vendredi 27 mars 2009

Les ensembles synergiques de Louis Albertelli

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Ingénieur des Travaux Publics, Louis Albertelli aime à se référer à son expérience professionnelle en Afrique, notamment au Gabon où il a construit des ponts en bois avec des moyens rudimentaires (grumes équarries, cordes, lianes, leviers…), bénéficiant de l’expérience ancestrale d’hommes des tribus des plateaux Batékés.
Cette même expérience l'a amené à s'interroger sur les techniques - également "rudimentaires" - appliquées par les Égyptiens pour la construction de leurs pyramides.
"Comment les maîtres d'œuvre égyptiens ont-ils pu surmonter l'insuffisance de leurs moyens techniques et scientifiques pour satisfaire la volonté du Pharaon ?" Avec en filigrane cette question récurrente à laquelle il donne des contours quelque peu romancés, sans pour autant se départir du sérieux et de la teneur scientifique de sa recherche, il expose sa théorie dans un ouvrage publié en 1993 : Le secret de la construction de la pyramide de Khéops (éditions du Rocher, collection Champollion, 308 pages).
Selon Louis Albertelli, le secret de la construction de la majestueuse pyramide de Khéops réside dans l'utilisation d'une "synergie" basée sur l'utilisation de leviers basculant grâce à des poulies fixes (et non rotatives) situées à leur base, pouvant tracter des traîneaux chargés de blocs de pierre (dont certains monolithes de 30 tonnes) le long de la paroi de la pyramide. La force de traction résidait dans le poids d'une à trois nacelles reliées par des cordes à l'extrémité supérieure de chaque levier, dans lesquelles prenaient place des ouvriers du chantier. À un quart de la hauteur du levier, en partant du sol, était fixée une corde reliée au traîneau à hisser.
"(Le levier) est un bras en bois, dont l'extrémité inférieure se trouve articulée sur un axe horizontal ; ce dernier est encastré en pied sur deux joues verticales solidaires d'une platine reposant au sol. Le levier ainsi conçu, comme un rayon en rotation autour de son axe inférieur, peut donc balayer d'un mouvement circulaire un demi-cercle avant de toucher le sol horizontal d'assise. Il est relié, au quart de sa hauteur, à une corde destinée au halage de la charge. C'est donc à l'extrémité supérieure du levier que doit être appliquée la force destinée à le mettre en action, pour produire la traction maximum sur la corde." (op.cit. p. 132)
Ce système de levage, pense Louis Albertelli, n'a été utilisé qu'à partir de la cinquième assise de la pyramide, le chantier de construction des quatre premières assises ayant été alimenté en matériaux à l'aide d'une rampe perpendiculaire.
 
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Chargé de son monolithe, le traîneau était tiré par la corde actionnée par le levier. Il empruntait tout d'abord, le long et sur la hauteur des quatre premières assises, une rampe de transition en brique crue, à courbure concave. À chaque abattement du levier sur l’assise horizontale, le traîneau chargé était hissé, d’une distance correspondant au mouvement de rotation de ce levier.
Lors du relevage du levier en position verticale pour son réarmement en vue d’une autre séquence de traction, le traîneau et son monolithe étaient soumis à une force de gravitation qui les entraînait vers le bas, en chemin inverse de la distance parcourue. Pour maintenir l'équilibre et éviter ce glissement en arrière, deux poulies fixes étaient encastrées verticalement en bordure d’assise. Sur ces poulies coulissait une corde de rappel fixée à l’avant du traîneau, l’autre extrémité étant lestée d’un contrepoids. Celui-ci était constitué par un second traîneau chargé d’ouvriers : il redescendait, parallèlement au cheminement du traîneau chargé du monolithe, sur la face du monument. Les forces exponentielles de frottement exercées sur la corde par les poulies fixes et l’arête d’assise permettaient au traîneau-contrepoids, transportant seulement 22 hommes, de réaliser l'équilibre du premier traîneau chargé de son monolithe de 30 tonnes.
Le système levier-nacelle pouvait être doublé, voire triplé en fonction du poids du monolithe à hisser.
Lorsque la quatrième assise de la pyramide fut construite, que les derniers monolithes de remplissage étaient en cours d'ajustement et que les rampes perpendiculaires furent démontées pour faire place aux rampes périphériques de transition, Louis Albertelli estime à 128 le nombre d'ensembles synergiques qui furent mis en action sur toute la périphérie de cette quatrième assise. "Dans un va-et-vient continu, les hommes d'équipages et les blocs glissaient sur leur traîneau, empruntant la rampe de transition et les faces de la pyramide naissante. Dans le même temps, des équipes d'ouvriers, porteurs d'eau et de fine argile, lubrifiaient consciencieusement les voies de cheminement des véhicules." (op. cit. p. 193)
"Il apparaît comme une évidence géométrique que le nombre des leviers de halage disposés sur la périphérie de chaque assise ne pouvait être qu'inversement proportionnel à l'altitude de cette assise. Cela n'améliorait pas les cadences d'élévation des monolithes, cadences qui de plus diminuaient à chaque changement d'assise, avec la plus grande distance de halage sur les faces de la pyramide. Cette particularité devait amener les constructeurs à moduler leurs moyens de réalisation en conséquence. Ainsi, en reconduisant les espacements des 128 ensembles synergiques ayant opéré pour la construction de la cinquième assise, le nombre de machines chuta à 100 sur la quarante-septième assise, à 32 sur la cent cinquantième, à 12 sur la cent quatre-vingtième, jusqu'à aboutir au fonctionnement d'un seul levier à partir de la deux cent cinquième assise." (op. cit. pp. 200-201)

Dans un message adressé à Louis Albertelli, je lui posais la question suivante :

"Votre ouvrage Le secret de la construction de la pyramide de Khéops représente-t-il toujours votre théorie sur la construction des pyramides ? Ou bien cette théorie a-t-elle connu des évolutions ?"



Voici la réponse de l'auteur :

"L'ouvrage intitulé Le secret de la construction de la pyramide de Khéops, que j'ai publié en 1993, aux éditions du Rocher à Paris, a été épuisé en librairie.

J'ai, depuis, animé une trentaine de conférences-débats (notamment dans les université et écoles d'ingénieurs, ainsi qu'à l'Académie royale de marine de Casablanca, etc.)

Pour répondre à votre question, ma thèse reste toujours une proposition rationnelle, qui n'a pu être ''battue en brèche" tant par les égyptologues reconnus que par d'autres scientifiques qui m'ont apporté la contradiction."

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