mercredi 3 mars 2010

"The Pyramid Builder", de Christine El Mahdy - suite

Statuette de Khéops - musée du Caire (Wikimedia commons) 

Dans une note précédente, j'ai présenté le procédé "simple et révolutionnaire" développé par l'égyptologue britannique Christine El Mahdy (1950-2008) dans son livre The Pyramid Builder - Cheops, the man behind the Great Pyramid, Headline, 2003.
Dans ce même ouvrage, la description de la Grande Pyramide fait l'objet d'un chapitre spécial (pp.97-104).


Je n'y ai rien noté, au-delà des simples éléments descriptifs, qui mérite une mention particulière, hormis ce passage où il est question des dalles (fissurées) du plafond de la Chambre du Roi :"If you look up in this bare chamber, you will observe against the edge of ceiling and wall how the ceiling slabs have broken through in several places. If you have not been told, your heart may jump a little. Above you, right there, lies more than a million tons of stone - and the ceiling beams which hold it up are cracked right through ! Not to worry, for the problem happened in antiquity, as the pyramid was being built. The architects saw it too and worried. So over the ceiling is a series of five 'relieving' chambers, small spaces designed to send the massive weight down through the side walls instead of on the ceiling." (pp.101-102). Donc, pas d'inquiétude ! Les fissures sont là depuis l'époque même de la construction de l'édifice, et les bâtisseurs égyptiens, conscients de ce "couac" technique, ont résolu empiriquement le problème en construisant par-dessus le plafond une série de cinq chambres destinées à le "soulager".
Concernant les "ventilation shafts", notamment de la Chambre de la Reine, dont il est question dans un autre chapitre du livre, Christine El Mahdy affirme que ces conduits rendent perplexes les égyptologues et que leur "mystère" est loin d'être résolu, les explorations confiées à divers robots n'ayant débouché que sur de maigres résultats. Mais qu'y a-t-il donc derrière le bloc occultant le passage, sur lequel ont buté les robots fouineurs ? Voici la réponse proposée en guise de prédiction dont Christine, disparue en 2008, ne connaîtra pas l'issue définitive :"No doubt the portcullis in the shaft will turn out to be nothing exciting, probably just a barrier to stop birds or other creatures from entering the pyramid chamber !" (p.156)
Je terminerai mon survol de l'ouvrage par les quatre pages regroupées sous le titre "The pyramid-building industry" (pp.132-135), extraites du chapitre intitulé "Cheops and Sons limited". Certes, la Grande Pyramide retient particulièrement l'attention, étant donné ses caractéristiques techniques uniques, mais sa "grandeur" ne doit pas pour autant cacher qu'elle est le fruit de toute une "industrie", le vaste chantier des pyramides couvrant plusieurs réalisations simultanées :"Pyramids were not built for a specific King at all. There was a pyramid-building industry, permanently employed on several sites at once, each at a different stage of construction. Men and equipment could be moved from site to site as needed." (p.133)
Une construction en série ? On ne doit pas en être loin.
Explication de texte : la construction des pyramides représentait un ensemble de compétences et de savoir-faire spécialisés (une "élite"), qui ne pouvaient être laissés au repos prolongé dans l'attente du décès d'un pharaon (héritant de sa pyramide terminée ou en phase de construction), et donc de l'avènement d'un nouveau souverain, marquant le début d'un autre chantier. Par ailleurs, le chantier de construction ne requérait pas toujours le même nombre d'ouvriers : lorsque la pyramide atteignait son sommet, et a fortiori pour les travaux de finition, les effectifs étaient très sensiblement moins nombreux que ceux du début de chantier. Que faire alors des ouvriers inoccupés, sinon leur confier de nouvelles tâches sur une autre pyramide à construire ?
Durant le règne du seul Snéfrou, par exemple, pas moins de trois pyramides furent édifiées. Et de même, dans la logique de Christine El Mahdy, pour le site de Guizeh :"This seems the only scenario possible. What is certain is that the pyramid settlement of Giza was indeed occupied solidly from the start of the Fourth Dynasty to the end of the Old Kingdom and the change in royal funerary practices." (p.134)
Conclusion : qu'un pharaon vienne à décéder, jeune ou moins jeune, no problem ! Il y avait toujours une pyramide plus ou moins prête, plus ou moins terminée, pour accueillir son auguste dépouille. Et pendant ce temps-là, ces fameux bâtisseurs que furent les constructeurs de pyramides ne perdaient pas la main !

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