vendredi 30 janvier 2009

La relation d'Hérodote, toujours d'actualité au début du XXe siècle


Dans son ouvrage The Pyramids of Giza, édité par CMS Bookshop, le Caire, sans date (aux environs de 1920 ?), Mrs Annie A. Quibell donne sa version concernant la construction de la pyramide de Khéops, basée essentiellement sur les écrits d'Hérodote.
J'en propose la synthèse suivante, rédigée à partir du texte (anglais) que l'on peut télécharger ICI.
La date de la construction des pyramides est bien antérieure à toute description qui a pu en être donnée. Il est donc très difficile d'en avoir une idée précise. Le meilleur récit est encore celui du voyageur et historien grec Hérodote, qui a visité l'Égypte au 5ème siècle av. J.-C.
Les pyramides étaient alors vieilles de plus de deux mille ans, mais il a réussi à rassembler quelques légendes qui circulaient encore au sein de la population. Bien que sa description ne soit pas pleinement intelligible, elle est d'une valeur considérable, et certaines de ses affirmations, comme celles relatives à la durée de la construction, au nombre d'ouvriers ou à l'oppression que subissait le peuple égyptien, sont vraisemblablement très proches de la vérité.
Hérodote affirme que, pour la pyramide de Khéops, 100.000 ouvriers étaient employés pendant trois mois d'affilée sur les carrières de pierres, sur la rive est du Nil ou le désert arabique, pour les extraire et les transporter sur la rive ouest. Dix années furent consacrées à la construction de la chaussée, à l'extraction des pierres et à la construction des chambres souterraines, puis vingt années à la construction de la pyramide elle-même.
Les trois mois de travail que mentionne Hérodote correspondaient sans doute à la période des crues du Nil durant laquelle les paysans ne pouvaient pas travailler dans leurs champs. En supposant alors que cette armée de 100.000 ouvriers a travaillé durant trois mois chaque année pendant vingt ans ou plus, en supposant également que les ouvriers étaient répartis en groupes de huit ou dix, soit le plus grand nombre possible pour travailler sur un bloc de pierre de 2,5 tonnes, chaque équipe était en mesure d'extraire et de transporter sur le site de construction dix blocs durant la saison. Compte tenu de cette répartition, on a fort bien pu arriver à un chiffre total de 2.300.000 blocs de pierre.
Les pierres utilisées pour le "cœur" de la pyramide ont probablement été extraites d'une carrière proche du site de construction, au sud du plateau de Guizeh ("Batnel Baqara"). Quant au calcaire utilisé pour le revêtement extérieur et les galeries intérieures, il provenait des collines du Moqattam sur la rive opposée du Nil, alors que le granit utilisé dans l'embrasure de la porte et la chambre du Roi provenait d'Assouan.
Près de la deuxième pyramide, des vestiges prouvent l'existence d'un campement pour l'hébergement de 4.000 à 5.000 ouvriers employés en permanence pour les travaux de mise en place des blocs de pierre et de finitions (habillage des pierres, construction et décoration du temple).
Même si aucune représentation de la construction des pyramides n'est parvenue jusqu'à nous, les blocs de pierre ont certainement ("certainly") été tirés sur la chaussée ("causeway") à l'aide de cordes et de rondins, puis mis en place avec ce qu'Hérodote appelle des "machines faites de courts morceaux de bois".
Lorsque le sol de la chambre funéraire fut prêt, on a mis le sarcophage en place. Puis l'on termina la chambre avec l'installation du plafond et l'on poursuivit la construction de la pyramide. Une fois le revêtement de la pyramide terminé, on a laissé une petite ouverture par laquelle, à la mort du roi, on a pu transférer sa dépouille. La construction du temple était alors achevée. Il ne restait plus qu'à recouvrir la chaussée et à orner la porte de la pyramide. Les rites funéraires pouvaient commencer.
Lorsque la dépouille momifiée du roi était placée dans le sarcophage, ceux qui étaient en charge des dernières cérémonies se retiraient et laissaient retomber derrière eux les herses (portcullises) de granit qui avaient été suspendues lors de la construction de la pyramide.
Quant aux deux "conduits d'aération" (air-shafts), ils permettaient l'arrivée d'air frais de l'extérieur de la pyramide, améliorant les conditions de travail des ouvriers à l'intérieur de la chambre. Toutefois, ces conduits ne furent vraisemblablement pas construits dans ce but. Une aération, oui ! Mais il semble que Khéops la voulait pour lui-même !

mercredi 28 janvier 2009

Rampes internes

La question est à l'ordre du jour... même si, comme le rappelle Michel Sélaudoux (voir ci-après), elle est « fort ancienne et publiée sur Internet depuis une dizaine d'années ».
Cette question a, il est vrai, trouvé une toute nouvelle actualité, reprise à grand renfort d'échos dans les médias, avec la publication, en 2006, de la théorie de Jean-Pierre Houdin relative à la construction de la pyramide de Khéops "de l'intérieur".
Les rampes externes, frontales ou hélicoïdales, semblent présenter de fait trop de problèmes techniques (insolubles ?) pour la totalité du chantier de la pyramide, tout particulièrement lors de la dernière phase de la construction. En toute logique, on ne peut donc qu'accorder pour le moins quelque crédit à la théorie des rampes internes.
L'historien égyptien al-Maqrîzî (1363-1442), rappelle Michel Sélaudoux, faisait déjà allusion à cette technique constructive mise en œuvre par les bâtisseurs des pyramides.
Pour revenir à l'actualité faisant débat, Françoise et Pierre Hubert ont retenu (à partir des années 2000) la théorie des rampes intérieures. Ils l'exposent en ces termes sur leur site Internet : « Nous nous [plaçons] dans les conditions de l'époque tout en utilisant des moyens actuels, tels que l'ordinateur, les notes de calculs, etc... Le but recherché est d'allier cette étude pratique à la collaboration théorique d'égyptologues pour un projet commun ; la paternité de la découverte, si elle se confirme, restant individuelle. Ne possédant pas beaucoup de notions en égyptologie, nous ne pourrons donner de détails historiques précis. Toutefois, il faut ajouter que, parfois, une trop bonne connaissance aveugle sur le "terrain" : ici, la construction est vue sous l'angle de la technique du bâtiment, c'est-à-dire, sous un angle essentiellement pratique. L'hypothèse de départ est la suivante : les blocs constituant la pyramide auraient été traînés par chariot sur une rampe. Cette dernière serait parfaitement régulière, de faible pente, tournant en colimaçon autour de la pyramide, à l'intérieur des faces. La construction serait effectuée de manière ascendante et descendante. »
Michel Sélaudoux développe, pour sa part, le principe des rampes internes dans son ouvrage Numérus (téléchargeable gratuitement dans son intégralité sur Internet : cliquer ICI pour une demande de téléchargement) ainsi que sur son site Internet : http://numerus.free.fr/
 
