vendredi 30 janvier 2009

La relation d'Hérodote, toujours d'actualité au début du XXe siècle



Dans son ouvrage The Pyramids of Giza, édité par CMS Bookshop, le Caire, sans date (aux environs de 1920 ?), Mrs Annie A. Quibell donne sa version concernant la construction de la pyramide de Khéops, basée essentiellement sur les écrits d'Hérodote.
J'en propose la synthèse suivante, rédigée à partir du texte (anglais).
La date de la construction des pyramides est bien antérieure à toute description qui a pu en être donnée. Il est donc très difficile d'en avoir une idée précise. Le meilleur récit est encore celui du voyageur et historien grec Hérodote, qui a visité l'Égypte au 5ème siècle av. J.-C.
Les pyramides étaient alors vieilles de plus de deux mille ans, mais il a réussi à rassembler quelques légendes qui circulaient encore au sein de la population. Bien que sa description ne soit pas pleinement intelligible, elle est d'une valeur considérable, et certaines de ses affirmations, comme celles relatives à la durée de la construction, au nombre d'ouvriers ou à l'oppression que subissait le peuple égyptien, sont vraisemblablement très proches de la vérité.
Hérodote affirme que, pour la pyramide de Khéops, 100.000 ouvriers étaient employés pendant trois mois d'affilée sur les carrières de pierres, sur la rive est du Nil ou le désert arabique, pour les extraire et les transporter sur la rive ouest. Dix années furent consacrées à la construction de la chaussée, à l'extraction des pierres et à la construction des chambres souterraines, puis vingt années à la construction de la pyramide elle-même.
Les trois mois de travail que mentionne Hérodote correspondaient sans doute à la période des crues du Nil durant laquelle les paysans ne pouvaient pas travailler dans leurs champs. En supposant alors que cette armée de 100.000 ouvriers a travaillé durant trois mois chaque année pendant vingt ans ou plus, en supposant également que les ouvriers étaient répartis en groupes de huit ou dix, soit le plus grand nombre possible pour travailler sur un bloc de pierre de 2,5 tonnes, chaque équipe était en mesure d'extraire et de transporter sur le site de construction dix blocs durant la saison. Compte tenu de cette répartition, on a fort bien pu arriver à un chiffre total de 2.300.000 blocs de pierre.
Les pierres utilisées pour le "cœur" de la pyramide ont probablement été extraites d'une carrière proche du site de construction, au sud du plateau de Guizeh ("Batnel Baqara"). Quant au calcaire utilisé pour le revêtement extérieur et les galeries intérieures, il provenait des collines du Moqattam sur la rive opposée du Nil, alors que le granit utilisé dans l'embrasure de la porte et la chambre du Roi provenait d'Assouan.
Près de la deuxième pyramide, des vestiges prouvent l'existence d'un campement pour l'hébergement de 4.000 à 5.000 ouvriers employés en permanence pour les travaux de mise en place des blocs de pierre et de finitions (habillage des pierres, construction et décoration du temple).
Même si aucune représentation de la construction des pyramides n'est parvenue jusqu'à nous, les blocs de pierre ont certainement ("certainly") été tirés sur la chaussée ("causeway") à l'aide de cordes et de rondins, puis mis en place avec ce qu'Hérodote appelle des "machines faites de courts morceaux de bois".
Lorsque le sol de la chambre funéraire fut prêt, on a mis le sarcophage en place. Puis l'on termina la chambre avec l'installation du plafond et l'on poursuivit la construction de la pyramide. Une fois le revêtement de la pyramide terminé, on a laissé une petite ouverture par laquelle, à la mort du roi, on a pu transférer sa dépouille. La construction du temple était alors achevée. Il ne restait plus qu'à recouvrir la chaussée et à orner la porte de la pyramide. Les rites funéraires pouvaient commencer.
Lorsque la dépouille momifiée du roi était placée dans le sarcophage, ceux qui étaient en charge des dernières cérémonies se retiraient et laissaient retomber derrière eux les herses (portcullises) de granit qui avaient été suspendues lors de la construction de la pyramide.
Quant aux deux "conduits d'aération" (air-shafts), ils permettaient l'arrivée d'air frais de l'extérieur de la pyramide, améliorant les conditions de travail des ouvriers à l'intérieur de la chambre. Toutefois, ces conduits ne furent vraisemblablement pas construits dans ce but. Une aération, oui ! Mais il semble que Khéops la voulait pour lui-même !

Le texte anglais : ICI

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