samedi 3 janvier 2009

La théorie de Pierre Crozat : l'"accroissement pyramidal"

Architecte-ingénieur diplômé de l'École polytechnique fédérale de Lausanne, docteur-ingénieur de l'Institut national polytechnique de Lorraine à l'École des mines de Nancy, Pierre Crozat propose une théorie du système constructif des pyramides qui s'appuie sur la géologie des sites de construction et l'histoire des techniques ouvrières. 
Selon cette théorie, « la forme de la construction, une pyramide, est contrainte par l'algorithme de construction des éléments unitaires du système (un bloc empilé en encorbellement sur deux autres), lui-même étant déterminé par la minimisation du travail humain ».
Pierre Crozat affirme que le choix du site de construction des pyramides a été déterminé par l'existence d'un gisement de calcaire sur le plateau de Guizeh.
D'où :
- le principe premier : "exploiter la pierre alentour et la mettre en tas au centre" ;
- le mode opératoire : "poser un bloc sur deux autres, en encorbellement, et de façon additive et récurrente" ;
- le système constructif : "bloc par bloc, face par face, par enveloppes successives" définissant ainsi "l'accroissement pyramidal", fonction par obligation des caractéristiques techniques et dimensionnelles des matériaux utilisés et donc du gisement sur place et de son mode d'exploitation, fonction lui-même du système de fracturation naturelle des roches imposée par la tectonique et la géologie.
«Ce système constructif, poursuit Pierre Crozat, peut être modélisé, aujourd'hui comme hier. Il permet de construire "en pyramide" dès le début et de réaliser "corollairement" l'ensemble des dispositifs intérieurs de la pyramide de Khéops, à ciel ouvert, au fur et à mesure de l'érection de l'édifice, dispositifs qui seront ensuite englobés dans la pyramide par la poursuite de la construction sur les quatre faces. La grande galerie de Khéops peut alors être interprétée de façon purement utilitaire, comme un "extraordinaire ascenseur oblique", permettant de hisser les 52 monolithes de granite de la chambre du Roi, jusqu'à 65 m de hauteur.
Ce mode de raisonnement permet de situer les grandes pyramides lisses à l'intérieur d'un "continuum technique", dès le premier épierrement agricole du néolithique, basé sur une méthode universelle de construction dite "d'accrétion - exhaussement" qui génère, ordonne et formalise l'ensemble des édifices tumulaires, y compris les pyramides à degrés, dans le temps et dans l'espace.»
On a comparé l'application de cette méthode au principe des poupées russes, une petite pyramide étant recouverte par une plus grande, jusqu'à ce que la taille souhaitée soit atteinte. Autrement dit, « quelle que soit l'étape de la construction, on a toujours une pyramide, ce qui est très avantageux si le jeune pharaon commanditaire décède prématurément ».
Présentation de la théorie par son auteur :
"Faites de la pyramide"

Voir cette autre note sur Pierre Crozat

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