 Illustration extraite du site Numerus (Michel Sélaudoux) : construction des strates successives du Nord vers le Sud avec accès par différentes rampes stabilisées par leurs appuis latéraux qui peuvent être en appui simple ou enserrées.
Il tient à souligner que ses travaux relatifs à ce principe constructif débutés plusieurs années auparavant n'ont été finalisés et déposés qu'en mars 2003. Il me précise par ailleurs, en réponse à une question que je lui ai adressée : « Vous pourrez aisément constater que les rampes internes dont je ne donne que le principe ne représentent qu'une ou deux pages publiées dans mes travaux, soit 1 à 2%, car non seulement elles découlent de source et s'imposent dans l'attente d'une infirmation ou confirmation, mais surtout, ce n'est qu'une méthode dans la réalisation d'un ensemble, ce qui à mes yeux ne méritait pas plus de développement en termes de "communication".»
Puis de poursuivre que ses travaux et contributions (qui ne laissent aucune place à l'irrationnel ou à l'ésotérisme) traitent de l'ensemble du concept de Guizeh : connaissances mises en œuvre, méthodes de choix d'implantation par les trames, vérifications des mathématiques qui s'y appliquent, explication de la méthode utilisée pour l'implantation et l'architecture des pyramides, mise en évidence (n'ayant fait l'objet d'aucune publication précédemment) de la relation géométrique des gaines qui découle de la méthode utilisée ainsi que d'une remarquable particularité appelée "le point de convergence" (le tracé des éléments internes ayant été obtenu par le simple usage des diagonales des rectangles).
Ce concept global est amplement développé par son auteur dans les deux références ci-dessus (ouvrage et site Internet).
Concernant Jean-Pierre Houdin, Michel Sélaudoux me précise : « La question des antériorités ne fait pas débat à mes yeux et n'offre que peu d'intérêt, l'essentiel étant de progresser. »
Différentes vidéos sur l'ensemble du concept de Guizeh tel qu'élaboré par Michel Sélaudoux (documents à visées techniques et non pas esthétiques) sont en ligne et accessibles par le lien : http://numerus.free.fr/dmvideos.php

jeudi 22 janvier 2009

Khéphren : à l'ombre du père


Ayant succédé à Khéops, son père, Khéphren a fait, à son tour, construire sa pyramide (-2558/-2532).
Celle-ci est un peu plus petite que son "aînée". Sa base forme un carré de 215,16 m de côté (410 coudées). Ses faces, orientées vers les quatre points cardinaux, ont une inclinaison de 53°10' ou de 52°02'. Sa hauteur est de 143,50 m.
Elle se distingue également de la Grande Pyramide par son sommet, encore recouvert de son parement lisse en calcaire extrait de la carrière de Tourah. Autre particularité : elle a été construite sur un socle rocheux naturel. Le sol toutefois présentait des irrégularités. Il a donc dû être égalisé par l'apport d'énormes blocs de pierre, cet amoncellement ayant atteint une hauteur de 10 à 20 coudées (5-10 mètres). On mentionne en outre que le nucléus de la maçonnerie est plus grossier que celui de la pyramide de Khéops et ne comporte aucun mortier.
La configuration interne de la pyramide de Khéphren a fait l'objet de descriptions ne suscitant pas, apparemment, de grandes divergences et les campagnes de recherche de cavités autres que les deux chambres connues ne rencontrent pas, de prime abord, le même écho médiatique que l'affrontement des théories relatives à la construction de la Grande Pyramide.
On peut consulter, à propos de cette configuration interne, le site, très bien ficelé et fort documenté, Antikforever.
Je constate par contre que les techniques mises en œuvre pour la construction de la pyramide de Khéphren ne semblent pas retenir l'attention des égyptologues, tout accaparés qu'ils sont par Khéops. Ces techniques appliquées de part et d'autre pourraient-elles présenter quelques variantes ? Ou bien sont-elles a priori en tout identiques ? Une étude comparative serait-elle porteuse d'enseignements concernant les zones d'ombre relevées dans les différentes théories consacrées à la seule pyramide de Khéops ?
Simple question de béotien...

mardi 20 janvier 2009

L'escalade de Bob Brier

Jean-Pierre Houdin y aura-t-il trouvé un argument de poids pour conforter sa théorie de la rampe intérieure pour la construction de la Grande Pyramide de Guizeh ? Toujours est-il que l'événement n'est pas passé inaperçu dans la sphère des spécialistes en égyptologie. Il a fait l'objet d'un reportage dans la revue Sciences et Avenir, numéro de janvier 2009.
Au cœur de ce qu'il faut encore appeler une énigme : une encoche sur l'arête nord-est de la pyramide, aux deux tiers de sa hauteur (environ 80 mètres). Cette "anomalie" (qui n'est pas due, selon toute vraisemblance, à un éboulement ou à une dégradation intentionnelle pour cause de vandalisme) a la configuration d'un palier ou d'une plateforme d'environ 4,50 m sur 4,50 m.
C'est ce qu'a pu observer directement Bob Brier, un égyptologue américain spécialiste des momies, au terme d'une escalade qu'il a effectuée, avec toutes les autorisations officielles en poche, en compagnie d'un cameraman-alpiniste. N'ayant pu obtenir pour lui-même le même sésame, Jean-Pierre Houdin avait bien entendu donné toutes ses recommandations à Bob Brier pour observer là où il aurait souhaité le faire lui-même, puis mémoriser par l'image les résultats de l'observation.
À partir du palier, Bob Brier put pénétrer, à travers une fente de 0,70 m sur 0,35 m, dans une pièce de 3 m sur 3 m, de 2,20 m de hauteur, avec un sol «parfaitement plat» relate Sciences et Avenir, et deux murs formant un angle droit.
Pas de doute pour Jean-Pierre Houdin au vu des documents rapportés par Bob Brier : cette pièce devait servir de palier sur la rampe intérieure, pour permettre aux bâtisseurs égyptiens de faire tourner leurs traîneaux sur lesquels ils transportaient les blocs de pierre, avant de poursuivre, après un virage à angle droit, sur une autre portion de la rampe.
La conclusion, pour Jean-Pierre Houdin, est évidente : il est à deux pas de pouvoir donner à sa théorie, à son hypothèse, les assises de la vérité. Encore faudrait-il, pour ce faire, qu'il obtienne le feu vert d'un certain Zahi Hawass, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités égyptiennes. Or, ceci est une autre histoire. Voire une autre énigme !


envoyé par reubeuss

dimanche 18 janvier 2009

La pyramide de Khéops en chiffres

Base de la pyramide sud : 230,454 m ; nord : 230,253 m ; ouest : 230,357 m ; est : 230,394 m (l'erreur obtenue pour un carré parfait, précise Wikipédia, est de seulement vingt cm - seulement 4,4 cm selon Mark Lehner. L'erreur moyenne sur les angles droits de la base est de 0°3´6´´. L'erreur moyenne sur l'orientation suivant les quatre points cardinaux est aussi de 0°3´6´´. La base de la pyramide a été nivelée avec une erreur de quelques centimètres)
Hauteur initiale : 146,58 m ; aujourd'hui 137 m
Hauteur de la face mesurée sur le plan incliné = 186 m
Angle d'inclinaison de ses faces : 51°50
Périmètre 922 m
Surface 53 056 m²
Volume : évalué à 2 592 341 m³ (ou 2 521 000 m³) à l'origine ; aujourd'hui : 2 352 000 m³
Masse 5 000 000 t
Nombre de blocs de pierre : 2,3 millions, d'un poids moyen chacun de 2,5 tonnes
Orientation : faces orientées sur les quatre points cardinaux (erreur : ~ 3')
Dimensions de la chambre du Roi : 10,47 m de longueur sur 5,23 m de largeur (soit vingt coudées sur dix coudées) ; hauteur : 5,84 m ; hauteur totale des cinq chambres de décharge : 17 m
Khéops et le nombre d'or : le rapport de la hauteur de la pyramide de Khéops par sa demi-base est le nombre d'or.
D'après Hérodote, des prêtres égyptiens disaient que les dimensions de la grande pyramide avaient été choisies telles que "le carré construit sur la hauteur verticale égalait exactement la surface de chacune des faces triangulaires"

