vendredi 8 janvier 2010

La IVe dynastie : "point culminant" de l'Ancien Empire selon Mariette (XIXe s.)

Le texte ci-dessous, d'Auguste Mariette-Bey (1821-1881), est extrait de l'ouvrage Aperçu de l'histoire ancienne d'Égypte pour l'intelligence des monuments exposés dans le temple du parc égyptien, à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1867

Exposition Universelle de 1867 (source : Wikimedia commons)
À la IVe dynastie, l'histoire d'Égypte commence à sortir de l'obscurité dans laquelle elle a été jusqu'ici enveloppée, et des monuments assez nombreux nous permettent déjà de préciser des faits. Le personnage qui domine cette époque est le roi qu'Hérodote a nommé Chéops, et que les textes contemporains appellent Khoufou. Chéops fut, paraît-il, un roi guerrier : c'est lui que les bas-reliefs de Ouddy-Maghara (presqu'île du Sinaï) nous montrent châtiant les On, bédouins du temps qui inquiétaient les frontières orientales de la Basse-Égypte. Il fut surtout un roi constructeur. La plus grande et la plus remarquable des pyramides que possède l'Égypte est le tombeau de Chéops. Cent mille hommes qui se relayaient tous les trois mois furent, dit-on, employés pendant trente ans au gigantesque travail que ce roi ordonna. Assurément, il n'est pas au-dessus des forces de notre industrie moderne de refaire un monument semblable. Mais le problème difficile à résoudre, même de nos jours, serait de construire des chambres et des couloirs intérieurs qui, malgré les millions de kilogrammes qui pèsent sur eux, conserveraient à travers soixante siècles la plus parfaite et la plus étonnante régularité.
Quant à la place qu'occupe la IVe dynastie dans l'Ancien Empire, on peut dire sans hésiter qu'elle en marque le point culminant. Au début de la quatrième dynastie se produit en effet un mouvement subit et extraordinaire. L'Égypte est désormais libre d'entraves, et nous voyons éclore tous les prodiges d'une civilisation sans pareille à ce moment dans le monde. Alors la société égyptienne est définitivement constituée. L'art a atteint son plein développement et monte à une hauteur que les plus brillantes époques dépasseront à peine. (...) Ne sont-ce pas les Pyramides qui ont mérité dans l'antiquité d'être rangées au nombre des sept merveilles du monde ?

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