvent munie de quelque couteau enfoncé dans son dos ou dans sa tête, et, dans le rituel des grands temples, il n’est pas rare qu’on l’immole aux dieux du clan Osiris.”
(François Daumas, La vie dans l’Égypte ancienne, PUF, 1968) 


Mais qu’en était-il sur le chantier des pyramides ?
Adepte de la théorie de la double poulie, l'ingénieur français Albert Six introduit, à titre d’hypothèse, le recours à la force animale pour la traction des blocs de pierre sur le chantier des pyramides. Pour pallier la difficulté majeure de l'acheminement des animaux (bœufs) sur l'espace de travail, il imagine un revêtement provisoire, suivant un tracé en zigzag sur les faces de la pyramide.


J’ai par ailleurs retenu les cinq citations qui suivent :


“Comment fut construite la pyramide (de Khéops) ? Avec des outils tels des marteaux de diorite ou en bois de sycomore, du quartzite pour le polissage, des forets de silex, des haches et des scies de cuivre, puis des rampes de briques crues et d’argile sur lesquelles on faisait glisser des traîneaux de bois tirés par des animaux ou des hommes.”  (Hervé Beaumont, Égypte : le guide des civilisations égyptiennes, des pharaons à l’Islam, 2001)


“Un autre préjugé [à propos de la construction des pyramides] qu’il est nécessaire de détruire est celui qui donne l’image romanesque d’une marée d’esclaves, attachés à d’interminables cordes et qui traînent d’énormes blocs. Cette conclusion venue de quelques représentations emblématiques du transport de statues colossales est entièrement imaginaire et n’a pas le moindre sens pratique justement sur le plan du transport de charges de nombreuses tonnes. Un sens pratique qui, en vérité, ne manquait pas aux Égyptiens du IVe millénaire av.J.-C. À cette époque de luttes seulement internes, on ne disposait pas de masses de prisonniers de guerre, pas plus que d’esclaves comme l’imagine l’opinion courante. Enfin, il est pratiquement impossible et il serait même néfaste de concentrer les efforts d’une énorme quantité de main-d’oeuvre sur le traînage, sur de longs parcours, de centaines ou de milliers de quintaux. Au contraire, nous voyons souvent des peintures qui montrent l’utilisation des animaux pour le transport de poids et pour l’exécution de travaux  trop pénibles pour la seule force humaine. Nous voyons des ânes portant des charges, des paires de boeufs tirant la charrue ou tirant des chariots chargés de baldaquins, d’offrandes, de mobilier et de lourds sarcophages. Par contre, il y a de très nombreuses images d’hommes et de femmes qui, en longues files, portent seuls ou par couples des objets très souvent pas du tout pesants. On peut en conclure que, pour des charges de nombreuses tonnes, à partir du IVe millénaire, les Égyptiens, comme tous ceux qui vinrent ensuite, recouraient à l’aide efficace des bêtes de somme et de trait disponibles.” (Alberto Carlo Carpiceci, Égypte, 5000 ans de civilisation, 2009)


“De petites rampes en briques crues ont sans doute servi à l’acheminement des matériaux de construction. Mais il s’agit cette fois de monter des seaux d’eau et des paniers remplis de matière première, et non plus des pierres non dégrossies pesant parfois près de quarante tonnes. Des animaux, des ânes en particulier, ont certainement participé à la tâche. Des traîneaux ont pu être également utilisés. La tâche ne paraît plus surhumaine car les charges à tirer ne sont plus importantes. (…) En bas [des pyramides], la pierre n'existe pas ; c'est de la matière première broyée qui est montée et moulée au sommet de la construction.” (Joël Bertho, La pyramide reconstituée - Les mystères des bâtisseurs égyptiens, 2001) 


“Je me suis efforcé de découvrir de quelle manière de tels blocs énormes ont bien pu être élevés, d'une assise à l'autre, simplement à l'aide de cours morceaux de bois. Puis l'idée m'est apparue qu'ils ont pu être élevés grâce au procédé suivant : chaque bloc de pierre, taillé et prêt à l'emploi avant de quitter la carrière, était transporté sur le Nil (notamment en période d'inondations) sur des radeaux ou autres embarcations appropriées, jusqu'à la chaussée décrite par Hérodote. Sur cette chaussée, il était tiré sur des rondins ou sur des traîneaux si la pierre était lisse et polie, par des hommes ou des animaux, jusqu'à un emplacement adéquat à proximité de la pyramide. [Lorsqu'on en avait besoin], on le transportait sur la première assise de la pyramide, à l'aide de rondins. On utilisait des cales pour glisser les rondins dessous, si le sol était du rocher solide ; sinon, la terre était enlevée de dessous la moitié du bloc, le responsable de la manœuvre (director) ou le "surintendant" s'étant placé sur le bord opposé pour empêcher le bloc de basculer trop rapidement.” (Henry Perigal, revue Philosophical magazine, vol. 24, troisième série, de janvier 1844)

"Utilisait-on les animaux pour haler les traîneaux chargés ? Le cheval n'était pas connu en Égypte avant le Nouvel Empire et le chameau ne fut introduit qu'à l'époque romaine. Quant au bœuf, s'il est parfois attelé à des traîneaux funèbres, il n'est jamais représenté dans les bas-reliefs des mastabas. C'est à peine si nous connaissons un ou deux exemples où il est figuré, dans les arrières de Ma'sarah datant du Moyen Empire. Et encore l'un d'eux n'est-il mentionné que comme butin rapporté de la guerre contre les Phéniciens.
En ce qui concerne l'emploi de l'âne, ce merveilleux et patient âne d'Égypte, celui-ci n'est jamais attelé ni même, chose curieuse, chevauché. En revanche, on le voit souvent transportant des fardeaux dans les scènes champêtres. Sans doute, était-il affecté dans les chantiers au transport des charges légères, telles que l'eau et la brique." (Georges Goyon, Le secret des bâtisseurs des grandes pyramides - La fabuleuse histoire de Khéops, éditions J'ai lu, 1990)

On a beau  se référer au “sens pratique” des Égyptiens, il faut bien reconnaître que la démonstration proposée, visant à prouver le recours à la force animale dans telle ou telle phase du chantier des pyramides, y apparaît plus intuitive que basée sur des arguments infaillibles.
Toute autre analyse, tout autre texte de référence seront donc les bienvenus dans le contenu de ce blog pour éclairer notre lanterne quelque peu vacillante.
Merci par avance. 
Illustrations : copyright Marc Chartier

lundi 21 mars 2011

Publications de l’Institut français d’archéologie orientale

Communiqué de l’Institut français d’archéologie orientale (IFAO) :

“Vous pouvez désormais commander toutes les publications de l’Ifao à partir de notre site web et régler vos achats par carte bancaire de manière sécurisée.
Le transport du Caire est assuré dans le monde entier selon deux modes, express ou normal.
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Shipment from Cairo will be carried out by transporters according to two option, express or normal.
You will also be able to buy all the papers of the latest Bifao and Annales Islamologiques in PDF format.”
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