samedi 17 janvier 2009

Revue de détail


Dans mon inventaire des théories relatives à la construction des pyramides (inventaire limité pour l'instant aux informations accessibles par Internet), je constate que des non-égyptologues et des non-archéologues, autrement dit des "amateurs", en nombre relativement important, se manifestent pour émettre leurs hypothèses à partir d'argumentaires qui, pris un à un, témoignent souvent d'une réelle cohérence.
Les théories des égyptologues et archéologues dûment patentés ne faisant pas, il est vrai, l'objet d'un réel consensus, la porte est ouverte à l'élaboration de nombreux points de vue dans le vaste domaine de la liberté d'expression.
Il faut, certes, savoir raison garder et ne pas s'emballer pour telle ou telle théorie sous prétexte simplement qu'elle nous semble plausible, généreuse, voire alléchante. Il est également non raisonnable de vouer aux gémonies telle ou telle autre théorie sous prétexte que son auteur ne fait pas partie du sérail.
En l'occurrence, le Conseil suprême des Antiquités égyptiennes se doit de jouer ici un rôle délicat d'arbitre et maître d'œuvre. Il n'empêche que, les pyramides du plateau de Guizeh faisant partie intégrante du patrimoine culturel universel, le dilemme amateurs-professionnels peut apparaître à certains comme désuet.
Au nombre des théories émises et formulées par des "amateurs", celle de Françoise et Pierre Hubert mérite d'être mentionnée.
Non satisfaits par les théories des archéologues, ils se sont donné le droit l'élaborer leur point de vue « le plus objectif possible », en se plaçant « sous un angle essentiellement pratique (…), dans les conditions de l'époque tout en utilisant des moyens actuels, tels que l'ordinateur, les notes de calculs, etc. ».
Leur hypothèse de départ est la suivante : les blocs constituant la pyramide auraient été traînés par chariot sur une rampe. Cette dernière devait être parfaitement régulière, de faible pente, tournant en colimaçon autour de la pyramide, à l'intérieur des faces. La construction a dû être effectuée de manière ascendante et descendante.
Leurs calculs les ont amenés alors aux conclusions suivantes, compte tenu des dimensions et caractéristiques techniques de la pyramide de Khéops (volume, nombre et poids des blocs de pierre, nombre d'ouvriers...) :
  • effort de traction d'un ouvrier : 30 kg ;
  • compte tenu de la force de frottement et de la force de réaction, 40 ouvriers étaient nécessaires pour tirer un bloc de 10 tonnes sur une rampe avec une pente de 5 %, l'espace entre les tireurs étant de 1,2 m;
  • théoriquement, l'effort individuel ne devait pas excéder 30 kg, de façon à pouvoir accepter les imprévus : cordes cassées, équipes réduites, mauvaise estimation de la charge...
  • la force de frottement devait être légèrement supérieure à la force de réaction car, en cas d'arrêt, le bloc devait s'immobiliser et ne pas redescendre ;
  • étant donné la distance de la base au sommet (2 000 m), le temps de traction d'un bloc au sommet était de 2 h ;
  • nombre de blocs par équipe (40 tireurs) par jour : 4.

Jean-Pierre Petit maintient le suspense

Jean-Pierre Petit est un scientifique français qui fut directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), spécialiste en mécanique des fluides, physique des plasmas et magnétohydrodynamique.
Il est connu du grand public pour ses ouvrages de vulgarisation scientifique, pour la série des bandes dessinés Anselme Lanturlu et pour sa participation à l'"affaire Ummo".
Dans le domaine de l'égyptologie, il a élaboré une théorie sur les méthodes de construction des pyramides, présentée comme la "théorie rampiste" qui n'a encore fait l'objet d'aucune publication.
Nous devons donc pour l'heure nous contenter de quelques bribes d'information. Selon lui, la pyramide de Khéops aurait elle-même été utilisée comme support de la rampe pour le transport des blocs de pierre, cette rampe ayant ensuite été intégrée dans la pyramide. Pour tirer les blocs le long de la rampe, les Égyptiens utilisaient des machines et des cordages.
À partir de ses calculs et évaluations, Jean-Pierre Petit pense que la construction de la grande pyramide de Khéops a représenté une activité à plein temps pour vingt mille hommes.
Répondant à un message que je lui ai adressé, Jean-Pierre Petit m'a précisé qu'il envisage d'écrire un livre sur ce sujet et que, dans l'immédiat, il a retiré de son site Internet tous les éléments qui serviront de matière à ce futur ouvrage.

vendredi 16 janvier 2009

La rampe linéaire à contrepoids, selon Vincent Elissagaray


Dans mon inventaire des théories relatives à la construction des pyramides, je rencontre Vincent Elissagaray. Il m'a été impossible jusqu'à présent de savoir de qui il s'agit étant donné que le lien vers son site Internet ne répond plus. J'ai néanmoins trouvé trace de sa théorie sur egypte.antique.com ainsi que chevaliersduweb.com.
Compte tenu de l'importance de la grande galerie de la pyramide de Khéops et du soin apporté à sa réalisation, les égyptologues s'interrogent sur son rôle exact. Au nombre des théories émises, l'une affirme qu'elle faisait partie d'une rampe linéaire sur laquelle étaient tirés des traîneaux pour le transport des blocs de pierre.
Cependant, affirme Vincent Elissagaray, la pente est trop importante ( 50%) pour que des hommes aient pu tirer les traîneaux manuellement. Il en a donc déduit qu'avait été mis en œuvre un mécanisme permettant de tirer les traîneaux.
Puis de continuer sa démonstration (ou plutôt hypothèse) ainsi : pour hisser les traîneaux sur la rampe, les ouvriers du chantier de la pyramide ont pu se servir d'un monte-charge archaïque un peu comparable à nos funiculaires modernes. Le traîneau provenant de la carrière est d'abord déposé sur le monte-charge. Ensuite, des ouvriers placés dans la grande galerie remontent la nacelle du système de contrepoids vers 30 m d'altitude pendant que d'autres la relient à l'avant du monte-charge. Lorsque la nacelle est suffisamment lestée, celle-ci retombe tandis que le monte-charge portant le traîneau est hissé en haut de la rampe. Une fois que celui-ci est arrivé tout en haut, les ouvriers tirent le traîneau sur la dernière assise pour l'évacuer (c'est facile puisque le traîneau est horizontal), puis détachent les cordes.
Suite de la théorie et progression du chantier : site egypte-antique.com
Pour l'heure, je ne trouve pas opportun de relater plus en détail cette théorie. Je me propose toutefois de compléter ma note si je parviens à trouver des compléments d'information. Si des internautes consultant ce blog ont quelque lumière à m'apporter, je suis évidemment preneur ! Merci par avance.

mercredi 14 janvier 2009

Les hiéroglyphes sont-ils muets sur la construction des pyramides ?

