mardi 10 mars 2009

Jean-Pierre Adam et Christiane Ziegler : l'"usage assuré" des rampes, complété par le recours à des "procédés de levage"

Dans Les pyramides d'Égypte (Hachette, 1999, 216 pages), Jean-Pierre Adam, architecte et archéologue au CNRS, et Christiane Ziegler, conservateur général, chargée du département des Antiquités égyptiennes au musée du Louvre (Paris), dressent un vaste panorama des complexes pyramidaux qui, autant par leur architecture que par leur décor et leur portée symbolique, illustrent par excellence les premières pages de l'histoire de l'Égypte.
La description détaillée des sites de Saqqarah, Meidoum, Dachour, Abou Roach, Abousir et, bien sûr, Guizeh constitue l'essentiel du contenu de l'ouvrage.
Toutefois, dans la logique de ce blog, j'ai porté plus particulièrement mon attention aux quarante pages d'introduction, consacrées spécifiquement à l'art des bâtisseurs égyptiens qui, dans leur savoir-faire architectural, ont mêlé simplicité et démesure, tel un "défi permanent poussé jusqu'à l'absurde".
Sans trop s'attarder aux détails techniques, les auteurs décrivent tout d'abord l'environnement du chantier de construction des pyramides, notamment de Khéops :
- les intervenants, à savoir le roi, les architectes, les géomètres et les ouvriers, ces derniers étant répartis en trois catégories : les ouvriers spécialisés (carriers, tailleurs de pierre, appareilleurs, artistes), les paysans (mobilisés pendant la période des crues du Nil) et les esclaves (prisonniers de guerre, ramenés des campagnes militaires) ;
- les instruments  et les outils manuels, dont le merkhet (viseur pour définir l'orientation de la pyramide)...;
- la maquette en grandeur réelle des galeries de la Grande Pyramide, découverte par Flinders Petrie, à 85 m du pied oriental de la pyramide : ce réseau de galeries taillées dans la roche ayant servi de gabarit pour définir la morphologie de la construction finale.

Reste le point essentiel, objet de tous les débats : les bâtisseurs égyptiens ont-ils eu recours aux rampes ? Si oui, lesquelles ? Et dans quelles conditions ? Pour un maximum de précision, je cite abondamment les auteurs :
" Si l'usage des rampes est bien hors de doute, on ne saurait affirmer ni qu'elles étaient toujours orthogonales aux faces, ni qu'elles s'élevaient jusqu'au sommet des pyramides. On peut penser que l'on eut parfois recours à des rampes hélicoïdales, ce qui suppose que les blocs du parement n'étaient pas ravalés afin de permettre l'accrochage de ces rampes sur les gradins, ce qui facilitait ce ravalement au fur et à mesure du démontage de la rampe. On est en droit de supposer également qu'afin d'épargner le volume considérable exigé par les rampes frontales, on limitait la rampe au tiers ou à la moitié de la hauteur ; et que, au-delà, les bâtisseurs, selon la formule vague donnée par Hérodote, recouraient à des procédés de levage où de simples leviers tenaient une place essentielle. Cette seconde hypothèse est d'autant plus vraisemblable qu'avec l'élévation, le volume du monument se réduit, et que la dimension des pierres va généralement en diminuant. Pour la Grande Pyramide, il semble évident que la [ou les] rampe[s] devai[en]t au moins permettre de hisser les énormes poutres de granite couvrant la plus hautes des chambres de décharge." (op.cit. pp.41-42)
Refusant au passage la théorie dite des "accrétions" (ou agrégation successive), défendue notamment par Choisy, Christiane Ziegler et Jean-Pierre Adam affirment que "la Grande Pyramide est bien un monument unitaire entièrement conçu avant le commencement de sa construction et non le fruit de modifications successives". (p.134)
Quant à la théorie de la "chambre secrète" proposée par Gilles Dormion, Jean-Pierre Adam la qualifie sans détour de "mystification" et de "pseudo-découverte". Puis d'ajouter sur un ton plus aigre-doux :" Ce n'est pas la première fois que des amateurs affirment avoir percé les secrets de la Grande Pyramide. (...) Tout cela est d'une démagogie propre aux tenants de l'irrationnel, qui consiste à tourner en dérision la science, dite officielle, au profit d'idées neuves que, seuls, des esprits libres pourraient exprimer. On souhaite que les autorités égyptiennes, et d'abord le directeur des Antiquités, Zahi Hawass, maintiennent leur vigilance et s'opposent à toute entreprise de vandalisme qui n'apporterait aucune lumière sur la grande question que pose ce monument: comment était organisé ce formidable chantier ?"

2 commentaires:

Gilles Job a dit…

c'est presque cela, il manque le rotatif sans roue.Infos sur journal google en attaché gillespyramidekheops (lettre du Caire, sénateur savary dessin animé de ma découverte etc)
plusieurs couloirs d'acheminement expliquent le rendement 1 bloc/minute et les granits géant d'Assouan (70 t)
g job liens sur journal

White Rose a dit…

Les pyramides égyptiennes ne sont pas des tombeaux.
Ce sont des édifices "industriels" dont on ne comprend pas toutes les fonctions ni la construction au demeurant.
Mais on peu dores et déjà renvoyer les protagonistes ci dessus dos à dos.
Ils n'apportent rien au Schmilblick et Hawaaz a tout bloqué pendant des années en bon autocrate dominant et inculte qu'il est. Quelle engeance.

Il y a 2.500 tonnes de granit au dessus de la chambre haute (dites du roi pas l'archéologie officielle du père Adam)... Pourquoi donc???