 
"Stèle de la Famine" - Copyright Alain Guilleux
Ni égyptologue, ni archéologue, tout juste un amoureux de l'Égypte (un pays où j'ai vécu trois années et qui est devenu un peu le mien), je ne m'en étonne pas moins du manque de lien entre les hiéroglyphes et les techniques de construction des pyramides.
Certes, mon inventaire est loin d'être exhaustif. Mais, à ce jour, en dépit de mes patientes recherches sur Internet, je n'ai trouvé que de modestes échos sur ce sujet. Alors, cette sublime littérature gravée sur le granit serait-elle résolument muette sur l'histoire des bâtisseurs de pyramides ? Et si oui, pour quelle(s) raison(s) ?
Tout élément de réponse à cette question serait bien évidemment le bienvenu. Les pages de ce blog sont ouvertes à d'éventuelles informations...
Mon enquête n'a toutefois pas été totalement stérile.
La "Stèle de la Famine"(ainsi dénommée par référence à des années de sécheresse ayant sévi dans l'Égypte antique), un bloc de granit de 2,5 m de haut et de 3 m de large sur l'île de Séhel (en amont d'Assouan et Éléphantine sur les "cataractes" du Nil), aurait quelque secret à nous révéler. C'est en tout cas l'opinion de Joseph Davidovits selon qui la stèle renfermerait la clé du secret de la fabrication des pierres coulées.
Dans une conférence donnée lors du 5ème Congrès international d'Égyptologie (Le Caire, 29 octobre-3 novembre 1988), il rappelait que la stèle montre trois des caractères les plus renommés de la civilisation égyptienne : le pharaon Djoser (vers 2 750 av. J.-C.), constructeur de la pyramide à degrés de Saqqarah, ce monument illustrant l’invention de la construction en pierre ; Imhotep, le scribe et l’architecte de la pyramide de Djoser ; le dieu Khnoum, le potier qui, comme dans la Bible, modèle les corps des hommes et des dieux avec la vase (l'argile) du Nil, autrement dit en travaillant les minéraux.
Dans son interprétation du texte gravé sur la stèle, Joseph Davidovits souligne ce constat : « Pour construire des temples, des pyramides et d’autres bâtiments sacrés, les instructions de Khnoum et les révélations d’Imhotep ne mentionnent pas de pierre de construction, comme la pierre calcaire ou des blocs de granit ou de grès. Ces matériaux ne sont pas trouvés dans la liste. Dans le rêve de Djoser (colonne 19 de la stèle), Khnoum donne des minéraux et “depuis des temps anciens, personne n’a jamais travaillé avec eux (les minéraux) pour construire les temples de dieux…” Pour construire des monuments, on a donné à Djoser une liste de minéraux et des minerais dont les noms hiéroglyphiques n’ont pas été traduits jusqu’ici. C’est la raison pour laquelle nous avons commencé une étude approfondie de chaque mot hiéroglyphique, pour déterminer les mots-clés techniques, ceux qui sont évidemment difficiles à traduire. »
Ce n'est pas le lieu ici de reprendre tous les détails des études sémantiques et lexicographiques de Joseph Davidovits. On retrouvera un résumé de sa conférence ICI.
Qu'il nous suffise de faire état de sa conclusion : « La "Stèle de la Famine" décrit l’invention de construction avec la pierre attribuée à Djoser et Imhotep, les constructeurs de la première pyramide, la pyramide à degrés de Saqqarah (2 750 av. J.-C.). Selon le texte, cette invention de construction en pierre résulte du traitement de différents minéraux et minerais qui pourraient être des produits chimiques impliqués dans la fabrication de pierre synthétique, ou d’un type de béton. »
Joël Bertho a également été amené à étudier l'écriture hiéroglyphique égyptienne et sa symbolique pour s'assurer de la véracité de ses théories (les pyramides construites en pierres reconstituées et moulées).
Il parvient à la conclusion suivante où s'entrecroisent métaphores et considérations techniques : « En Égypte, le four du chimiste qui transforme la matière est analogue au soleil qui métamorphose la nature. La pierre, mise à mort dans les carrières, régénérée grâce au four et changée en pierre artificielle, est analogue au corps de l’homme, qui à sa mort va se réincarner dans [le lieu caché appelé] Imenty. Poétiquement, leurs évolutions sont racontées en parallèle. La chaux que l’on dissocie de la pierre est semblable à l’âme qui quitte le défunt. Dans les deux cas, la chaux comme l’âme ont des fonctions identiques. L’une sert à composer la pierre reconstituée et l’autre, à réincarner un nouvel homme.
En Égypte, les pierres précieuses sont nommées pierres de vérité à cause de leur transparence.
La pierre tendre que l'on taille est assimilée au mal, à la bêtise, à l’ignorance, à l’erreur et au mensonge. Elle se nomme Set. Elle a pour déterminatif un couteau qui exprime l’idée de séparation, de découpe et de division. Le dieu Set personnifie le mal, l’ignorance et cette pierre. Il est parfois représenté par un âne et aujourd’hui encore, cet animal évoque cette calamité. Il désigne aussi la matière infructueuse et vile qui est symbolisée par le désert. Ce mot a traversé les âges sans dommage. Il se disait : deshert.
Toutes les autres pierres se nomment IN (se prononce INe). La pierre recréée s’appelle INIR (ce mot se compose de IN = pierre et de IR = créer ). La pierre dure (qui n'est pas taillée) symbolise la vérité et l’éternité. Les pierres des pyramides, dans les textes anciens, sont appelées pierres d’éternité et pierres de vérité, ce qui tend à vouloir dire qu’elles n’ont pas été taillées.
Est-ce là cette chère pierre philosophale tant recherchée par les alchimistes ? »
Lire la totalité de cette analyse sur le site de Joël Bertho.
 Signature réalisée à partir de http://www.notrefamille.com/

mardi 13 janvier 2009

Le "mécanisme secret" de Khéops, selon Philippe Lheureux

Dans un livre paru en février 2008 aux éditions Le Temps Présent, Philippe Lheureux (professionnel du bâtiment et... auteur d'ouvrages polémiques à ses heures) a présenté sa théorie d'un mécanisme secret au cœur de la grande Pyramide d'Égypte. Pour mettre au point cette théorie, l'auteur affirme devoir beaucoup à Stéphanie Martin : « Passionnée par le sujet depuis fort longtemps, c’est elle qui m’a réactivé avec ses questions et le livre lui doit donc beaucoup. »
Au point de départ, il relève ce qu'il appelle une « grosse erreur des égyptologues », la plupart d'entre eux pensant que le plan intérieur de la pyramide est lié au fait que le pharaon pouvait décéder en cours de travaux et qu’il fallait bien entreposer son corps quelque part en attendant la fin de l’ouvrage. Les bâtisseurs auraient ainsi créé la chambre souterraine et la chambre de la Reine dans le but unique de faire face à un décès prématuré du pharaon. Quant à la chambre du Roi, censée être le lieu définitif pour la sépulture du pharaon, ils l’auraient abandonnée suite à la découverte de fissures dans les poutres du plafond et auraient décidé d’entreposer le corps dans une autre et hypothétique chambre qui reste à découvrir.
Philippe Lheureux précise son "hypothèse de travail" en ces termes : « Je ne suis pas égyptologue, mais je pense que les constructeurs savaient très bien ce qu’ils faisaient quand ils ont conçu le plan intérieur et que celui-ci n’a rien à voir avec un tombeau.
Dans mon livre, en partant du principe que toutes les anomalies architecturales constatées avaient forcément une raison d’être logique, j’ai supposé, puisqu’il n’y avait pas d’accès visibles, que le but des constructeurs était de concevoir un système qui permettait d’actionner la ou les vraies portes de la pyramide sans avoir besoin d’y pénétrer par effraction.
Tout devait donc se faire « en douceur » et de l’extérieur, ce qui sous-entendait que toute tentative d’effraction ne pourrait qu’endommager le système d’ouverture et rien d’autre.
J’ai donc essayé de remettre la pyramide dans son état d’origine et de raisonner de l’extérieur vers l’intérieur et dans le sens de la gravité. Après plusieurs milliers d’années d’érosion naturelle, seuls les conduits de la chambre du roi sont visibles en façade.
Que se serait-il vraiment passé si les hommes, au lieu d’avoir pénétré par effraction dans cette pyramide, avaient eu l’idée de la remplir d’eau à l’aide d’un de ces conduits ?
C’est cette démarche que je me suis efforcé de respecter, la connaissance du plan intérieur permettant simplement de suivre ou de prévoir l’action du mécanisme. »
Selon Philippe Lheureux, la pyramide de Khéops recèle un mécanisme secret qui n’a encore jamais été actionné, mais qui reste actionnable, même si, compte tenu de sa vétusté et des dégâts liés aux fouilles, on ne peut pas prévoir s’il remplira correctement sa fonction. S’il fonctionne, l’action du mécanisme sera irréversible et aura une répercussion sur le plan intérieur actuel. Il a été conçu pour n’être utilisé qu’une seule fois et permettra probablement d’accéder à une ou plusieurs nouvelles chambres.
Et si toutes les parties connues de la grande pyramide de Khéops, se demande l'auteur de l'hypothèse, étaient en fait autre chose qu’un tombeau ? Au terme d’une enquête au cours de laquelle il a repris point par point ce qu'il considère comme des anomalies architecturales, il prétend que celles-ci s’expliquent parfaitement dans le cadre d’un mécanisme secret d’ouverture déclenché par la mise en eau d’une cuve étanche prise à tort pour la chambre du Roi. Et, autre constatation surprenante, les constructeurs auraient commencé par la chambre de la Reine pour tester les différentes fonctions de leur mécanisme avant de le reproduire à l’étage supérieur. Selon cette nouvelle théorie, même la chambre souterraine non terminée trouve son utilité comme volume de rétention destiné à recevoir l’eau, puis le sable du mécanisme.
D'après cette hypothèse, toute la pyramide de Khéops se retrouve transformée en un gigantesque système hydraulique dont la justification et la fonction restent encore, me semble-t-il, ombrageuses en dépit d'une assise logique compte tenu des présupposés de départ. Mais ce sont précisément ces présupposés qui sont négociables, donc sujets à critique et à contradiction.
On retrouvera la démonstration de cette théorie à la fois dans la vidéo ci-dessous et sur le site Internet de l'auteur : cliquer ICI
Retenons, pour terminer, cette remarque, pour le coup très réaliste, de Philippe Lheureux : « Si ma théorie ne se vérifie pas, j’irai rejoindre le lot commun des pyramidiots (c’est le nom que les scientifiques leur donnent) et cela ne fera qu’une théorie de plus à leur longue liste. »


envoyé par superlutin93

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lundi 12 janvier 2009

La théorie d'un "amateur" éclairé sur la construction des pyramides


Les désaccords et chamailleries des professionnels de l'archéologie égyptienne, sous l'arbitrage accepté ou subi du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes, actuellement piloté par l'omniprésent Dr. Zahi Hawass, peuvent donner de l'inspiration aux "amateurs" passionnés d'égyptologie. Si aucune théorie relative à la construction des pyramides ne semble pouvoir rallier actuellement tous les suffrages, pourquoi pas la mienne ?
Il n'est point besoin alors d'être grand clerc pour analyser les conséquences d'une telle initiative : le risque encouru est sérieux, à savoir celui de l'improvisation. Chaque profession n'a-t-elle pas ses règles, son éthique, ses savoir-faire découlant d'une formation ad hoc préalable ? L'honnêteté intellectuelle ne fait jamais l'impasse sur l'aveu d'ignorance quand celle-ci est la seule conclusion plausible d'une suite d'interrogations irrésolues. Il vaut mieux reconnaître que l'on ne sait pas que de prétendre savoir à tort et à travers, sous prétexte d'occuper le terrain des incertitudes !
Dans ma recherche sur Internet des théories relatives à la construction des pyramides, notamment celles du plateau de Guizeh, je croise ainsi des théoriciens, ou prétendus tels, émergeant de je ne sais quel terreau scientifique ou pseudo-scientifique.
Loin de moi la prétention d'affirmer que leurs assertions sont "a priori" erronées ! Ou, au contraire, qu'elles sont intellectuellement satisfaisantes. Je n'ai aucune compétence pour porter un tel jugement. Je note simplement que faire cavalier seul dans un univers aussi complexe et exigeant, d'un point de vue scientifique, que celui d'une archéologie à l'histoire séculaire est une entreprise plus que téméraire. Et comment peut-on raisonnablement tenir une théorie en l'étayant uniquement à l'aide de simples "Cela a dû se passer comme cela", sans aucun argumentaire scientifiquement nourri et enrichi par la contradiction ?
Sans pour autant y chercher un cas exemplaire, j'ai parcouru le plus attentivement possible le site signé "nicole.michel" : http://pagesperso-orange.fr/nicole.michel/pyramide.htm
 
Première constatation : l'auteur de ce site y livre le fruit de vingt-sept années de recherches, présentant celles-ci comme « une étude architecturale stricte et méticuleuse de la Grande Pyramide qui laisse augurer de fabuleuses découvertes ». Puis d'ajouter : « En suggérant aux égyptologues des pistes inexplorées, j'espère apporter ma contribution à la recherche archéologique. Certes, je ne suis qu'un amateur, mais il arrive que les amateurs dament le pion aux professionnels. » À bon entendeur...
Le site comporte les rubriques suivantes : méthode de construction (des pyramides), chronologie, description et plan de la Grande Pyramide, le message de la pyramide, la seconde entrée, la grand galerie, les magasins funéraires, la véritable chambre funéraire, le couloir inconnu, les conduits de "ventilation", la pyramide squattée ?
Chacun pourra se faire sa propre idée sur les hypothèses, voire les certitudes avancées par l'auteur du site, de toute évidence un passionné qui a largement ouvert sa curiosité sur les théories des "professionnels" en égyptologie.

Sur la technique de construction proprement dite, l'auteur défend celle « conforme au témoignage d'Hérodote » : on construit d'abord une pyramide à degrés ; on achemine ensuite les pierres de complément vers le sommet ; on pose enfin le revêtement de haut en bas. « On le sait depuis longtemps, commente l'auteur, les pyramides lisses possèdent une structure interne à degrés à laquelle il serait logique d'attribuer une fonction mécanique. » Notons au passage le conditionnel : « il serait logique »...
Un détail de cette technique est développé ainsi par l'auteur : alors que les archéologues "sèchent" sur les inconvénient des rampes provisoires en brique accolées directement aux parois de la pyramide en cours de construction (elles interdisent la pose du revêtement, puisqu'elles occupent la place qui devrait revenir au revêtement), il affirme qu'« il suffit d'intercaler un mur provisoire en briques entre la rampe et le degré correspondant. Cela a pour effet de placer les rampes au-delà de la ligne de pente définitive de la pyramide. (…) Parvenu au sommet, on détruit le mur intercalaire. Cela a pour conséquence de libérer suffisamment d'espace pour disposer les blocs de revêtement en utilisant la rampe correspondante puisqu'elle est toujours accessible. (…) On habille ainsi le degré supérieur en empilant quatre couches de blocs de revêtement les unes par dessus les autres (chaque degré étant apparemment constitué de quatre assises). On procède de la même manière pour le degré inférieur et ainsi de suite jusqu'à la base. » Puis d'ajouter cette remarque dont on appréciera la modestie : « C'est bête comme chou, mais je suis apparemment le seul à y avoir pensé. »
Le site http://pagesperso-orange.fr/nicole.michel/pyramide.htm nous réserve une autre surprise de taille, faisant à nouveau référence à Hérodote : la Grande Pyramide dite "de Khéops" n'abriterait pas la sépulture de ce pharaon, mais celle d'un autre personnage important dénommé Kops ou Keps. Un squatteur en quelque sorte... Et notre pauvre Hérodote, « peu accoutumé à ce genre de procédé, fait l'amalgame et comprend que la grande pyramide est celle de Kops ou Keps (Chops ou Cheps en grec) ».
L'auteur du site parvient à cette conclusion : « Faute de disposer d'une documentation suffisante, je ne m'aventurerai pas en désignant l'un des noms cités précédemment. Je pense toutefois qu'il s'agit de Ramsses 8 ou du fils de Ramsses 9 puisque leurs momies n'ont pas été trouvées. Pour éviter toute confusion, nous l'appellerons dorénavant [pyramide de] "Chops". »
Chaque chapitre de la construction de "Chops" fait ainsi l'objet d'une description, d'un inventaire des théories et de l'énoncé de l'hypothèse de l'auteur du site Internet. À un détour de son cheminement, Michel Nicole (je suppose que c'est le nom de cet auteur) nous réserve cette fois-ci une petite surprise. Il y est question d'un couloir secret, découvert grâce à la micro-gravimétrie, parallèle au couloir conduisant à la chambre dite "de la Reine". Mais où en est la porte d'accès ? Contrairement à la tonalité générale du contenu de son site, l'auteur confesse: « Je vais sans doute vous étonner, mais je n'en ai pas la moindre idée. » Dont acte !
À la lumière de ce parcours trop sommairement résumé ici (voir le site pour plus de détails), je me demande si l'histoire des pyramides du plateau de Guizeh ne subit pas une overdose de "mystères". Ce terme trop commode prête assurément le flanc à mille et une élucubrations faisant trop aisément l'impasse sur l'objectivité du raisonnement et le caractère scientifique de la démarche. Pourquoi ne pas parler plutôt d'incertitudes, d'état plus ou moins avancé de la recherche ? En laissant, cela va de soi, toutes les théories ou pseudo-théories nourries de mystères évoluer dans leur sphère spécifique...

dimanche 11 janvier 2009

Découverte de la 118ème pyramide d'Égypte



 Le Dr. Zahi Hawass, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités égyptiennes, a annoncé, mi-novembre 2008, la découverte par une équipe d'archéologues égyptiens, à la nécropole de Saqqarah, de la pyramide d'une reine de la 6ème dynastie. Cette pyramide, qui date d'environ 4.300 ans, est haute de 5 mètres de hauteur (elle mesurait environ 14 mètres à l'origine). La base est carrée, chaque côté ayant une longueur de 22 mètres et une pente de 51 degrés. L'ensemble du monument était à l'origine recouvert d'une fine enveloppe de calcaire blanc de Tura. Zahi Hawass estime que la pyramide, dont l'architecture est caractéristique des 5ème et 6ème dynasties, est celle de la reine Sechsechet, mère de Teti, premier roi de la 6ème dynastie.
La base de la pyramide a été découverte à 20 mètres de profondeur sous le sable et un passage donnant accès à la sépulture a également été découvert. La pyramide a vraisemblablement été pillée.
À lire : Les pyramides des reines d'Égypte à Saqqâra, par Audran Labrousse, directeur de la Mission archéologique française de Saqqarah
Cliquer sur la flèche noire en bas à gauche de l'écran 

Construction des pyramides : outils et matériel de chantier

 
Taille d'un bloc de pierre, Thèbes 
illustration extraite de "A popular account of the ancient Egyptians", par Sir John Gardner Wilkinson, 1854  
L'outillage utilisé pour l'extraction et le façonnage des blocs de pierre ainsi que le matériel nécessaire pour le transport et la mise en place de ces blocs sur l'édifice donnent également matière à l'élaboration d'hypothèses et de théories variées, hors du champ des certitudes absolues.
Il est néanmoins communément admis que les outils de taille (burins, ciseaux, scies...) utilisés par les artisans égyptiens étaient à base de cuivre, le plus dur des métaux alors connus, utilisé avec un mélange d'arsenic et de bismuth.
Un article de Wikipédia fait état d'un outillage (manuel) qui « se composait de masses et de marteaux en diorite ou en dolérite, de lames et de couteaux en silex, de percuteurs et de forets. Des demi-sphères de calcaire permettaient le concassage de débris en poudre destinée à la fabrication du mortier ».
La question est évidemment beaucoup plus complexe lorsqu'il s'agit du transport des blocs depuis la carrière d'extraction jusqu'au chantier de construction, puis de leur élévation au fur et à mesure de la progression en hauteur de ce chantier.

L'article de Wikipédia cité ci-dessus mentionne :
  • l'ascenseur oscillant : un instrument en bois, constitué d'un bloc semi-circulaire et d'un mât central, permettant de soulever des pierres de plusieurs tonnes ;
  • le traîneau de halage en bois pour le transport de la pierre extraite du front de taille ;
  • les embarcations pour le transport sur le Nil des pierres extraites des lointaines carrières (Assouan) ;
  • le chadouf, levier de grande dimension manœuvré sur un axe (théorie de l'ingénieur allemand Louis Croon).
 
Jean Kuzniar a consacré pour sa part tout un site Internet aux outils de carriers et maçons de l'Ancienne Égypte et à leurs utilisations. Il précise en ces termes sa méthode de recherche : « Dans le domaine de la construction sous l'Ancien Empire, on ne peut rien affirmer. (…) On peut toujours dire : "on ne sait pas comment ils ont fait ; il n'y a aucune preuve ", mais on pourrait aussi expliquer comment ils auraient pu faire, car ces monuments sont là et c'est bien eux qui les ont construits. Aujourd'hui on peut démontrer que le déplacement et l'élévation des monolithes de très grand poids peuvent être faits par un petit nombre d'ouvriers sans efforts physiques démesurés. Tous ces outils sont mis en pratique à mon domicile sur des blocs d'1.3 tonne ou 6 tonnes, ne concédant rien au modernisme. Chaque outil a sa maquette explicative. L'évolution de mes recherches a été régulièrement enregistrée à l'Académie des Sciences. »
Son inventaire comprend les outils suivants pour le transport des blocs de pierre : les berceaux oscillants, les chaises de stockage, les pierres convexes, les billots, les leviers, les rouleaux, les traineaux et les doubles leviers (leviers à double démultiplication).
Il exclut de cet inventaire l'ascenseur (un tronc d'arbre posé sur deux murs parallèles, faisant office de poulie, avec une nacelle chargée d'hommes faisant contrepoids) et le funiculaire (la pierre, chargée sur un traîneau de bois glissant le long de rails, est tirée au moyen de cordages par des ouvriers progressant sur des rampes pour éviter de glisser).
Jean-Pierre Houdin, pour sa part, complète sa théorie de la rampe intérieure (voir) par la technique du contrepoids pour tirer les blocs de pierre à l'intérieur de la pyramide. Dans un article de Sciences et Avenir/Nouvel Obs, il donnait ces précisions techniques quelque peu complexes : « Le problème qui se pose pour la construction de la chambre du Roi est que les poutres sont des… monolithes (blocs entiers) de 30 à 63 tonnes ! Une fois que la poutre a été montée au niveau de son plafond, le contrepoids (25 tonnes) se retrouve en position basse et la plate-forme qui a permis de monter la poutre en position haute. Pour le remonter (le « réarmer »), il suffit de mettre une dizaine de blocs de 2,5 tonnes (qui sont facilement transportables par une dizaine d’'hommes) sur la plate-forme qui a permis de monter la poutre, et cette plate-forme devient le contrepoids pour… remonter le contrepoids. Bien sûr, on aura toujours besoin de la force humaine, mais considérablement moins (40 à 50 personnes). De plus, dans les jeux de cordages, il faut distinguer ceux qui relient directement le contrepoids et la plate-forme sur laquelle les monolithes (poutres) vont être montés (ex : la cabine d'’ascenseur et son contrepoids, quand l’'un monte, l'’autre descend) de ceux des équipes de traction (qui tirent en même temps que le contrepoids redescend – des deux côtés). Là, les cordages de ces équipes sont ancrés à un bout tandis que les équipes tirent à l’'autre bout (les cordages passant sur un rouleau à l'’avant du contrepoids et de la plate-forme de montée des poutres). C’est le principe du palan. Si pour une pente à 27° (la Grande Galerie), pour remonter une tonne en traction directe, il faut entre 375 kgf et 525 kgf (en fonction de l’'angle des cordes), avec le principe du palan, il n'’en faut que la… moitié ! ( a contrario , il faut deux fois plus de longueur de cordages). Donc quand on réarme, il faut la moitié de la force normalement nécessaire, quand le contrepoids restitue sa force, il en restitue la totalité (de 375 kgf à 525 kgf).
Quant aux traîneaux vides, ils ne pèsent rien (50 kg) et sont portables par un homme. Des équipes spécialement affectées à cette tâche sont chargées de redescendre les traîneaux à la base de la pyramide (par la coursive extérieure) pour qu’'elles soient renvoyées à la carrière pour un nouveau cycle. »

samedi 10 janvier 2009

Khéops le bâtisseur

Illustration extraite de Wikipedia
Khéops (ou Khoufou, abréviation de Khnoum-koue-foui - "Khnoum me protège") est le deuxième pharaon de la IVe dynastie. Il aurait régné de -2551/2549 à -2528/2526. Le Papyrus de Turin (ce texte date du règne de Ramsès II et comporte le nom de tous les pharaons qui l'ont précédé) mentionne qu'il a régné 23 ans après avoir succédé à son père Snéfrou. 
Khéops est considéré comme l'un des plus grands rois de l'Égypte antique. Il est connu surtout pour ses réalisations architecturales, en tout premier lieu pour la construction de la pyramide qui porte son nom et celle du complexe funéraire qui comprend les pyramides de ses épouses les reines Mérititès Ire (ou Méritit) et Hénoutsen, les tombes de ses fils et de sa mère Hétep-Hérès I, ainsi qu'un mastaba de sa fille Néfertiabet.
Selon Hérodote, Khéops était un pharaon cruel qui exploitait son peuple. En réalité, de récentes découvertes ont prouvé que les pyramides n'ont pas été construites par des esclaves, mais par des artisans et des ouvriers qui étaient bien traités, bien nourris et soignés au même titre que les nobles de l'époque.
Le nom de Khéops, rappelle Zahi Hawass sur son site Internet, a été trouvé écrit dans les carrières d'albâtre, à Hatnub. Deux tablettes portant son nom ont aussi été découvertes dans le Sinaï. Zahi Hawass mentionne également que le nom de Khéops a été trouvé inscrit sur un temple, à Byblos (Liban), ce qui pourrait signifier que le pharaon envoya une expédition là-bas pour en rapporter le bois de cèdre qui fut utilisé dans la construction de ses bateaux (trouvés en 1945 dans la partie sud de la pyramide).
D'après Hérodote, Khéops avait fermé les temples des dieux et interdit aux Égyptiens de vénérer d'autres dieux que lui-même. D'où son impopularité, soulignée aussi par l'historien égyptien Manetho (3e siècle av. J.-C.).
Selon une nouvelle théorie, cette impopularité aurait été due au fait que Khéops s'était autoproclamé roi.

mardi 6 janvier 2009

Denys Stocks réinvente la scie sans dents

Illustration extraite de la vidéo ci-dessous

Aujourd'hui, les carriers taillent et découpent le granit à l'aide de scies dont le tranchant est en diamant et avec des burins en acier.
Les carriers et tailleurs de pierre égyptiens ne disposaient évidemment pas de tels outils. Comment procédaient-ils donc ?
Ces dernières années, de nombreuses expériences ont été réalisées par l'archéologue britannique Denys Stocks. Elles l'ont amené à conclure que les Égyptiens utilisaient des outils (burins et scies) fabriqués en cuivre et une certaine proportion d'arsenic.
Pour tailler le granit, ils utilisaient, selon Stocks, de grandes scies plates, sans dents, sur des blocs préalablement saupoudrés de sable (quartz) faisant fonction de "mordant".
Voir une démonstration dans la vidéo ci-dessous. 


envoyé par Sphinx7777

lundi 5 janvier 2009

Quand les robots entrent en scène

La robotique viendra-t-elle à bout de quelques secrets majeurs que la Grande Pyramide de Khéops s'obstine à ne pas révéler ? Peut-être... Pour l'heure, les prolongements de la chambre de la Reine (chambre médiane) demeurent en tout cas toujours aussi mystérieux.
Le premier robot envoyé en expédition au cœur de Khéops, au début des années 1900, avait pour nom "Upaut". Il avait été conçu et était piloté par l'ingénieur munichois Rudolf Gantenbrink et une équipe d'archéologues, architectes et ingénieurs du Deutsches Archäologisches Institut, sous la direction de l'égyptologue Rainer Stadelmann, avec pour mission d'explorer, à l'aide de ses caméras et instruments de mesure, les deux conduits, qualifiés d'"aération", partant de la chambre de la Reine.
Résultat de l'exploration du conduit nord, en 1993 : présence d'une barre de sondage métallique utilisée en 1872 par l'ingénieur britannique Waynman Dixon, et de deux pièces de bois, entravant le robot dans sa progression.
Pour le conduit sud : au bout de 63,40 mètres de progression rectiligne, Upaut achoppa sur une dalle munie de pièces rapportées en métal (sans doute des poignées en cuivre).
Le Conseil supérieur des Antiquités égyptiennes, sous la direction de Zahi Hawass, décida ensuite de reprendre la main sur le déroulement des missions exploratoires, en partenariat avec la National Geographic Society qui prit à sa charge le financement des opérations et la fabrication d'un nouveau robot : le Pyramid Rover. Une première exploration fut menée en 2002 sur les deux conduits nord et sud.
Suivie en direct sur plusieurs chaînes de télévision, durant deux heures de suspense adroitement négocié, la progression de Pyramid Rover à l'intérieur des quelque 60 mètres du conduit sud déboucha finalement sur une première porte, dans laquelle il perça un trou de 3 mm de diamètre pour le passage d'une caméra miniature, puis sur... une seconde porte hermétiquement fermée. Le mystère de Khéops restait donc entier !
Site officiel (en anglais) de Rudolf Ganterbrink : http://www.cheops.org/
Reconstitution en vidéo 3D réalisée par Clément Ver Eecke à partir des relevés de deux architectes français : Gilles Dormion et Jean-Patrice Goidin. Cliquer ICI

dimanche 4 janvier 2009

Le complexe pyramidal de Khéops, présenté par l'encyclopédie Thotweb

L'encyclopédie, créée par Renaud de Spens en 1997, propose des fiches synthétiques sur les différents aspects de l'histoire et de la civilisation égyptiennes. Ces notices, est-il précisé, « sont rédigées en exclusivité par des chercheurs ».
Au sommaire :
  • les pharaons : pouvoirs et limites ;
  • dieux et religion ;
  • apprendre les hiéroglyphes ;
  • architecture : les Égyptiens, grands constructeurs ou grands concepteurs ?
Une fiche est spécifiquement consacrée au complexe pyramidal de Khéops.
Après une présentation des caractéristiques techniques de ce complexe, elle résume les connaissances actuelles communément admises sur les aspects techniques de la construction des pyramides.
Elle présente en outre la pyramide de Khéops comme le centre d'une nécropole, «d'un vaste ensemble comprenant les sépultures de la famille royale et des hauts fonctionnaires».
Elle ne pouvait évidemment pas faire l'impasse sur les polémiques récurrentes dès qu'il est question des pyramides du plateau de Guizeh : «[…] de nombreux individus de par le monde prétendent avoir percé le "mystère" de la construction et vendent des livres avec ces affirmations souvent gratuites quoiqu'enrobées de verbiage pseudo-scientifique. C'est ce que les égyptologues appellent les "pyramidiots". Il est impossible de les manquer lorsqu'on travaille sur le site.»
Puis d'ajouter : «Ce n'est pas pour autant qu'il n'y ait plus rien à trouver ou à comprendre sur le site», avec néanmoins cette réserve : «S'il ne paraît pas inconcevable de retrouver de nouvelles substructures, il reste cependant peu vraisemblable que la pyramide recèle une chambre secrète où serait inhumé Khéops. Au temps de la splendeur de l'Ancien Empire, et alors que la sépulture royale était déjà bien protégée derrière bouchons et herses de granit, plus de sécurité ne semblait sûrement pas nécessaire, de la même manière que les rois de France ne cachaient pas leurs caveaux dans la basilique de Saint-Denis. Il faut attendre des temps troublés comme la Révolution française, ou la première période intermédiaire (théâtre elle aussi de révolutions), pour pouvoir piller une nécropole royale. D'autre part, les pillards aurait certainement continué à fouiller s'ils n'avaient pas retrouvé la momie royale.»

La chambre inconnue de Khéops


 
D'après Wikipedia (cliquer sur l'image pour agrandir)
En 2004, la parution de l'ouvrage de l'architecte Gilles Dormion La Chambre de Khéops (éditions Fayard) fit grand bruit dans le monde des Égyptologues. Il développait la théorie de l'auteur et de Jean-Yves Verd'hurt, selon laquelle il existe(rait) une pièce inconnue dans la Grande Pyramide de Khéops, plus précisément sous la chambre de la Reine. C’est en ce lieu que se trouverait le corps du Pharaon.
Nicolas Grimal, professeur au Collège de France, qui fut directeur de l'Institut français d'archéologie orientale (IFA0) au Caire, a alors affirmé cette découverte était « plus importante que celle de la sépulture de Toutankhamon ».
En 1986, Gilles Dormion et un autre architecte français, Jean-Patrice Goidin, effectuèrent une première recherche, avec l'aide technique des services de recherche d'EDF et de la compagnie de prospection géophysique française. « Les mesures micro-gravimétriques, précise un article de Wikipedia, indiquèrent des zones de densités hétérogènes au niveau du couloir d'accès à la chambre de la Reine, derrière l'appareillage en croix des murs latéraux. Ces mesures furent suivies de forages n'ayant permis la découverte d'une quelconque cavité. Seul du sable très fin fut extirpé de ces micro-sondages. Aucun indice ne permit donc de confirmer l'une ou l'autre des différentes hypothèses avancées. »
En 2000, des mesures géoradar furent réalisées par la SAFEGE, à la demande de Gilles Dormion. Les résultats indiquèrent la présence d'une structure d'environ un mètre de largeur (2 coudées), orientée dans le sens est-ouest et dont le toit se trouverait environ à 3,50 mètres de profondeur. « À ce stade, nous pouvons dire qu’il existe une très forte probabilité qu’il y ait un couloir sous la chambre de la Reine, conclut Gilles Dormion. Mais tant que nous n’aurons pas vérifié visuellement, nous ne pourrons pas être sûr à 100%. »
En 2003, Nicolas Grimal adressa une demande officielle (au nom du Collège de France) aux autorités égyptiennes pour vérifier sur le site cette hypothèse. Mais le Conseil suprême des Antiquités égyptiennes s’y est opposé. Le professeur Valloggia, de l’Université de Genève, essuya plus tard le même refus. Pour vérifier l'existence de la chambre inconnue, il suffirait d'utiliser un endoscope dans un joint de la chambre de la Reine pour découvrir ce qui se trouve dessous. Mais Zahi Hawass, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités égyptiennes, ne l'entend pas de cette oreille : « Ce sont des amateurs, pas des scientifiques, affirmait-il lors du Congrès d’égyptologie de Grenoble en 2004. J’ai plus de trois cents dossiers comme le leur sur mon bureau. Je ne peux pas permettre qu’on creuse ainsi dans la Grande Pyramide sur de simples théories ! » Puis de poursuivre avec sa "modestie" coutumière : « Si Nicolas Grimal et Michel Vallogia sont bien des scientifiques, ce ne sont pas des spécialistes de la Grande Pyramide. Il n’existe que trois spécialistes de la pyramide de Khéops : l’Allemand Stadelman, l’Américain Lehner et moi-même. »
Pour sa part, l’égyptologue Jean-Pierre Corteggiani, membre de l’Institut français d’archéologie orientale du Caire affirmait : « Je crois non pas en la thèse d’une chambre secrète, mais plutôt d’une chambre inconnue, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Et en fait, il ne s’agit pas d’une thèse. Je m’explique : il est évident que la chambre du Roi était destinée à être la chambre funéraire de Khéops. Le sarcophage qui s’y trouve le montre. Ce qui est intéressant dans le travail de Dormion et Verd’hurt, c’est que tout repose sur des observations que tout le monde peut faire mais qui n’avaient pas été faites. » Puis d'ajouter : « Il reste à faire deux forages de 1,5 cm de diamètre dans un bouchon de plâtre, qui permettrait de passer une fibre optique, comme on l’a fait à Meïdoum. Là où l’on a trouvé des chambres de décharge il y a cinq ans, découverte pour laquelle le secrétaire général des services à l’époque avait adressé des félicitations. Et si cette fibre optique permettait de visualiser une ou deux herses, cela voudrait dire qu’effectivement il y a un appartement funéraire inconnu. »
Pendant ce temps, deux égyptologues français, Jacques Bardot et Francine Darmon, suivaient une autre hypothèse, loin des provocations médiatiques à l’égard des responsables des antiquités égyptiennes. Leur méthode, précise Francine Darmon, a consisté à rechercher le plus de détails possible, à partir des connaissances en architecture, symbolisme, religion, rites funéraires, histoire des premières dynasties égyptiennes, sciences des matériaux, physique, géologie, micro-gravimétrie, etc., et à les confronter aux observations sur le terrain. Le tri s’est fait en utilisant des moyens scientifiques performants : analyse numérique, photographies à haute définition, imagerie négative, colorimétrie... Les éléments ont ensuite été modélisés en trois dimensions. »
Dans leur ouvrage, La pyramide de Khéops : nouvelles recherches, nouvelles découvertes (éditions du Rocher, 2006), Jacques Bardot et Francine Darmon résument leurs travaux réalisés, pendant une période de 18 années, pour une analyse fine et complète des structures internes funéraires de la Grande Pyramide. Après un examen approfondi de l’entrée, du couloir descendant, de la chambre souterraine, du puits et du couloir ascendant de cette pyramide, ils ont porté leurs investigations sur le couloir horizontal, qui est une des pièces maîtresse de la pyramide. Dans ce couloir horizontal qui mène à la chambre de la Reine, ils ont mis en évidence un maquillage sophistiqué des pierres des parois, à partir de faux joints creusés à la scie à pierre et rebouchés avec un mortier de plâtre et de gypse. Ils étaient destinés, d’après eux, à masquer la véritable distribution des pierres et à dissimuler probablement des accès potentiels. Les architectes de la pyramide auraient maquillé les parois afin que les pilleurs éventuels n’aient aucune indication sur un système qui devait rester secret et qui est, selon Jacques Bardot et Francine Darmon, un système d’accès interne encore inconnu.
L'analyse de Bardot et Darmon aboutit à la conclusion que les structures internes connues et inconnues de la pyramide de Khéops pourraient comprendre :
  • un premier tombeau souterrain, appelé communément chambre souterraine, dont la finition a été interrompue, sans doute à la suite d’un problème géologique, matérialisé par une fente au plafond ;
  • un tombeau sud en granit d’Assouan, en position haute, qui remplacerait le traditionnel tombeau sud externe (chambre du Roi actuelle) ;
  • un tombeau nord interne en calcaire de Tourah constitué par une chambre basse servant de serdab (chambre de la Reine actuelle, contenant la statue du Roi), une chambre funéraire, pour l’instant inconnue, qui pourrait être la véritable chambre du Roi et la deuxième partie du tombeau nord.
En agrégeant l’ensemble de toutes les informations en leur possession, les auteurs ont cherché la localisation potentielle précise de cette cavité inconnue, détectée par leurs recherches archéologiques et corroborées par des études géomécaniques. Elle se situerait ainsi en contre-haut du serdab, sous la chambre des herses, à une hauteur de 36,75 m, à gauche de la chambre de la Reine actuelle.
Il y a (aurait) donc place désormais à d'autres investigations sur place, avec bien évidemment l'aval du Conseil suprême des antiquités égyptiennes. Mais ceci est une autre histoire !
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